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  • Mémoire en marche: Gildas Agossoukpè, le griot qui marche pour sauver la parole africaine

    Mémoire en marche: Gildas Agossoukpè, le griot qui marche pour sauver la parole africaine

    Pendant que le monde court derrière le bruit du temps, les écrans et même l’IA, un homme a choisi de ralentir pour écouter les voix anciennes. Entre poussière rouge, longues marches et nuits passées dans les villages, Gildas Agossoukpè marche pour empêcher que les contes africains ne disparaissent dans l’oubli. Son défi paraît immense : réaliser 200 prestations artistiques en 2026. Ce défi, l’a convoqué de Parakou à Djougou, parcourir 135 kilomètres de marche contée entre ces deux villes. Mais derrière les chiffres se cache une urgence plus profonde : empêcher que la parole africaine ne tombe définitivement dans le silence.

    Artiste, comédien, conteur et gestionnaire de projets de formation, Gildas Mahoussi Agossoukpè est d’abord venu au conte par le théâtre. L’habitué des premiers rôles dans plusieurs créations scéniques, passait déjà son temps à porter de longs textes devant le public. Mais c’est au contact de conteurs rencontrés sur des festivals que quelque chose bascule en lui. « Quand je les regardais dire leurs textes, j’ai compris qu’ils n’étaient pas si loin de ce que je faisais déjà comme comédien. Et puis le conte est un art qui voyage facilement. On peut partir seul avec sa parole », raconte-t-il.

    Une formation destinée aux jeunes du septentrion viendra ensuite renforcer ce choix artistique. Depuis, le conte est devenu pour lui bien plus qu’une discipline scénique. « Aujourd’hui, le conte représente pour moi un héritage que j’ai reçu et que je travaille à léguer avec honneur, bravoure et beaucoup d’amour », confie-t-il.

    Mais au fil des années, le conteur constate une disparition progressive de cet art dans les habitudes culturelles béninoises. Là où les festivals de conte occupaient autrefois une place importante entre 2008 et 2017, le silence semble peu à peu s’être installé. « Le Bénin était une grande nation du conte. Aujourd’hui, nous ne sommes presque plus représentés dans les grands rendez-vous internationaux », regrette-t-il. Le déclic viendra notamment après plusieurs événements culturels à l’extérieur du pays où il remarque l’absence du conte béninois. Même au MASA d’Abidjan, l’un des plus grands rendez-vous artistiques africains, aucun conteur béninois n’était représenté. Une situation qui le pousse à s’interroger sur sa propre pratique. « Je me suis demandé pourquoi les conteurs béninois ne racontaient plus. Et je me suis aussi demandé pourquoi moi-même, ces dernières années, je ne jouais presque plus », explique-t-il.

    De cette réflexion naît alors le projet « 200 contes en 2026 ». Un chiffre choisi volontairement comme un défi personnel et collectif. Pour lui, atteindre 200 prestations en une seule année oblige à rester constamment en mouvement. « 200, c’est plus que la moitié des jours d’une année. Ça impose une urgence. Ça empêche de dormir sur ses lauriers », affirme-t-il. Son calcul est simple : parcourir les 77 communes du Bénin et y jouer au moins deux fois. Mais le projet dépasse déjà les frontières nationales. Gildas Agossoukpè espère également porter ses contes au Niger, au Burkina Faso, au Mali, au Sénégal, au Togo ou encore dans certains pays européens où le conte continue de vivre à travers des festivals et des rencontres culturelles.

    Pour tenir ce challenge, le conteur distingue deux espaces de diffusion : les espaces dédiés, comme les centres culturels et les salles de spectacle, et les espaces non dédiés, c’est-à-dire les rues, les villages, les anniversaires, les écoles ou même les réunions populaires sous un arbre à palabres. « Nous pouvons raconter partout. Même dans un baptême, un mariage ou une simple rencontre entre amis », dit-il. C’est aussi dans cette logique qu’est née la marche contée de 135 kilomètres entre Parakou et Djougou. Une traversée réalisée en quatre jours afin d’aller directement au contact des populations éloignées des espaces culturels classiques. Tout au long du trajet, le conteur s’est arrêté pour raconter des histoires à tous ceux qui acceptaient de tendre l’oreille : policiers en patrouille, conducteurs de taxi-moto, chasseurs, élèves, apprentis, chefs de villages ou voyageurs immobilisés par une panne. Mais au-delà de la performance artistique, cette aventure a profondément marqué l’homme. « J’ai redécouvert les valeurs qui nous caractérisent : la solidarité, l’hospitalité, l’entraide, la compassion », raconte-t-il avec émotion.

    Le conteur évoque notamment ces repas offerts spontanément par des inconnus rencontrés dans les villages traversés. Des gestes simples qui lui rappellent l’importance du vivre-ensemble dans les communautés africaines. Artistiquement aussi, l’expérience transforme sa pratique. Contrairement aux scènes habituelles composées d’amis ou d’habitués du théâtre, il devait ici convaincre un public totalement imprévisible. « Les gens ne voient pas forcément le conte comme un métier. Il faut réussir à les captiver jusqu’aux applaudissements », explique-t-il. Malgré l’enthousiasme suscité par le projet, les difficultés restent nombreuses. Le manque de moyens financiers, de logistique et surtout le faible engagement de certains espaces culturels compliquent considérablement le défi. « Si les centres culturels et les espaces de loisirs acceptaient seulement deux dates chacun, nous serions déjà très loin dans le projet », estime-t-il.

    Pour Gildas Agossoukpè, l’enjeu dépasse désormais sa propre personne. Il considère son engagement comme une mission de transmission envers la jeunesse béninoise. « Le conte est un héritage que j’ai reçu. Mon devoir aujourd’hui, c’est de le conserver et de le transmettre dans un état encore meilleur », affirme-t-il. Et lorsqu’on lui demande s’il est certain d’atteindre les 200 prestations avant la fin de l’année, le conteur répond avec lucidité et espoir : « Cette question ne dépend pas seulement de moi. Si des familles, des organisateurs ou des espaces culturels décident de nous inviter, nous irons même au-delà des 200 prestations. »

    Pour finir, Gildas Agossoukpè avec pour seule arme la parole conclut « tant qu’il restera quelque part une oreille prête à écouter, même perdue à l’autre bout du monde, j’irai la retrouver pour lui raconter une histoire.»

    Fayçal DRAMANE

  • Profil d’artiste: Pascal  Abikanlou, le point de départ du cinéma béninois

    Profil d’artiste: Pascal  Abikanlou, le point de départ du cinéma béninois

    En terme de la réalisation cinématographique au Bénin il a évolué comme une belle étoile. Il a posé les premiers pas et a tracé les premiers sillons du 7ème art béninois. Aujourd’hui il est considéré comme le patriarche de ce secteur. Découvrons le ensemble.

    Quand on parle des pionniers du cinéma béninois, celui que la majorité s’accorde pour désigner comme en étant le Père est Pascal Abikanlou.

    « Pascal Abikanlou était pour nous le père du cinéma béninois.» Akala AKAMBI , ancien Directeur de la Cinématographie du Bénin.

    Réalisateur, scénariste et producteur béninois, Pascal Abikanlou fait partie de ceux qui ont posé les premières pierres du 7ᵉ art au Bénin.

    Une vie dédiée au cinéma africain

    Né le 21 avril 1935 à Pobè une localité proche de la frontière avec le Nigeria, Pascal Abikanlou s’engage très tôt dans le domaine culturel et artistique. Scolarisé au lycée Maurice Delafosse de Dakar, dessinateur industriel de formation, il suit une formation de photographe par correspondance, puis devient reporter et assistant cadreur et enfin réalisateur. Dans les années 60 et 70 marquant les premières années de l’indépendance, il a été le cadreur du gouvernement de la jeune république du Bénin.  Dans un contexte où les infrastructures cinématographiques étaient encore quasi inexistantes en Afrique, il est celui qui habillé de son kaki militaire et armé de caméra à l’épaule était le caméraman des délégations officielles du Bénin.

    Pascal Abikanlou est l’auteur de  sous le signe du Vodun ( 95 min, 1974), le premier long métrage du Dahomey, Bénin d’aujourd’hui.

     Une filmographie pionnière

    Vent de l’espoir  – 1992

    Dans un contexte de grèves illimitées devant la banqueroute et le non paiement des salaires et bourses, le Président Mathieu Kérékou – sous la pression des bailleurs de fonds et convaincu de la nécessité d’un changement démocratique – annonce le 7 décembre 1989, l’abandon du Parti unique, le marxisme-léninisme et l’organisation d’une Conférence Nationale.

    Dan xome Royaume des Huegbadjavi – 1989

    L’ancien royaume du Dan-Xome à travers les cérémonies et les manifestations qui ont marqué le Centenaire de la mort du Roi Glèlè et le Centenaire de l’intronisation du Roi Béhanzin.

    Sous le signe du vaudou – 1974

    Un jeune homme ayant omis de faire les offrandes rituelles du vaudou, subit la colère des esprits.

    Considéré comme le premier long métrage de fiction béninois, ce film explore les pratiques spirituelles et les croyances liées au vaudou.

    Opération Sonader – 1971

    Dans les environs de Houin, village du département du Mono au Bénin, la Sonader (Société Nationale pour le Développement Rural) a lancé une vaste opération pour sauver les palmiers. Il s’agit de faire planter par les paysans de cette région quatre mille hectares de palmiers sélectionnés.

    Premières offrandes – 1969

    Célébration d’un culte agricole à Pobè au Bénin. Fêtes rituelles de la récolte de l’igname.

    Ganvié, mon village – 1967

     La vie quotidienne dans le village lacustre de Ganvié au Bénin. On n’y circule qu’en pirogue. Outre la pêche, ressource presqu’unique, toutes les activités se déroulent sur l’eau depuis les jeux des enfants, le marché jusqu’aux danses et cérémonies.

     Un cinéma enraciné dans la culture

    Pascal Abikanlou est l’un des rares cinéastes qui a su combiner une obsession pour la perfection et un amour des humains avec qui il collabore. Son œuvre est marquée par la mise en lumière des traditions africaines, une volonté de réhabiliter les pratiques culturelles locales, un regard sur les mutations sociales post-indépendance.

    À une époque où les images africaines étaient souvent produites par des regards extérieurs, il fait partie de ceux qui ont contribué à reprendre le contrôle du récit africain.  Pascal Abikanlou a également très tôt créé sa structure de production : Abiscal Films, affirmant ainsi sa volonté de produire un cinéma autonome et maîtrisé.

    Son engagement dépasse le cadre du cinéma : il s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion des arts et de la culture au Bénin.

    Un héritage immense: Pascal Abikanlou demeure une figure incontournable du cinéma béninois.

    Son travail a ouvert la voie aux générations de cinéastes qui prennent le relais. Son influence est telle que les jeunes talents du cinéma formés au Bénin lui consacrent leurs œuvres. C’est  le cas de Doriane Zannou , étudiante de l’Institut Supérieur des Métiers d’Arts qui lui a consacré son court métrage documentaire  : «Pascal Abikanlou : précurseur du cinéma béninois».

    Pour célébrer cette icône du cinéma béninois, les RECICO ont créé dès leur première édition en 2019 le prix spécial Pascal ABIKANLOU pour primer les meilleurs films d’écoles.

    L’artiste a rendu l’âme le 5 octobre 2009 des suites d’une longue maladie qui finalement a eu raison de lui .

    «Dans mon cœur et ma mémoire, Pascal ABIKANLOU n’est jamais mort.» Gratien ZOSSOU, ancien collaborateur de Pascal Abikanlou.

    Cell/Recico-Benin

  •  Festival international francophone de slam poésie: La paillote de l’Institut français du Bénin abrite l’apothéose

     Festival international francophone de slam poésie: La paillote de l’Institut français du Bénin abrite l’apothéose

    La grande soirée spectacle de l’édition 2026 du Festival international francophone du slam poésie s’est déroulé, samedi 9 mai 2026, sur la scène de la paillote de l’Institut français du Bénin. Ils sont environ une douzaine d’artistes slameurs, toute génération confondue, à prendre d’assaut la scène pour tenir en haleine le public qui a effectué le déplacement.

    De sergent Markus à Harmonie Bill Catarya en passant par Zogbé, Amangbégnon, Iriko sans oublier Souleymane Diamanka, l’invité spécial de l’édition, la scène est mise en ébullition au travers de mots aussi bien captivants que chargés d’émotions. Le thème autour duquel les artistes sont appelés à s’exprimer est intitulé « Poésie et réconciliation ». Des prestations les plus douces au plus bouillantes, les artistes ont réussi à communiquer une chaleur réelle aux spectateurs. Les voix se sont levées pour scander des mots qui pénètrent et qui transforment. « L’idée derrière cette initiative, c’est de mettre en valeur le slam béninois ainsi que tous les acteurs qui l’animent. L’objectif pour faire plus court c’est de célébrer le slam et les slameurs. L’autre vision, c’est de faire venir au Bénin tous les grands noms du slam au Bénin, afin de permettre à tous les acteurs qui n’auront peut-être pas cette opportunité de voyage pour aller les voir sur scène dans leurs pays » souligne le responsable à l’organisation de ce festival qui est à son deuxième acte.

    Teddy GANDIGBE

  • Acte 4 du projet Kantchitcha: Le quartier Agla s’active pour l’accueil

    Acte 4 du projet Kantchitcha: Le quartier Agla s’active pour l’accueil

    Après 3 éditions réussies, la fusion revient encore plus forte. Le projet  »Kantchitcha » revient une nouvelle fois au-devant de la scène. Cette fois-ci, c’est au tour du quartier Agla d’accueillir l’acte 4 de cette belle initiative mise en place par les artistes chanteurs et interprètes Métamorphose et Tina Kakpo. Prévue pour se dérouler le samedi 04 Juillet à partir de 18h18, le Segnor Metamorfoz et Tina Kakpo vont encore drainer du monde autour de la fusion musicale, puisque c’est l’objectif même de l’initiative, travail à trouver une identité à la musique béninoise.  Pour tenir le pari, aucune contribution ne sera de trop.

    « Entreprises, marques, institutions : Associez-vous à un projet culturel en pleine ascension et gagnez en visibilité>> appellent les initiateurs. Avec Kantchitcha, la scène prend une autre dimension.

    TG

  •  Projection de film à l’Espace Culturel Le Centre: « Le Champ des oubliés  » conquiert le public cinéphile

     Projection de film à l’Espace Culturel Le Centre: « Le Champ des oubliés  » conquiert le public cinéphile

    Vendredi 08 mai 2026, le programme WA CINEMA de l’Espace Culturel Le Centre a déroulé le tapis au film togolais « Le Champ des oubliés « . Les usagers ont plongé dans l’univers d’un jeune entrepreneur Mawunyo, dont le rêve de convaincre les jeunes qu’il est possible d’entreprendre et de réussir en Afrique se heurte à des péripéties. Le réalisateur Roger Komla Gbekou et une dizaine d’acteurs sont venus du Togo pour vivre ce moment avec le public cinéphile de l’Espace Culturel Le Centre.

    « Le Champ des oubliés  » est un long métrage de 2 heures d’horloge, tourné dans plusieurs pays africains et en Allemagne. Le film parle d’une réalité encore d’actualité : le rêve d’Europe qui pousse tant de jeunes africains à tout quitter. Cette fois, ils rencontreront Mawunyo, un jeune entrepreneur convaincu que l’Afrique regorge de potentialités pour faire le bonheur de tous ses enfants. Conscient du potentiel inexploité de son pays, Mawunyo élabore un projet visant à encourager les jeunes à s’investir localement. Mais sur le chemin, il rencontrera des difficultés. Face au manque de financement et l’incompréhension de ceux qu’il veut aider, Mawunyo a failli perdre la vie.

    « Le Champ des oubliés  » est un film togolais plein d’émotions. Outre la crème d’acteurs togolais ayant joué dans le film, des acteurs béninois comme Florisse Adjanohoun ou ivoirien comme Marie-Josée Néné ont y ont interprété des rôles. Après la projection, il s’en est suivi un échange avec le réalisateur et les acteurs venus de Lomé. Les cinéphiles, très émerveillés par la qualité du film, le rôle d’acteurs des comédiens, ont longuement applaudi et posé des questions.

    Aux dires du réalisateur, Roger Komla Gbekou, le film « Le Champ des oubliés  » parle de la richesse africaine, de l’immigration. « Et dans ce film, on peut dire que « Le Champ des oubliés  » essaie de parler à toute la jeunesse africaine que nous avons tout ce qu’il faut chez nous pour réussir. On n’a pas forcément besoin d’aller ailleurs avant d’avoir le bonheur », a-t-il laissé entendre. A ses dires, après sa sortie en 2022, le film a marqué les esprits. Que cela soit en Afrique ou en Europe, le message que véhicule « Le Champ des oubliés  » passe très bien. La preuve, le film est diffusé sur les vols de Bruxelles Air Line et Ethiopian Air Line. Sur 9 prix de l’Uemoa, le film seul a pris 3 prix : Meilleure fiction de l’Uemoa, Meilleur son A+ et Meilleur scénario.

    Claudio Anani Moïse a interprété le personnage de Kossi dans le film. Il affirme, qu’après le casting, ce n’est pas lui qui devrait jouer Kossi. « C’est après la sélection qu’il y a eu des soucis et puis, ils ont voulu un autre acteur. C’est là que j’ai été mis sur le rôle. Donc c’était déjà un peu difficile pour moi. Maintenant, il faut prouver qu’on a mérité ce choix-là. Du coup, ça a été un gros défi, beaucoup de textes, un long métrage avec beaucoup de dialogues » a-t-il souligné.

    Directeur de l’Espace Culturel Le Centre, Berthold Hinkati a laissé entendre que l’idée derrière cette programmation, c’est montrer l’Afrique autrement. « Et montrer l’Afrique, ça passe par des producteurs africains, des réalisateurs africains. Donc on n’a fait que rééditer ce que nous avions commencé depuis 2021 avec le programme WA CINEMA. Le thème de l’immigration est d’actualité dans beaucoup de pays africains. Il est important de mettre beaucoup plus le curseur là-dessus. Et je pense que c’est en parlant de çà à foison que finalement tout le monde l’intégrera en se disant que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Elle peut l’être aussi en Afrique et elle l’est réellement. Et c’est ce que le film a montré aussi » a laissé entendre Berthold Hinkati.

    Bertrand HOUANHO

  • Work in Progress à l’Espace Culturel Le Centre: Dans l’univers des artistes Midegbeyan Ojisua et Leonel Zadji

    Work in Progress à l’Espace Culturel Le Centre: Dans l’univers des artistes Midegbeyan Ojisua et Leonel Zadji

    Ils sont en résidence de créations à l’Espace Culturel Le Centre. Mercredi 06 mai 2026, les artistes peintres Midegbeyan Ojisua du Nigéria et Léonel Zadji du Bénin ont ouvert les portes de leurs ateliers à l’Espace Culturel Le Centre aux hommes des médias pour une visite suivie d’un échange. Ceci en prélude à l’exposition collective qui aura lieu vendredi 15 mai 2026.

    C’est depuis le 02 avril que les artistes Midegbeyan Ojisua du Nigéria et Leonel Zadji du Bénin ont établi résidence à l’Espace Culturel Le Centre pour laisser éclore leurs talents. Le fruit de ce qu’ils auront produit sera accessible au public, vendredi 15 mai 2026, lors d’une exposition collective. Mais avant, l’Espace Culturel Le Centre a concocté tout un programme, entre Work In Progress, ateliers jeunes publics, pour une immersion dans l’univers de ces deux artistes.

    Venu du Nigéria, Midegbeyan Ojisua peint les émotions sur le visage. A ses dires, le visage est le meilleur endroit sur le corps humain où on peut lire les émotions. C’est le meilleur endroit où il arrive à lire, comprendre les intentions. Il a donc choisi de peindre beaucoup plus les figures de face comme de côté. Son travail ici se base sur la culture, spécifiquement ce qui est négligé dans la culture. De ses échanges avec Leonel Zadji, avec qui il est en binôme, Midegbeyan Ojisua fait le constat qu’il y a beaucoup de parties de la culture, de la tradition, de rites qui sont négligées au détriment d’autres. Il donne l’exemple de la scarification, sujet sur lequel travaille son binôme Leonel Zadji, pour demander si les Béninois s’intéressent aux messages derrières ces scarifications sur les visages de certains. Il trouve qu’on fait la promotion du tourisme en général, mais combien de Béninois à l’interne s’intéressent par exemple au Temple des pythons ? « Comme dans des musées, il y a de l’art abstrait, par exemple, qui est beaucoup plus exposé. Le tourisme est bien mis en valeur, tandis que certaines parties spécifiques de l’art, les rites, les danses, la scarification, les vêtements, l’habillement, tout ça est un peu négligé » a laissé entendre Midegbeyan Ojisua.

    Admirateur de Léonard de Vinci, Midegbeyan Ojisua s’inspire de ses tableaux mais met en valeur ce qui n’est pas fini comme c’est le cas pour la Joconde.

    Au public qui fera le déplacement, vendredi 15 mai 2026, pour le vernissage à l’Espace Culturel Le Centre, l’artiste nigérian espère que celui qui regarde une de ses peintures puisse comprendre que ce n’est pas toujours bien, le fait que certaines cultures, certains rites, certaines pratiques soient en train de disparaître. Qu’il voit ça, mais d’un point de vue émotionnel, parce qu’il peint beaucoup plus les émotions.

    Leonel Zadji : la scarification sur le verre

    15 ans déjà que Leonel Zadji est dans le métier de l’art. Ayant grandi aux côtés d’un père artiste plasticien, il s’est familiarisé avec l’art depuis sa tendre enfance. Déjà en classe de 1ère, il a commencé par vendre des tableaux. Comme Simon Berger, sa référence, il a choisi le verre comme médium pour s’exprimer, mais avec des chiffres. « Dans mes tableaux, je me sers des chiffres pour pouvoir matérialiser l’être humain » laisse-t-il entendre. Un médium délicat, compte tenu de sa fragilité. Pour Leonel Zadji, le verre et l’humain ont en commun la fragilité. Il souligne, cependant, que depuis 15 ans, qu’il travaille le verre, il n’a jamais enregistré de plaintes de clients dont le tableau se serait cassé. Pour lui, on protège beaucoup plus ce qui est fragile. Les collectionneurs font plus attention. Pour sa résidence à l’Espace Culturel Le Centre, Leonel Zadji travaille sur la scarification de manière générale. Pour lui, chaque visage scarifié porte un message. Il veut que, dans chaque famille, on s’interroge sur le message derrière chaque scarification. Les jeunes d’aujourd’hui, à ses dires, doivent se demander quelle scarification était sur le visage de leurs aïeux et quel en est le sens. « Aujourd’hui, on constate qu’il y a plus de visages lisses que de visages scarifiés. Avant, les visages parlaient, les blessures de l’âme ou toute autre matière utilisée parlaient. On pouvait reconnaître des lignées, des appartenances, à travers tous ces nombres de scarifications qu’on peut retrouver. Ce n’est plus le cas aujourd’hui » regrette l’artiste. Leonel Zadji souhaite voir ceux qui seront au vernissage du vendredi 15 mai, se poser des questions sur le sens des scarifications. « A travers mes œuvres, je me suis posé la question est-ce que mes ancêtres aussi se scarifiaient ? Quand ils vont se retrouver devant mes œuvres, il faudrait aussi quand même qu’ils poussent un peu plus loin leur curiosité, qu’ils fassent des recherches, pour savoir en fait d’où est-ce qu’ils viennent vraiment. Parce qu’aujourd’hui, ça ne se fait plus. On vient au monde et on vit que le quotidien » a laissé entendre Leonel Zadji.

    Bertrand HOUANHO

  • Majestic Cinéma : une grande première sous le signe du Chic & du Glamour

    Majestic Cinéma : une grande première sous le signe du Chic & du Glamour

    Le vendredi 1er mai 2026 dernier, le Majestic Cinéma a vibré au rythme de la mode et du cinéma à l’occasion de la Grande Première du film Le Diable s’habille en Prada 2. Placée sous le thème Chic & Glamour, la soirée a rassemblé cinéphiles, influenceurs et passionnés de mode dans une ambiance à la fois élégante et festive.

    Dès leur arrivée, les invités ont donné le ton avec des tenues raffinées, transformant le Majestic Cinéma Marina en véritable vitrine de style. Mais au-delà de la projection, c’est une véritable expérience qui a été proposée au public. Un défilé de mode présentant la collection “Ombre et Lumière”, réalisée par les étudiants de ESDAM Bénin et portée par les mannequins de l’agence TEKOF, a marqué les esprits. À travers cette collection, les jeunes créateurs ont su exprimer toute leur créativité, jouant avec les contrastes, les matières et les silhouettes pour offrir un spectacle salué par l’ensemble des invités.

    Cette initiative illustre la volonté du Majestic Cinéma de proposer bien plus qu’une simple séance de projection, en créant des expériences culturelles originales et immersives. Avec cette grande première réussie, le Majestic Cinéma réaffirme son ambition : offrir au public béninois des moments uniques.

    Le film Le Diable s’habille en Prada 2 est toujours à l’affiche dans les salles Majestic Cinéma Wologuèdè à côté du restaurant 7515 au tarif de 3.000 F CFA et Marina dans l’enceinte du Pavillon du Sofitel (10.000 F CFA pour la salle Premium et 15.000 F CFA pour la salle Luxury)

    Retrouvez toute la programmation sur : www.majesticcinema.bj

  • Identité et traditions: Qui sont les Mandé ?

    Identité et traditions: Qui sont les Mandé ?

    Au cœur des sociétés traditionnelles du nord du Bénin, certaines identités culturelles continuent de susciter curiosité et fascination. C’est le cas des Mandé, dont le parcours de vie commence dès la naissance par des rites marquants.

    Être mandé ne relève pas seulement d’une appartenance, mais d’un processus initiatique qui débute très tôt dans la vie. Après son premier cri à la naissance, un mandé doit déjà faire preuve de résilience le septième jour, jour de son baptême. C’est alors qu’il a les cheveux rasés pour la première fois. À cet instant, il reçoit le premier coup dur de sa vie : la lame qui doit tracer son identité sur son front. Mais au-delà de ce geste, c’est surtout une marque identitaire qui vient inscrire l’enfant dans sa communauté. Un acte fort, chargé de sens, qui témoigne de l’ancrage culturel et de l’héritage transmis de génération en génération.

     Ce rituel, perçu comme une épreuve, symbolise la résilience et l’appartenance. L’enfant, encore incapable de comprendre ou de se défendre, traverse ainsi son premier moment de douleur, considéré comme une étape fondatrice de son identité. Pour les communautés concernées, ce passage est essentiel. Il marque l’entrée officielle de l’enfant dans un groupe, avec ses valeurs, ses codes et son histoire. Ce n’est qu’après cette étape que l’enfant peut pleinement être reconnu comme Mandé.

    Il convient toutefois de préciser que l’identité Mandé ne se limite pas à une seule appartenance ethnique. Elle peut concerner des individus issus de divers groupes, notamment des Batombu.

    Aujourd’hui encore, ces pratiques interrogent, entre respect des traditions et évolution des mentalités. Elles rappellent surtout la richesse et la diversité des patrimoines culturels africains, où chaque rite porte en lui une signification profonde.

  • Célébration de la culture du verbe à Cotonou: Le festival international francophone de Slam-Poésie s’annonce palpitant

    Célébration de la culture du verbe à Cotonou: Le festival international francophone de Slam-Poésie s’annonce palpitant

    Du 5 au 9 mai 2026, le Bénin vibrera au rythme de la parole scandée. Plus qu’une simple rencontre esthétique, le Festival International Francophone de Slam-Poésie (FIFSP), porté par Sêminvo Hlihè, s’impose comme le rendez-vous stratégique d’un secteur en pleine structuration. Entre diplomatie culturelle et rencontres de haut vol, focus sur un événement qui place Cotonou sur la carte mondiale de l’oralité contemporaine.

    Un écosystème en pleine mutation

    En 2026, le slam n’est plus un art périphérique au Bénin ; il devient de plus en plus un levier de soft power. Le FIFSP s’inscrit dans cette dynamique de professionnalisation de l’écosystème créatif local. En réunissant ateliers d’écriture, conférences et scènes de grande envergure, le festival dépasse le stade du divertissement pour devenir une plateforme de transmission et de réseautage.

    L’enjeu est de taille : transformer la vitalité brute des scènes ouvertes en une véritable fabrique de la parole. Pour les slameurs et slameuses béninois, ce festival est une vitrine de leur savoir-faire organisationnel et une preuve de la maturité d’une scène qui a su, en quelques années, rebâtir sa singularité dans l’espace francophone.

    Une programmation sous le signe de l’exigence

    La force de cette édition 2026 réside dans l’équilibre de sa programmation. Le FIFSP prévoit à la fois des performances et des moments-clés pour investir le champ de la réflexion sociale et technique.

    Seront donc organisés des ateliers thématiques qui exploreront le lien entre poésie, réconciliation et cohésion sociale, affirmant le rôle du poète comme médiateur dans la cité.

    Une autre démarche marquante c’est la décentralisation de l’esprit des scènes slam vers la jeunesse estudiantine. Le festival prévoit en effet de s’installer dans le campus d’Abomey-Calavi pour un moment de partage entre générations émergentes et talents en construction. Le festival s’assure ainsi d’un ancrage populaire et universitaire, irriguant le vivier des talents de demain.

    Est également prévue, le 8 Mai à la paillote de l’Institut Français de Cotonou, “ La Grande Nuit du Slam “ qui vise à rassembler des talents établis et intergénérationnels du slam béninois. Puis le 9 Mai, le « One Poet Show » de la guest-slam de cette édition est programmé à l’Institut Français marque une volonté de briser les silos en fusionnant théâtre, musique et poésie.

    Le facteur Diamanka et la consécration par l’excellence

    C’est dans ce cadre rigoureusement tracé que s’insère la présence de Souleymane Diamanka. La venue de l’orfèvre de la langue peule et de l’oralité française s’envisage comme une masterclass à ciel ouvert.

    Pionnier ayant élevé le slam au rang de littérature majeure, Souleymane Diamanka apporte au festival une caution internationale et une expertise technique précieuse. Sa présence lors de la « Grande Nuit du Slam », sa masterclass du 8 mai et son show solo agissent comme un catalyseur pour le slam béninois et pour les slameurs locaux. Il vient confirmer que le pont jeté entre les traditions ancestrales (l’héritage peul, le rythme du terroir) et la modernité urbaine est la voie royale pour une reconnaissance mondiale.

    2026 : Le tournant de la maturité

    Le Festival International Francophone de Slam-Poésie démontre que le Bénin est prêt à exporter son imaginaire oral. L’initiative vient non seulement contribuer à la célébration de la langue française, mais aussi à une affirmation de l’identité artistique hybride du slam béninois dans le concert des nations créatives.

    En accueillant une figure de proue comme Souleymane Diamanka, tout en valorisant ses propres voix locales, Cotonou prouve que l’oralité est un gisement de valeur, de sens et d’avenir. Du 5 au 9 mai, c’est bien plus qu’un festival qui se joue : c’est l’affirmation d’une capitale culturelle qui sait faire de la parole un art de vivre et de bâtir.

    Teddy GANDIGBE

  • Promotion de la culture africaine: L’Ailff et le festival Asha Yoruba ensemble pour écrire les pages de l’histoire

    Promotion de la culture africaine: L’Ailff et le festival Asha Yoruba ensemble pour écrire les pages de l’histoire

    (Une signature d’accord pose les balises) 

    Le Bénin accueille bientôt sur ses installations un festival de renommée internationale. Il s’agit de l’Ailff et le festival Asha Yoruba. Deux grandes nations s’en occupent, le Bénin et le Nigeria, pour réécrire un nouveau narratif autour de la culture et des arts. Du 20 au 25 juillet 2026, Parakou sera le carrefour d’une effervescence culturelle.

    Deux festivals, deux pays, une seule scène : l’AILFF et le Festival Asha Yoruba scellent un pacte historique pour une grande effervescence culturelle en 2026 en République du Bénin. Dans une étape majeure pour les arts et la culture en Afrique, l’African Indigenous Language Film Festival (AILFF) et le Festival Asha Yoruba du Bénin ont signé un protocole d’accord historique afin de co-organiser leurs événements phares sous la forme d’un seul et même rendez-vous culturel du 20 au 25 juillet 2026,  dans la ville dynamique de Parakou, République du Bénin réunissant deux plateformes majeures en provenance du Nigeria et du Bénin, ce partenariat pionnier renforcera la visibilité des récits africains racontés dans les langues indigènes, tout en approfondissant les liens culturels et créatifs à travers l’Afrique de l’Ouest et le reste du continent. Ce festival conjoint a vocation à devenir un point de convergence incontournable pour les cinéastes, les acteurs culturels et les publics en quête de récits africains nouveaux et authentiques. « En unissant nos forces, nous ne faisons pas que partager une scène ; nous construisons un avenir commun pour le récit africain », fait savoir Osezua Stephen-Imobhio, fondateur et directeur de l’AILFF. A l’en croire, « Cette collaboration avec le Festival Asha Yoruba nous permet d’élargir notre impact, de soutenir de nouveaux talents et de faire en sorte que le cinéma en langues indigènes occupe pleinement sa place sur la scène mondiale ». Bien qu’abrités sous une même bannière, chaque festival conservera sa propre identité, son orientation et son approche curatoriale, créant ainsi un riche dialogue entre cinéma, performance et patrimoine.

    Leurs thèmes pour 2026 ont été conçus pour se croiser et se renforcer mutuellement : Le Festival Asha Yoruba 2026 explorera la dynamique entre héritage et innovation autour du thème :  « Racines & Révolution, la tradition comme catalyseur du changement ». Cette  3ème  édition de l’AILFF  mettra à l’honneur des récits qui tissent des liens entre les communautés sous le thème : « Fil de culture : tisser l’inclusion par le cinéma ». Cette édition mettra en lumière des conteurs visionnaires qui utilisent les langues indigènes pour bâtir des ponts, favoriser la compréhension et promouvoir un monde plus inclusif. « Ce partenariat est une célébration d’une histoire partagée et l’engagement envers un destin commun », indique Atchadé  Adéyèmi, le Délégué général du Festival Asha Yoruba du Bénin. « Accueillir l’AILFF à Parakou, aux côtés de notre festival, souligne le rôle du Bénin en tant que carrefour culturel et renforce notre position de terre d’accueil pour des expressions audacieuses et innovantes de l’identité yoruba et africaine ». Pensé comme bien plus qu’une collaboration ponctuelle, cet accord met en place un cadre de coopération régionale à long terme et d’échanges culturels transfrontaliers. L’énergie et les relations qui naîtront à Parakou en 2026 devraient servir de tremplin pour une édition ultérieure prévue à Lagos, Nigeria, en 2027, sous réserve des accords définitifs entre les parties. Reflétant la diversité linguistique de la région, le festival conjoint de 2026 sera une véritable expérience trilingue, avec une programmation en Yoruba, Français et Anglais.

    Cet engagement en faveur du multilinguisme est au cœur de la vision des organisateurs : faire tomber les barrières, encourager une collaboration réelle et rendre le festival accessible à un large éventail de participants d’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs.

    Au-delà des projections, le rendez-vous de Parakou sera un véritable hub professionnel et créatif, proposant un programme ambitieux destiné à renforcer l’écosystème des contenus en langues indigènes et ancrés dans les cultures locales : Ateliers pratiques : formations concrètes en sous-titrage et doublage pour les films et médias en langues indigènes. Sessions de développement du secteur : décryptage des cadres de coproduction, des modèles de financement et des stratégies de pitch efficaces pour les projets africains.  Stages intensifs de réalisation : renforcement des compétences en cinéma numérique, marketing de films et narration documentaire.  Tables rondes prospectives : discussions de haut niveau sur le cinéma comme moteur de tourisme, de diplomatie culturelle et de récits portés par les communautés. En mutualisant leurs ressources, leurs réseaux et leur énergie créative, l’AILFF et le Festival Asha Yoruba ne se contentent pas de célébrer les histoires africaines : ils investissent dans les infrastructures, les compétences et les partenariats qui permettent à ces histoires de voyager, résonner et prospérer au-delà des frontières, des langues et des plateformes.

    TG