En rupture avec la gouvernance précédente, Romuald Wadagni privilégie une présence directe sur le terrain. Entre visites improvisées et mesures sociales, le chef de l’État redéfinit la relation avec les citoyens.
Le paysage politique béninois enregistre actuellement un changement notable. Ceci, dans la méthode de gouvernance au sommet de l’État. En effet, Romuald Wadagni dans la peau du Président de la République adopte une démarche structurée. Laquelle le distingue nettement de son prédécesseur, en choisissant d’établir un lien direct, constant et régulier avec les populations. Ainsi, cette nouvelle orientation politique se traduit sur le terrain par des actions concrètes ainsi que par des déplacements fréquents au cours desquels, le chef de l’État cherche à mesurer lui-même, sans filtre, les réalités quotidiennes des habitants. C’est pourquoi cette volonté de proximité s’est particulièrement illustrée lors de ses récents déplacements à l’intérieur du pays, notamment dans la ville de Parakou. Dans cette métropole du Nord, le président a multiplié au détour de la Gaani, les apparitions spontanées au milieu des citadins, allant jusqu’à effectuer des achats dans les commerces locaux à la manière d’un simple citoyen. De surcroît, ces bains de foule improvisés et ces interactions sans protocole lourd. En se mêlant ainsi directement à la foule, Romuald Wadagni entend projeter l’image d’un dirigeant accessible, tout en refusant le confinement des bureaux présidentiels ou l’isolement souvent associé à l’exercice du pouvoir. Par conséquent, cette approche tranche avec la pratique politique observée au cours de la dernière décennie. Jusqu’alors, la gestion des affaires publiques reposait essentiellement sur des comptes rendus d’étape, des rapports transmis par les collaborateurs et des descentes de terrain rares. Or, cette méthode axée sur la bureaucratie et le contrôle à distance avait fini par susciter de nombreuses réserves au sein d’une grande partie de la population, laquelle souhaitait voir les dirigeants prendre directement la mesure des réalités du pays. Dès lors, en modifiant cette dynamique ancrée dans les habitudes, le chef de l’État cherche à instaurer un véritable climat de confiance réciproque avec les citoyens. De plus, l’exercice vise à démontrer qu’une présence physique régulière sur le terrain permet de mieux appréhender les attentes sociales urgentes. Enfin, cette posture ne reste pas purement symbolique, car le gouvernement associe progressivement ces sorties à des mesures sociales précises et à des incitations économiques à impact direct sur le quotidien des Béninois. En somme, pour ce début de mandat, cette combinaison entre présence physique et réponses concrètes vient combler un vide relationnel et institutionnel qui pesait sur la société béninoise.
J.G



