Le préfet du Borgou, Me Abdoul-Chakour Naro ASSOUMA, a entamé le mardi 3 novembre 2026 sa première tournée statutaire dans les communes du département. À N’Dali et à Pèrèrè, les échanges avec les autorités communales, les leaders religieux et les acteurs de la société civile ont notamment mis en lumière les préoccupations liées à la sécurité, au développement économique et à l’insuffisance des infrastructures.
La première tournée statutaire du préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Naro ASSOUMA, a démarré le mardi 3 novembre 2026 par les communes de N’Dali et de Pèrèrè. Accompagné d’une importante délégation, comprenant les membres de la Conférence administrative départementale (CAD), le représentant de l’autorité préfectorale est allé à la rencontre des acteurs locaux pour apprécier le fonctionnement des collectivités territoriales et recueillir leurs préoccupations.
À N’Dali, la rencontre s’est tenue dans la matinée, dans un hôtel de la ville, avec les membres du conseil communal, les leaders religieux et les représentants de la société civile. La délégation a ensuite poursuivi ses échanges dans l’après-midi à Pèrèrè, autour du même exercice de concertation.
Au-delà des membres de la CAD, cette tournée a connu la participation de la coordination départementale du Conseil économique et social (CES) du Borgou, conduite par sa responsable, Mariétou TAMBA, ainsi que du substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Parakou, chargé du pôle des mineurs. Chaque membre de la Conférence administrative départementale a également présenté aux participants les projets et réalisations relevant de son secteur d’intervention.
Une tournée fondée sur le suivi de l’action communale
À Pèrèrè, dans son mot de bienvenue, le préfet a rappelé le fondement légal et les objectifs de cette démarche. Il a notamment fait référence à l’article 281 de la loi portant Code de l’administration territoriale en République du Bénin, qui encadre cette mission d’assistance et de suivi de l’action communale.
« Cette disposition oblige ma personne, en tant que préfet, à être ici », a-t-il expliqué, précisant que cette présence vise à appréhender l’état de la commune, les différents acteurs de sa vie socio-économique, la qualité de sa gouvernance, le fonctionnement de ses organes ainsi que la mise en œuvre des actions publiques.
Cette démarche doit également permettre d’identifier les difficultés rencontrées par les collectivités et les principaux défis auxquels elles doivent faire face.
La sécurité, une préoccupation commune aux deux communes
À N’Dali comme à Pèrèrè, les questions sécuritaires ont occupé une place importante dans les interventions des maires.
À N’Dali, le maire Daouda Saka Méré a qualifié la sécurité de préoccupation majeure pour sa commune. Il a particulièrement insisté sur les besoins en matière de protection civile et de gestion des crises, sollicitant le renforcement des moyens opérationnels et des dispositifs sécuritaires.
Parmi les attentes exprimées figure la création d’un commissariat dans l’arrondissement de Gbégourou. Le maire a également évoqué l’insuffisance de matériel de combat adapté en cas d’attaque ainsi que le manque de moyens roulants pour les interventions.
À Pèrèrè, le maire Abdou Arouna Mama Chabi a, pour sa part, mis l’accent sur la prévention des conflits, la protection des personnes et des biens ainsi que la nécessité d’une vigilance permanente. Tout en saluant les efforts des Forces de défense et de sécurité, il a réaffirmé la disponibilité de la municipalité à renforcer sa collaboration avec elles.
Il a notamment évoqué les descentes régulières dans les arrondissements pour sensibiliser les différents acteurs à la coproduction de la sécurité. Malgré ces initiatives, les besoins en matière de prévention, de sensibilisation, d’alerte et d’intervention restent importants, selon lui.
Le maire de Pèrèrè a également attiré l’attention sur les risques liés aux zones frontalières et aux relations entre agriculteurs et éleveurs, qui nécessitent une attention particulière.
Infrastructures et développement économique au cœur des attentes
Au-delà de la sécurité, les deux communes ont exposé plusieurs difficultés qui affectent leur développement.
À N’Dali, Daouda Saka Méré a notamment relevé l’insuffisance des infrastructures de commercialisation, les difficultés d’accès au financement ainsi que les contraintes liées à la transformation et à l’écoulement des produits locaux.
Malgré les efforts consentis par la commune et ses partenaires, les besoins demeurent importants. Le maire a ainsi sollicité un accompagnement accru de l’État et des partenaires au développement, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation de base.
À Pèrèrè, les préoccupations présentées par Abdou Arouna Mama Chabi concernent également l’insuffisance des infrastructures marchandes, le chômage et le sous-emploi des jeunes, ainsi que la dégradation des pistes rurales. Le maire a particulièrement plaidé pour le bitumage de l’axe Parakou-Pèrèrè-Nikki-Yinssi-frontière du Nigéria.
À ces difficultés s’ajoutent les besoins en eau potable, en électricité, en équipements scolaires et en infrastructures sanitaires. Autant de préoccupations soumises à l’attention du préfet et des membres de la délégation départementale.
Des échanges pour rapprocher l’administration des collectivités
À travers ces rencontres, la tournée statutaire apparaît comme un cadre de dialogue entre l’administration départementale et les collectivités territoriales. Les présentations des membres de la CAD, les interventions des responsables communaux et les échanges avec les acteurs locaux ont permis de faire ressortir plusieurs enjeux liés à la gouvernance et au développement des deux communes.
De N’Dali à Pèrèrè, les préoccupations exprimées traduisent notamment les attentes des collectivités en matière de sécurité, de soutien aux activités économiques, d’infrastructures et d’amélioration des services sociaux de base. Cette première étape de la tournée statutaire du préfet du Borgou aura ainsi permis de mettre en lumière les réalités locales et les défis auxquels les communes sont confrontées.
Fayçal DRAMANE



