Le cimetière islamique de Parakou est situé non loin du marché international Arzèkè. C’est un grand espace clôturé qui abrite des tombes à perte de vue. Il est partiellement éclairé. Au centre, l’éclairage est suffisant et permet de distinguer nettement les sépultures. Par contre, sur quatre côtés, l’obscurité est totale et plusieurs lampadaires sont installés mais ne fonctionnent pas. C’est le constat fait le lundi 6 juillet 2026, aux environs de 21 heures.
Ibrahima Awali, est le gardien du cimetière islamique de Parakou. Il fait ce travail de façon bénévole. Il ne reçoit aucune rémunération mensuelle pour le gardiennage du cimetière. Le manque d’éclairage par endroit constitue un défi majeur pour Ibrahima Awali dans l’accomplissement de sa mission quotidienne. Au milieu de cette pénombre, le gardien fait ses rondes. Démarche calme et modestement habillé, Ibrahima Awali, affiche une certaine sérénité, il connaît chaque allée, chaque tombe de ce grand espace clôturé. «Je travaille pour Dieu». C’est par cette courte phrase que Ibrahima Awali, gardien bénévole du cimetière islamique de Parakou, justifie son engagement, depuis 5 ans, à s’occuper du gardiennage de ce cimetière sans salaire, sans prime, sans aucun retour. « Ce cimetière qui occupe un grand espace n’a pas un éclairage suffisant. Certains lampadaires sont même en panne depuis plusieurs mois. Les familles qui viennent pour des inhumations tardives et nocturnes doivent elles aussi se débrouiller avec des torches. Le plus grand défi pour moi, c’est l’obscurité totale », a-t-il expliqué. S’il n’y a pas suffisamment de lumière, le travail devient complexe, même avec une lampe torche, précise-t-il.
Par ailleurs, Ibrahima Awali a confié qu’il n’a jamais été confronté à des actes de profanation de tombes. « Il peut y avoir des tentatives. Des gens viennent déposer des choses : médicaments, des objets inhabituels et autres dans les tombes. Moi je ramasse et je brûle », a-t-il affirmé. Loin de l’image effrayante qu’on se fait de ce métier, il assure n’avoir jamais rencontré de difficultés dans la nuit profonde et qu’il n’a jamais eu peur de quoi que ce soit. « Je fais la toilette mortuaire aux cadavres dans la nuit profonde en cas d’urgence, je n’ai jamais eu peur ». Il tient aussi à corriger une idée reçue : « Quand les gens disent qu’on entend des bruits de morts qui se répercutent dans le cimetière, c’est faux. On peut voir un défunt en rêve, mais le voir face à face, c’est faux », relève-t-il. Il poursuit « C’est Allah seul que je prie, je ne compte sur aucun pouvoir mystique. En tant que musulman, je dis que c’est un travail noble. Quand on le fait avec un cœur pur, Allah récompense fortement et accorde le paradis. Moi je cherche la récompense du ciel. Même si les hommes ne voient pas, Allah voit et il sait », déclare-t-il. Pour lui, le métier de gardien de cimetière n’a rien d’extraordinaire ni d’étrange et ne devrait susciter aucune inquiétude.
Pour finir, il sollicite le soutien de la mairie de Parakou et des associations islamiques de la ville pour faire face aux difficultés rencontrées. Un éclairage intense de ces lieux faciliterait beaucoup le travail même s’il est bénévole.
Baudelaire SIMKPON (Stg) / Leylath TORO (Stg) / Diane ETCHAOU (Stg)



