À quelques semaines de l’assemblée générale qui doit élire le nouveau président de la Fédération béninoise de football (FBF), de vieilles habitudes malsaines refont surface et viennent ternir l’image de la compétition. Des personnes qui se présentent comme de potentiels candidats multiplient les pratiques douteuses : collecte de dossiers payants, promesses de postes, pressions et même menaces à peine voilées envers les délégués.
D’après plusieurs témoignages qui se recoupent, certains prétendants n’hésitent pas à proposer de l’argent « selon le profil de la personne » pour obtenir une signature sur une fiche d’engagement ou de parrainage. D’autres promettent des rémunérations ou des avantages en échange d’un soutien, tandis que certains usent de pressions directes, parfois accompagnées de formules menaçantes qui laissent craindre des représailles en cas de refus. Ces manœuvres ne visent pas seulement à influencer un vote : elles sapent la crédibilité de l’élection et portent un coup dur à l’intégrité de la maison du football.
Face à ces dérives, plusieurs délégués et observateurs appellent les institutions compétentes à réagir vite et fermement. Premièrement, ils demandent à la Commission électorale de la FBF d’être transparente et vigilante, de contrôler les procédures de dépôt des dossiers et de sanctionner toute tentative d’irrégularité. Deuxièmement, ils exigent que la Commission d’éthique de la fédération utilise tous ses pouvoirs pour enquêter et, si nécessaire, suspendre ou exclure les auteurs de ces pratiques contraires aux règles.
Au-delà des textes internes, ces agissements peuvent aussi constituer des infractions pénales. C’est pourquoi plusieurs voix s’élèvent aujourd’hui pour demander à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) d’ouvrir l’œil et de lancer des investigations, afin de dissuader les tentatives d’achat de conscience et autres pressions illégales. Une telle implication rappellerait que cette élection se déroule aussi dans le cadre du droit républicain.
Les délégués, quant à eux, sont invités à faire preuve de la plus grande fermeté morale. Ne cédez à aucune pression, répètent les appels ; ne sacrifiez pas l’intérêt collectif pour des promesses personnelles. Ils sont notamment encouragés à suivre le mot d’ordre lancé par le président sortant Mathurin De Chacus lors de la réunion du 7 juillet : revenir au calme, préserver la sérénité de l’institution et choisir le candidat selon un critère simple mais fondamental : l’éthique.
La course à la présidence de la FBF ne doit pas se transformer en une compétition d’argent ou de chantage. Pour garantir une élection saine et préserver les acquis du football béninois, il est urgent que les organes de gouvernance de la FBF, la Commission d’éthique et, si besoin, les autorités judiciaires, prennent leurs responsabilités. L’enjeu dépasse les ambitions personnelles : il s’agit de l’avenir du football national et de la confiance que lui accordent les acteurs et les supporters.
La communauté sportive attend désormais des actes concrets : des contrôles, des sanctions et une protection pour les délégués menacés. Sans cela, le risque est grand que la compétition du 22 août se joue dans l’ombre plutôt que dans la transparence.



