La santé des plus jeunes est une priorité absolue, et la lutte contre les vers intestinaux en est un pilier fondamental. Carole Catharia Hounnouvi, spécialiste en santé communautaire et Chef de cellule au Programme national de lutte contre les maladies transmissibles (Pnlmt), tire la sonnette d’alarme sur ces parasites qui, bien qu’invisibles, peuvent avoir des conséquences fatales.
Les vers intestinaux se propagent principalement par un manque d’hygiène environnementale. Carole Catharia Hounnouvi explique que les œufs de ces parasites se retrouvent dans les sols, les aliments ou les mains souillés. Elle identifie trois espèces prédominantes : les ascaris, les trichocéphales et les ankylostomes. Contrairement à la bilharziose, qui nécessite un contact avec de l’eau stagnante infectée, l’experte précise que les géo-helminthiases s’attrapent au contact de la terre ou par l’ingestion de mets mal lavés.
Un frein majeur au développement physique et cognitif
Une fois installés dans l’organisme, ces parasites se nourrissent des tissus de l’hôte et de son sang. L’experte souligne que ce processus empêche l’absorption correcte des nutriments essentiels, entraînant une perte de fer et de protéines. Cette spoliation débouche souvent sur une anémie chronique et une malnutrition sévère. Les conséquences sont particulièrement préoccupantes chez l’enfant. Carole Catharia Hounnouvi insiste sur le fait que l’état de faiblesse générale et les troubles de la croissance physique entravent directement le rendement scolaire. Un enfant souffrant de malaise permanent ne peut mobiliser les capacités cognitives nécessaires à un apprentissage efficace. Dans les cas les plus graves, l’accumulation de vers peut provoquer une occlusion intestinale, une complication qui peut être fatale.
Identification des signes d’alerte et prévention
Les parents peuvent reconnaître une infection par certains symptômes caractéristiques décrits par la spécialiste. Une pâleur marquée, une perte de poids, une irritabilité ou un ventre ballonné sont des signaux d’alarme. Dans le cas des ascaris, elle mentionne également des démangeaisons anales nocturnes et la présence visible de vers dans les selles. La prévention repose sur des gestes quotidiens et des politiques de santé ciblées. Carole Catharia Hounnouvi recommande le port systématique de chaussures pour éviter la transmission par la peau, ainsi que le lavage rigoureux des mains et des aliments.
Elle rappelle également l’importance des campagnes annuelles de déparasitage en milieu scolaire organisées par l’État. En permettant le traitement de leurs enfants à l’école, confie-t-elle, les parents assurent non seulement leur bien-être immédiat, mais garantissent aussi leur plein développement physique et psychique, valorisant ainsi les investissements consentis pour leur avenir.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE








