Annoncé pour la rentrée politique de septembre 2026, le premier Programme d’action du Gouvernement du président Romuald Wadagni doit donner une traduction opérationnelle au projet de société 2026-2033. Après une décennie de réformes et de grands investissements, la question centrale est désormais: quels changements concrets les Béninois ressentiront-ils dans leur quotidien ?

Depuis 2016, l’action publique a mis l’accent sur la maîtrise des finances, les infrastructures, le climat des affaires et la transformation de l’économie. Le nouveau PAG s’inscrit dans cette continuité tout en mettant en avant le bien-être social, une économie diversifiée et une approche territoriale du développement.

Le défi n’est donc plus de poser les bases, mais de transformer les acquis en prospérité partagée. Le citoyen veut savoir ce que les routes, les zones industrielles et les réformes changent pour son revenu, son emploi, sa santé et l’avenir de ses enfants.

Relier la croissance au quotidien

Avec une croissance estimée à près de 8% en 2025, le Bénin affiche de bonnes performances macroéconomiques. Mais la croissance ne suffit pas si les ménages ne sentent pas d’amélioration.

Le PAG devra donc créer un lien plus visible entre performance économique et conditions de vie : emploi des jeunes, pouvoir d’achat, accès aux soins, éducation, eau, énergie et protection sociale. L’attente porte moins sur la redistribution que sur la création d’opportunités concrètes.

L’emploi des jeunes au cœur du test

Dans un pays jeune, l’emploi sera le principal critère d’évaluation du septennat. Le projet présidentiel mise sur la formation, l’entrepreneuriat et la territorialisation de l’économie à travers six pôles régionaux.

La réussite dépendra de la capacité à créer de vrais écosystèmes d’emplois : quels secteurs recruteront, quelle place pour l’industrie et les métiers techniques, comment faire grandir les PME, comment adapter les formations aux besoins des entreprises.

Un développement plus équilibré sur les territoires

L’autre grande attente est la réduction des écarts entre régions. Il ne s’agit plus seulement de construire des infrastructures, mais de générer autour d’elles des activités, des emplois et des services. L’objectif est de faire de chaque territoire un espace de production et d’opportunités, du sud au nord.

Le temps des dividendes et de la redevabilité

Après les grands chantiers, le PAG doit faire passer le Bénin du temps des ouvrages à celui des usages. Une route doit faciliter le commerce, une zone industrielle créer des emplois, l’énergie permettre aux entreprises de produire.

Pour y arriver, la gouvernance devra être exemplaire. Le gouvernement annonce un suivi renforcé avec des objectifs clairs, des moyens définis et des indicateurs lisibles pour que les citoyens puissent mesurer les progrès.

2033 : l’heure du bilan social

Le PAG 2026-2033 sera jugé moins sur le nombre de projets que sur son impact réel. Les attentes sont simples : plus d’emplois, un meilleur pouvoir d’achat, des services publics efficaces, une santé et une éducation de qualité, une énergie fiable et un développement mieux réparti.

Le défi de ce septennat est clair : faire passer le Bénin d’une décennie d’investissements à une décennie de bénéfices sociaux et économiques partagés. En 2033, la question sera simple : le quotidien des Béninois s’est-il réellement amélioré ?

 Thomas AZANMASSO

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