Face à une exécution physique de 40 %, Janvier Yahouédéhou a recadré les douze préfets ce 16 septembre 2026 lors du dialogue de gestion. Le faisant, le ministre exige une accélération immédiate des chantiers territoriaux.

Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéhou, a tapé du poing sur la table face aux douze préfets du Bénin. Constatant un décalage flagrant entre les ressources financières mobilisées et les réalisations concrètes, l’autorité de tutelle a adressé un vif rappel à l’ordre à ses collaborateurs territoriaux. Au 31 août 2026, si le taux d’engagement budgétaire atteint 74,71 % et l’ordonnancement 73,56 %, le taux d’exécution physique des chantiers plafonne à un faible 40 %. Un écart supérieur à 34 points que le ministre a publiquement qualifié d’inacceptable, dénonçant une inertie sur le terrain. À travers cette vive sortie, Janvier Yahouédéhou remet en cause une gouvernance locale fonctionnant à deux vitesses. Le message ministériel ainsi met à nu la contradiction entre la célérité de l’État central, qui débloque les crédits en temps voulu, et la lenteur des rouages territoriaux incapables d’en matérialiser l’impact. Pour le ministre, voir l’argent public immobilisé dans les registres comptables sans traduction visible pour les citoyens relève d’un manquement dans la chaîne de commandement. Il a directement interpellé les préfets sur leur rôle de contrôle et d’impulsion, leur rappelant qu’ils comptent parmi les premiers responsables de la conduite des affaires locales. Certes, des facteurs techniques et conjoncturels contribuent traditionnellement à cet écart. Et sont dus à la lenteur des procédures de passation des marchés, les faiblesses financières des entreprises prestataires et les perturbations liées à la saison pluviométrique. Mais lors des travaux, Janvier Yahouédéhou a refusé d’admettre ces éléments comme des circonstances atténuantes. Le ministre a ciblé la bureaucratie inutile, le manque d’anticipation dans la délivrance des actes administratifs et la passivité dans la validation des étapes de chantier, affirmant que ces blocages internes nuisent directement à l’efficacité des investissements publics dans les communes. Face à ce constat critique, le patron de la décentralisation a posé un ultimatum strict pour la fin de l’exercice 2026. Les préfets ont reçu l’ordre explicite d’entamer une course contre la montre pour combler l’intégralité du retard d’ici le 31 décembre. Janvier Yahouédéhou a exigé une intensification des descentes de contrôle sur le terrain, une accélération des circuits de paiement et l’application immédiate de pénalités ou de résiliations à l’encontre des prestataires défaillants. Par cette offensive verbale et politique, le ministre entend imposer une culture d’obligation de résultat au sein de l’administration territoriale béninoise.

J.G

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