Au premier trimestre 2026, les exportations du Bénin ont atteint 223,96 milliards de FCFA, tandis que les importations ont baissé de 41,1 % en un an. Ce recul des achats extérieurs traduit la politique d’industrialisation et de transformation locale des matières premières engagée par les autorités béninoises depuis dix ans.

Selon l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD), les exportations de marchandises du Bénin ont atteint 223,96 milliards de FCFA au premier trimestre 2026. Ce montant représente une hausse de 78,3 % par rapport au quatrième trimestre 2025 et de 51,1 % par rapport au premier trimestre 2025. Le coton non cardé ni peigné constitue la première source de recettes avec 70,2 milliards de FCFA, soit 31,3 % des ventes totales, suivi par les réexportations de bateaux (49,1 milliards de FCFA), les tourteaux (17,3 milliards de FCFA) et les graines et fruits oléagineux (15,0 milliards de FCFA). Le Bangladesh est le premier client du pays avec 30,6 % des parts d’exportation, suivi de la Côte d’Ivoire (22,8 %) et de l’Inde (9,4 %). Selon l’INStaD, les importations se sont établies à 428,95 milliards de FCFA. « Elles enregistrent une baisse de 17,6 % par rapport au trimestre précédent et une diminution de 41,1 % en glissement annuel. Le riz semi-blanchi représente 15,3 % des achats, suivi des huiles de pétrole (7,7 %) et des poissons congelés (4,8 %). La baisse des importations est principalement déterminée par la réduction des achats de riz, de produits pétroliers et d’engrais. La Chine (22,2 %) et l’Inde (18,0 %) demeurent les principaux fournisseurs », note la même source.

La politique d’industrialisation en marche

La baisse des importations enregistrée au cours de ce trimestre découle des orientations économiques appliquées par les autorités béninoises depuis dix ans. En effet, depuis 2016, les politiques publiques sont orientées vers le développement du tissu industriel national à travers la mise en place d’infrastructures dédiées, à l’instar de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).

La stratégie gouvernementale de ce fait repose sur la transformation locale des matières premières agricoles, notamment le coton, la noix de cajou et les fèves de soja, dont l’exportation à l’état brut a été progressivement encadrée ou restreinte. L’implantation d’unités de transformation textile, d’huileries et d’usines agroalimentaires sur le territoire national vise ainsi à substituer la production locale aux produits finis importés. En clair, la diminution des volumes de biens de consommation importés, parallèlement à l’augmentation des exportations de produits dérivés de l’agriculture comme les tourteaux et les huiles végétales, traduit la modification de la structure des échanges commerciaux du pays. Ceci, par l’accroissement de la capacité de production industrielle interne.

J.G

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