Moins de neuf mois après l’installation des nouvelles équipes municipales, le décor de la décentralisation vacille déjà. Avec la démission du Secrétaire exécutif (SE) de Cotonou et les révocations de ceux de Glazoué et de Djougou, l’administration locale donne l’impression de chercher encore ses marques.

 Pour les citoyens, voir autant de hauts responsables partir en si peu de temps renvoie une image troublante. Cela donne le sentiment d’une administration instable, où les équipes ont du mal à s’entendre et à s’installer dans la durée. Entre le maire, qui détient le pouvoir politique, et le Secrétaire exécutif, chargé de la gestion technique, la mayonnaise semble parfois difficile à prendre, peut-on dire.

Exigence de résultats ou décisions arbitraires ?

D’un côté, sanctionner les manques de résultats peut passer pour une preuve de rigueur : on montre que les postes ne sont plus acquis d’avance et qu’il faut être performant. Mais de l’autre, sans explications claires sur ce qui a réellement posé problème, ces renvois risquent d’être perçus comme des règlements de comptes ou des choix précipités.

Au-delà de ces trois cas, le problème est de savoir si les mairies peuvent tourner correctement dans ce climat d’incertitude. Pour que la réforme de la décentralisation fonctionne, il ne suffit pas de remplacer les têtes quand ça coince.

Aussi, la répétition de ces départs prématurés affaiblit l’image même de nos mairies. Si la nouvelle mandature veut rassurer et prouver la maturité de la décentralisation, elle devra très vite démontrer qu’elle sait gérer les compétences humaines avec autant de sérieux que les ambitions politiques.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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