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  •  Sport, culture, tourisme en Afrique : Les fusions & acquisitions comme leviers d’acceleration de croissance/ Trois chiffres pour commencer

     Sport, culture, tourisme en Afrique : Les fusions & acquisitions comme leviers d’acceleration de croissance/ Trois chiffres pour commencer

    71 % des chambres d’hôtel du pipeline africain sont aujourd’hui rattachées à cinq groupes mondiaux non-africains (Marriott, Hilton, Accor, Radisson, IHG), selon le rapport 2026 du African Hotel Chain Development Pipeline.

    2,2 milliards de dollars. C’est le montant payé en septembre 2025 par le groupe français Canal+ pour racheter MultiChoice, propriétaire de DStv et SuperSport, et avec lui, le contrôle des principaux droits de diffusion sportive du continent.

    0,38 %. C’est la part de l’Afrique subsaharienne dans le marché mondial de la musique enregistrée en 2025, selon le Global Music Report 2026 de l’IFPI : 120 millions de dollars sur un total mondial de 31,7 milliards. Pour un continent de 1,4 milliard d’habitants, dont les artistes comme Burna Boy, Tyla, Rema, Black Coffee, Davido ou Aya Nakamura sont devenus des marques globales écoutées partout dans le monde.

    Ces trois chiffres racontent la même histoire, dans trois secteurs différents. L’Afrique consomme. L’Afrique produit. L’Afrique anime. Mais l’Afrique ne capte qu’une fraction de la valeur qu’elle génère.

    Lisons ces chiffres correctement

    Elles ne disent pas que Marriott, Canal+ ou Spotify ont fait quelque chose de mal. Ces groupes ont construit, sur des décennies, des plateformes mondiales, des marques fortes, des systèmes de loyauté, des infrastructures techniques et des capitaux patients. Ils investissent en Afrique. Ils créent de l’emploi. Ils élèvent les standards de qualité. Le développement de l’hôtellerie ouest-africaine, par exemple, doit énormément à ces groupes : sans eux, beaucoup de villes africaines n’auraient pas l’offre hôtelière de standard international qu’elles ont aujourd’hui.

    Ces chiffres prouvent que dans nos trois secteurs prioritaires, ce sont les opérateurs internationaux qui détiennent les plateformes par lesquelles transite la valeur. Pas par malveillance. Par capacité. Parce qu’ils ont, depuis longtemps, joué le jeu de la consolidation, des rachats successifs, et de la construction de groupes intégrés. Pendant que nous gardions, nous, le réflexe de la PME indépendante, du label personnel, du tour-opérateur familial.

    La question est de savoir si nous, Africains, allons construire à notre tour des plateformes de cette taille. Et l’instrument qu’ils ont utilisé pour y arriver, l’instrument le plus rapide et le plus éprouvé du monde, porte un nom : les fusions et acquisitions.

    C’est l’objet de cet article.

    La conscience existe, mais elle reste timide

    L’Afrique a pris conscience que le sport, la culture et le tourisme sont de véritables industries. Mais notre prise de conscience reste timide, hésitante pendant que le reste du monde a déjà tranché et investit massivement.

    En 2024, le monde a battu un record : 410 opérations de rachats et de fusions dans le sport, soit 44 % de plus que l’année précédente.

    En 2025, la dynamique a continué : 19 % de hausse supplémentaire. Côté hôtellerie et tourisme, les transactions ont bondi de 83 % en valeur sur la seconde moitié de 2025. Blackstone a racheté Hamilton Island pour 1,2 milliard de dollars. MCR Hotel a racheté Soho House pour 2,7 milliards.

    L’Afrique, dans tous ces rapports, reste une note de bas de page. 1,4 milliard d’habitants, le continent le plus jeune du monde, la population la plus passionnée de football, le patrimoine culturel le plus riche de la planète. Et nous restons un paragraphe sur des « marchés de niche pour fonds à impact ».

    Ce n’est pas une fatalité mais plutôt une opportunité stratégique. Et les fusions & acquisitions, faites sérieusement, structurées localement et bien pilotées , peuvent le combler plus vite que n’importe quel autre outil à notre disposition.

    Une précision avant d’aller plus loin. Une fusion-acquisition, c’est simplement quand une entreprise en rachète une autre, ou quand deux entreprises se regroupent pour n’en former qu’une. Rien de magique. C’est l’un des moyens les plus rapides pour grandir, attirer des capitaux, et atteindre la taille qui permet de peser.

    L’argument tient en trois leviers : la M&A pour faire entrer du capital ; la M&A pour regrouper ce qui est dispersé ; la M&A pour bâtir des champions panafricains. Et un préalable que personne n’ose nommer, sur lequel je reviens à la fin.

    Premier levier : faire entrer du capital

    Nos secteurs ne manquent pas de demande mais d’argent structuré.

    La Banque mondiale prévoit que le tourisme subsaharien apportera 168 milliards de dollars et 18 millions d’emplois d’ici 2033. Les industries créatives, selon l’UNESCO, emploient déjà plus de jeunes Africains que les mines. Le football africain produit des audiences que le Real Madrid envierait.

    Et pourtant, quand un exploitant de stade au Ghana, un festival au Sénégal ou un voyagiste au Kenya a besoin de financer sa croissance, ses options se limitent à trois : 1- se débrouiller seul, 2- supplier un bailleur de fonds, 3- vendre à perte à un acheteur étranger.

    La M&A, bien comprise, n’est pas l’ennemie de la propriété africaine. C’est le mécanisme qui fait circuler l’argent, l’expertise et la taille, rapidement. La vraie question n’a jamais été si la M&A allait arriver dans nos secteurs. C’est qui va piloter les opérations, qui va capter la valeur, et qui va contrôler les plateformes après.

    Un exemple parlant : en juillet 2025, la SFI (Banque mondiale) et Proparco (filiale de l’AFD) ont mis 50 millions de dollars dans Helios Sports and Entertainment, un véhicule d’investissement dédié au sport et au divertissement en Afrique. En une seule opération, ils ont fait ce qu’aucun rapport politique n’avait réussi : ils ont prouvé qu’une plateforme sportive africaine valait quelque chose, et signalé au monde entier que le secteur est sérieux. Une opération a fait bouger le marché plus qu’une décennie de conférences.

    Autre exemple : le fonds Kasada, soutenu par des garanties de la Banque mondiale, a livré 2 900 chambres d’hôtel dans sept pays africains en trois ans (Cameroun, Sénégal, Côte d’Ivoire, Kenya, Namibie, Nigeria, Rwanda). 225 millions de dollars de garanties ont débloqué 450 millions d’investissements étrangers et créé environ 1 860 emplois. Sans cette logique de regroupement et de rachats successifs, ces hôtels n’existent simplement pas.

    La leçon est simple : L’argent ne va jamais vers des marchés petits, éclatés et informels, peu importe l’attractivité de la demande. L’argent va vers des plateformes et des systèmes structurés.

    Deuxième levier : regrouper ce qui est dispersé

    Entrez dans n’importe quelle capitale africaine et comptez les entreprises trop petites pour peser. Des voyagistes avec cinq véhicules. Des concessionnaires de stade gérant une seule enceinte. Des labels de musique qui signent un artiste à la fois. Des organisateurs de festivals qui courent après les sponsors chaque année. Des hôtels-boutiques de douze chambres.

    Chacun est un acte d’héroïsme entrepreneurial ; en revanche cet éclatement n’est pas un trait culturel pittoresque, c’est la raison pour laquelle nos secteurs ne peuvent pas négocier avec les grands acteurs mondiaux, attirer des capitaux sérieux, ou construire les outils qui transforment le chiffre d’affaires en bénéfices : Un hôtel de 50 chambres pourrait avoir du mal à s’offrir un logiciel sophistiqué de gestion des prix. Un promoteur d’un seul événement ne peut pas négocier avec Netflix. Une fédération nationale qui négocie ses droits TV seule obtient une fraction de ce qu’un bloc régional obtiendrait.

    C’est exactement le problème qu’avait le sport jeunesse aux États-Unis jusqu’en 2025, jusqu’à ce que les investisseurs « découvrent » ce secteur et déclenchent ce que la presse a appelé le thème M&A de l’année. Logiciels, événements, médias, infrastructures : tout a été regroupé en plateformes intégrées. Les valorisations ont explosé. Un secteur « fragmenté, passionné » est devenu investissable presque du jour au lendemain.

    Les parallèles avec l’Afrique sont gênants et évidents. Académies de football, festivals culturels, voyagistes boutiques, agences de talents, production d’événements, restauration en stade, médias sportifs : tous attendent une logique de regroupement qui respecte la propriété africaine tout en apportant la discipline opérationnelle.

    Le regroupement par M&A ferait trois choses en même temps. D’abord, il créerait des économies d’échelle : les systèmes partagés, les achats groupés, la technologie mutualisée qui transforment des marges de 8 % en marges de 22 %. Ensuite, il créerait un pouvoir de négociation face aux diffuseurs, sponsors et plateformes mondiales qui aujourd’hui pompent la valeur de notre éclatement. Enfin, il créerait des actifs assez grands pour que les fonds de pension et les fonds souverains puissent y investir sérieusement.

    En octobre 2025, Afrika Invest, un voyagiste centré sur l’Afrique subsaharienne, a été racheté par le fonds européen Egeria. Ce n’est pas une anomalie. C’est la première vague. La question est de savoir si la deuxième vague sera africaine ou étrangère. L’instrument est le même. La seule variable, c’est le passeport de l’acheteur.

    Troisième levier : bâtir des champions panafricains

    L’idée la plus dommageable de la politique économique africaine, c’est que nos marchés seraient trop petits pour des champions de classe mondiale. Faux. Ils sont trop éclatés, et c’est un problème complètement différent, avec une solution complètement différente.

    Le Nigeria, c’est 220 millions d’habitants. L’Égypte, 110 millions. L’Éthiopie, 130 millions. La CEDEAO dépasse la population de l’Union européenne. L’Afrique de l’Est, 300 millions de consommateurs qui grandissent de 5 % par an. La Zone de libre-échange continentale, en théorie, c’est 1,4 milliard.

    Ce qui nous manque, ce n’est pas la taille du marché mais des entreprises construites pour opérer dans plusieurs pays africains à la fois.

    C’est exactement ce que la M&A permet de faire. Des rachats croisés à l’intérieur de l’Afrique : un groupe média nigérian rachetant une maison de production kényane, un groupe hôtelier marocain entrant dans l’hôtellerie sénégalaise, un promoteur ivoirien prenant le contrôle d’une plateforme de festivals sud-africaine. Aucune stratégie de croissance organique ne fait ça à la même vitesse.

    La tech africaine l’a déjà prouvé : 66 acquisitions en 2025, en hausse de 69 %. Stitch a racheté ExiPay. Moove a racheté Kovi. Les opérations se font, elles ne se font simplement pas dans le sport, la culture et le tourisme.

    Et si on pensait intersectoriel ?

    Jusqu’ici, on a parlé de regroupements à l’intérieur d’un même secteur : hôtels avec hôtels, médias avec médias. Mais la vraie révolution viendra quand les entreprises africaines commenceront à se rapprocher entre secteurs. C’est là que se trouvent les chaînes de valeur les plus puissantes, parce qu’elles couvrent l’ensemble de l’expérience du client.

    Voici quatre exemples concrets de fusions intersectorielles qui auraient un impact immédiat sur le continent.

    Sport + tourisme : la chaîne « événement-séjour ». Imaginons un promoteur événementiel qui rachète, ou se rapproche d’une chaîne hôtelière régionale et d’un voyagiste. Du jour au lendemain, ce groupe vend non plus des billets de match, mais des séjours complets autour de l’événement : transport, hébergement, restauration, visite culturelle, billetterie. C’est exactement ce que la Formule 1 fait à Abou Dhabi, ce que la NFL fait pour le Super Bowl, ce que le rugby fait pour la Coupe du monde.

    Culture + tourisme : la chaîne « festival-destination ». Un grand festival musical africain, regroupé avec une plateforme de réservation hôtelière et un opérateur d’expériences locales, transforme un événement de trois jours en destination touristique annuelle. Coachella ne nous vend pas seulement de la musique, il vend la Californie. Tomorrowland ne vend pas un festival, il vend la Belgique. L’Afrique a déjà les festivals . Il nous manque des groupes intégrés qui transforment chaque édition en chaîne de revenus complète.

    Sport + média + données : la chaîne « contenu-audience-sponsor ». Un club ou une fédération qui se rapproche d’un producteur de contenu et d’une société d’analyse de données crée une plateforme média propriétaire. Plus besoin de céder les droits à un diffuseur étranger pour une fraction de leur valeur. Plus besoin de vendre des sponsorings à l’aveugle. Le groupe contrôle son audience, ses données, et négocie directement avec les marques. C’est ce que Real Madrid TV a construit. C’est ce que la NBA League Pass a construit. Aucun acteur africain ne le fait encore à l’échelle continentale.

    Culture + sport + éducation : la chaîne « talent-formation-marché ». Une académie sportive rachète ou s’associe à un label musical et à une école de production audiovisuelle. Pourquoi ? Parce que les jeunes Africains de 15 à 25 ans sont déjà, dans les faits, des consommateurs hybrides : ils écoutent de la musique pendant qu’ils s’entraînent, ils suivent leur joueur préféré sur TikTok, ils consomment du contenu sportif comme du contenu culturel. Le groupe qui détient les talents et les outils de production et la distribution capte une valeur que personne ne capte aujourd’hui. C’est le modèle que Roc Nation, fondé par Jay-Z, applique depuis dix ans aux États-Unis : une seule maison pour la musique, le sport et le contenu.

    Ce qui doit changer

    Préalable : les entrepreneurs africains doivent rester unis et briser les barrières inutiles. C’est la condition zéro. Aucune des étapes qui suivent n’arrive si nous continuons à nous regarder en concurrents là où nous devrions nous regarder en partenaires. Trop de chefs d’entreprise africains voient leur voisin de marché comme un rival à neutraliser, jamais comme un complément à rapprocher. Cette méfiance coûte plus cher à l’Afrique que tous les obstacles réglementaires réunis.

    La M&A n’est pas qu’une opération financière. C’est d’abord une opération humaine : deux fondateurs qui acceptent de s’asseoir à la même table, de poser leurs egos, et de regarder ce que leurs deux entreprises font mieux ensemble que séparément. Un hôtelier ivoirien et un hôtelier sénégalais ne sont pas en concurrence, leurs marchés sont distincts, leurs forces sont complémentaires, et leur union créerait une chaîne ouest-africaine que ni l’un ni l’autre ne peut bâtir seul. Un promoteur d’événements à Lagos et un promoteur à Nairobi ne se prennent rien : ils peuvent partager des sponsors continentaux que ni l’un ni l’autre n’attire seul.

    Il faut donc faire trois choses, dans l’ordre, avant tout le reste : identifier nos complémentarités (qui apporte quoi que l’autre n’a pas), arrêter de voir des frontières là où il n’y a que des marchés voisins et construire la confiance par des collaborations légères avant les rapprochements lourds. Co-produire un événement ensemble avant de fusionner. Partager un sponsor avant de partager un capital. Les rachats ne réussissent jamais entre des gens qui ne se font pas confiance, et la confiance ne tombe pas du ciel, elle se construit par des petits engagements tenus.

    Tant que ce préalable n’est pas posé, le reste n’est que théorie.

    Premièrement, l’argent africain doit bouger. Les bailleurs (SFI, Proparco, MIGA, AFD) font du bon travail, mais ils ne suffiront pas. Il faut que les fonds de pension africains, les fonds souverains, les grandes familles et les grandes entreprises se mettent à investir dans des opérations sport-culture-tourisme. L’argent existe. Il dort dans des bons du Trésor.

    Deuxièmement, les conseillers doivent suivre. les cabinets et agence de consulting doivent travailler sur des dossiers africains. Avocats, banquiers d’affaires, auditeurs, intégrateurs : cet écosystème existe à Lagos, Nairobi, Casablanca, Le Caire, Abidjan, Johannesburg. Il n’a juste pas encore basculé vers ces secteurs.

    Troisièmement, les fondateurs doivent se préparer. La plupart des entrepreneurs africains du sport, de la culture et du tourisme n’ont pas de comptes audités, ni de gouvernance solide, ni les documents qu’un acheteur sérieux va exiger. Ça se règle en 12 à 24 mois si on s’y met. Ça ne se règle pas en 24 heures quand un vrai acheteur frappe à la porte. Le travail commence maintenant.

    La fenêtre

    Le marché mondial des M&A entre dans 2026 avec des capitaux disciplinés qui cherchent des actifs de qualité dans des secteurs résilients et démographiquement porteurs. L’Afrique est l’une des thèses long terme les plus attractives qui existent, et elle reste largement ignorée.

    C’est notre fenêtre. Les 36 prochains mois diront si l’Afrique bâtit ses propres champions panafricains dans le sport, la culture et le tourisme, ou si elle regarde les autres les construire, puis nous les revendre.

    La M&A n’est pas le seul outil. Mais c’est le plus rapide. Et le compteur tourne déjà

    Sources

    Poids des grands groupes mondiaux dans nos secteurs

    W Hospitality Group / Africa Hospitality Investment Forum, African Hotel Chain Development Pipeline 2026 : les 5 grands groupes mondiaux (Marriott, Hilton, Accor, Radisson, IHG) concentrent 66 % des hôtels et 71 % des chambres du pipeline africain.

    AltexSoft, Top Hotel Groups, Chains, and Brands 2025-2026 : données revenus 2025 d’Accor (~5,6 Mds €) et Marriott (~25 Mds $). altexsoft.com

    Financial Mail (Business Day), Sport’s other set of rapidly changing rules (février 2026) : rachat de MultiChoice par Canal+ pour 2,2 Mds $. financialmail.businessday.co.za

    AllAfrica / CAF, Canal+ & Supersport Bring CAF TotalEnergies AFCON Morocco 2025 in Style (novembre 2025) : couverture de la CAN par Canal+ et SuperSport.

    IFPI, Global Music Report 2026 (publié le 18 mars 2026) : marché mondial de la musique enregistrée à 31,7 Mds $ en 2025 ; Afrique subsaharienne à 120 M$ (soit ~0,38 % du marché mondial) ; +15,2 % de croissance YoY pour l’Afrique subsaharienne, Afrique du Sud représentant 78,1 % du marché régional. ifpi.org

    Music In Africa, Sub-Saharan Africa music revenues rise 15% to $120M – IFPI (mars 2026) : reprise et analyse régionale du rapport IFPI. musicinafrica.net

    Données globales sur la M&A dans le sport

    Oaklins, Breaking records in sports (mars 2025) : 410 transactions sportives en 2024, +44 % vs 2023. oaklins.com

    Consultancy.eu, Sports M&A continues growth path (février 2026) : +19 % en 2025 ; 61 % du flux porté par les acquéreurs stratégiques et le PE. consultancy.eu

    Deloitte, 2025 Sports Investment Outlook (mars 2025). deloitte.com

    Sportico, Youth Sports Was 2025’s Breakout M&A Theme (décembre 2025). sportico.com

    Données sur la M&A dans l’hôtellerie, le tourisme et les loisirs

    KPMG, M&A Trends in Travel, Leisure and Hospitality – H2 2025 (février 2026) : valeur des transactions +83 % en glissement annuel ; opérations Blackstone/Hamilton Island, KSL/Tortuga/Playa, MCR/Soho House. kpmg.com

    Afrique : sport, capital et infrastructure

    IFC (Banque mondiale) et Proparco (Groupe AFD), Boosting Job Creation in Africa’s Sports Sector (juillet 2025) : 50 M$ d’investissement dans Helios Sports and Entertainment. ifc.org

    MIGA / Banque mondiale, Transforming Hospitality in Africa (avril 2025) : fonds Kasada, 2 900 chambres dans 7 pays africains. miga.org

    Afrique : tech, M&A et cadre réglementaire

    TechCabal Insights, via MEXC News, 60 major M&A deals in Africa’s tech ecosystem in 2025 : 66 acquisitions tech en 2025 (+69 %).

    Dentons, East African Community Competition Authority to receive M&A notifications effective 1st November 2025 (septembre 2025). dentons.com

    Consultancy.africa, Mergers & Acquisitions news in Africa : Afrika Invest racheté par Egeria (octobre 2025). consultancy.africa

    Données macroéconomiques et sectorielles

    Banque mondiale / MIGA : projections tourisme subsaharien : 168 Mds $ et 18 millions d’emplois d’ici 2033.

    UNESCO : données sur l’emploi dans les industries créatives africaines.

    Article rédigé en mai 2026. Toutes les données sont arrêtées aux dernières publications disponibles à cette date.

    Hervé Dassoundo

  • Célébration de l’art plastique: 4 géants de la création artistique s’activent et se donnent la main

    L’effet de la grande surprise pointe à l’horizon dans l’univers de l’art plastique au Bénin. Du 13 juin au 28 juin les artistes : Hector Sonon , Benjamin Déguénon,  Remy Samuz et Marius Dansou ouvrent les portes de leurs ateliers respectifs pour partager un moment de découvertes et d’échanges.

    L’initiative est dénommée   »Art Bitraire » 2026. Il s’agit d’un projet qui rassemble quatre gigantesques cerveaux de la création picturale du Bénin. La vision derrière le concept est de permettre au public de découvrir les couloirs de la création pittoresque de chacun d’entre eux. Une manière de favoriser un beau voyage soutenu par une admiration profonde  du processus de conception et de réalisation des œuvre visuelles (peinture, dessin, collage) dont ils sont les auteurs. Un véritable tremplin pour faire voire au public le choix de leur  support, d’outils et de médiums qui leur permettent de  transformer leur idée, leur émotion ou une observation en une composition artistique unique. Un rendez vous d’exception à ne pas rater.

    Teddy G.

  • Changement de main à la tête du ministère de la culture: Yassine Latoundji prend les rênes du Mcap

    Changement de main à la tête du ministère de la culture: Yassine Latoundji prend les rênes du Mcap

    Le nouveau Ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Monsieur Yassine LATOUNDJI, a officiellement pris fonction ce mardi 26 mai 2026 à la Cité ministérielle à Cotonou. Cela, à la faveur de la cérémonie de passation de charges avec Shadiya Alimatou ASSOUMA, Ministre intérimaire du tourisme, de la culture et des arts. Cette cérémonie, tenue en présence des cadres des deux Ministères intervient après la formation du nouveau gouvernement du Président Romuald WADAGNI, et qui consacre la création du nouveau Ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine, désormais distinct du département en charge du tourisme.

    Dans son intervention, la Ministre intérimaire a salué les progrès enregistrés ces dernières années dans le secteur culturel, notamment la valorisation du patrimoine, les projets muséaux, les réformes structurelles ainsi que le rayonnement international croissant du Bénin culturel. Elle a également présenté quelques défis à relever sur le plan des réformes institutionnelles, des projets muséaux et patrimoniaux et celui de la structuration et la professionnalisation des métiers et filières du secteur.

     Une vision guidée par trois grandes fidélités

    Prenant la parole à son tour, le Ministre Yassine LATOUNDJI a livré un discours empreint de détermination et d’engagement. « Je ne viens pas ici pour faire un discours, je viens prendre un engagement », a-t-il déclaré d’entrée, avant d’affirmer sa volonté de faire de la culture « un pilier du Bénin nouveau » voulu par le Chef de l’État.

    Après avoir remercié le Chef de l’État pour lui avoir confié ce département, il a rendu hommage à ses prédécesseurs, notamment à l’ancien Ministre Babalola Jean-Michel ABIMBOLA pour les avancées enregistrées sous le régime précédent. Le nouveau patron en charge du patrimoine a insisté sur la nécessité de transformer les richesses culturelles du pays en véritable levier économique. « Une culture qui rayonne sans enrichir ceux qui la portent n’est qu’une vitrine », a-t-il soutenu.

    Le Ministre LATOUNDJI a également dévoilé les trois grandes fidélités qui guideront son action à la tête du département ministériel. D’abord, une fidélité à l’identité béninoise à travers la promotion des langues, des rites, du Vodun et des patrimoines royaux du pays. Ensuite, une fidélité aux créateurs et artistes béninois afin de structurer les filières culturelles, améliorer la protection des droits d’auteur et favoriser l’accès aux financements et à la formation. Enfin, une fidélité au patrimoine culturel qu’il considère comme une mémoire vivante, une richesse économique et une promesse pour demain.

    Pour la jeunesse à laquelle il reste très attaché, le Ministre Yassine LATOUNDJI promet de faire des industries culturelles et créatives un moteur de création d’emplois et d’opportunités. « Notre jeunesse n’attend pas un avenir, elle est déjà en train de le créer », a-t-il affirmé, avant de plaider pour davantage de moyens en faveur des jeunes talents. Pour lui, le rayonnement du patrimoine culturel béninois n’est pas un objectif diplomatique, mais un moteur économique. « L’ambition que je porte pour la culture béninoise est exigeante », a-t-il conclu, inscrivant ainsi son mandat dans une dynamique d’action, de résultats et de transformation durable du paysage culturel béninois.

    TG

  • Festival des livres de Parakou: Une première édition prometteuse placée sous le signe du « vivre ensemble »

    Festival des livres de Parakou: Une première édition prometteuse placée sous le signe du « vivre ensemble »

    L’amphithéâtre B de l’Université de Parakou (Up) a vibré, ce jeudi 28 mai 2026, lors de la cérémonie d’ouverture de la première édition du Festival des Livres de Parakou (FeLiPa). Organisé par l’association Horizons Cultures sous le parrainage de Djibril Cissé Mama Moussa, cet événement culturel de trois jours s’articule autour du thème « Le livre comme ciment du vivre ensemble ». Il a réuni autorités universitaires et administratives, auteurs, apprenants, étudiants et acteurs culturels venus célébrer ensemble le livre sous toutes ses formes.

    Un rêve longtemps porté, enfin concrétisé. Dans son discours d’ouverture, le Directeur Général du FeLiPa n’a pas caché son émotion. Pour lui, le FeLiPa représente « l’aboutissement d’un rêve longtemps porté, longtemps différé ». Il a rappelé que, pendant plusieurs années, des femmes et des hommes ont nourri l’ambition de doter Parakou d’un cadre fédérateur autour du livre et de la création littéraire. « Une société qui lit est une société qui réfléchit, qui dialogue et qui construit », a-t-il affirmé, justifiant ainsi le thème retenu pour cette édition inaugurale. Soulignant la portée humaine et sociale de l’initiative, il a déclaré : « Dans un monde traversé par les replis identitaires et la défiance de l’autre, nous avons choisi de placer le livre au cœur du rapprochement humain. » Avant de conclure ses propos, il a adressé de vifs remerciements au parrain, aux partenaires institutionnels, aux autorités universitaires ainsi qu’à toute l’équipe d’Horizons Cultures qui a œuvré dans l’ombre pendant des mois.

    Le Secrétaire Général du préfet, Sanni Bio Baye, représentant le parrain de l’événement, a pour sa part replacé le festival dans la dynamique nationale de valorisation culturelle. Il a rappelé que les industries culturelles et créatives, le livre, le cinéma, la musique, les arts « sont devenus les piliers du développement économique » et que le programme d’action du chef de l’État a inscrit la culture au cœur de la stratégie nationale de développement. Plus loin, il a salué le choix de Parakou pour accueillir cet événement, soulignant que la métropole du Nord s’inscrit ainsi sur la carte culturelle nationale. Évoquant le pouvoir transformateur du livre, il a rappelé l’émotion mondiale suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, une émotion que la littérature avait, selon lui, largement façonnée. Il a également tiré la sonnette d’alarme sur les faibles taux de compétence en lecture observés chez les élèves de la sous-région, appelant à faire de la lecture « un plaisir avant d’en faire une obligation ». Il a enfin assuré les organisateurs de l’accompagnement institutionnel de l’État pour la pérennisation du festival.

    De son côté, le recteur de l’Up, le professeur Bertrand Sogbossi Bocco, a rappelé la vocation naturelle de l’université à porter ce type d’initiative : « L’université est par nature un espace de pensée critique, de dialogue, de rencontre et de culture. Le livre en est le premier outil, le plus ancien et le plus irremplaçable. » Aussi, il a souligné les lacunes profondes en compréhension de l’écrit que traînent de nombreux élèves dès leur entrée au collège, des lacunes qui, selon lui, « s’accumulent, se creusent et finissent par compromettre l’ensemble du parcours universitaire ». En ce sens, il a salué le fait que le FeLiPa s’adresse aussi aux collégiens et lycéens, touchant ainsi le mal à sa racine. S’adressant directement aux auteurs présents, il a déclaré : « Votre rôle est immense. Chaque ligne est une fenêtre que vous ouvrez sur le monde. Ce festival est un acte de résistance et d’espérance. »

    Par ailleurs, plusieurs autres personnalités ont pris la parole, apportant chacune un éclairage complémentaire. L’ancien recteur de l’Up, le professeur Akpona, a lancé un appel direct aux participants : se détacher de leurs téléphones pour mieux s’accrocher aux livres, car, selon lui, « le livre nourrit l’esprit ». Le Deuxième Adjoint au Maire de Parakou, Moustapha Orou Gankou, représentant le maire, a quant à lui réaffirmé l’engagement de la municipalité à soutenir le festival sur la durée, encourageant les apprenants à lire et à cultiver leur curiosité intellectuelle.

    Au-delà de tout, le FeLiPa propose un programme dense et varié : cafés littéraires, ateliers d’écriture en langues locales, tables rondes, expositions, spectacles poétiques et distinctions pour les acteurs culturels. Plus de cent auteurs et acteurs culturels sont mobilisés pour cette édition inaugurale.

    Kouassi Oswald SIDOL (Stg)

  •  Cep 2026: L’Espace Culturel Le Centre outille les candidats

     Cep 2026: L’Espace Culturel Le Centre outille les candidats

    Depuis avril, les jeunes enfants participant à l’activité « Des livres en partage » de L’Espace Culturel Le Centre, et candidats à l’examen du Certificat d’étude primaire (Cep) suivent un cours de renforcement pédagogique. Dimanche 24 mai, c’était l’avant dernière séance.

    Ils sont une cinquantaine de candidats, venus de différentes écoles, à suivre un programme de renforcement pédagogique. Ce sont les enfants qui sont suivis par L’Espace Culturel Le Centre depuis la classe Ce2 et qui participent à l’activité « Des livres en partage ». Ils sont aujourd’hui en classe de Cm2, donc candidats au Cep 2026 qui démarre, lundi 1er juin prochain.

    Aux dires du Directeur de L’Espace Culturel Le Centre, Berthold Hinkati, toutes les matières sont enseignées aux candidats, à part le dessin puisqu’ils participent chaque mercredi à des ateliers d’art. L’objectif que vise L’Espace Culturel Le Centre, selon Berthold Hinkati, c’est de renforcer les acquis fondamentaux des candidats au Cep, leur fournir les outils méthodologiques nécessaires pour aborder leurs examens avec confiance et sérénité, à travers un encadrement rigoureux et régulier. À travers ce programme, l’Espace Culturel Le Centre réaffirme son engagement en faveur de l’éducation et de l’épanouissement intellectuel des enfants de Lobozounkpa et environs.

    Enseignant à l’Ecole primaire publique de Lobozounkpa/B, Brice Amour Dèdèwanou a enseigné aux candidats, la confiance en soi, la sérénité devant les épreuves. « Ces séances viennent renforcer leur capacité en termes de comment se comporter face à une épreuve, comment pousser leur réflexion face à une épreuve, puisqu’il manque ces petits détails à nos apprenants » a-t-il laissé entendre.

    A ses dires, une petite tournure de phrase non maitrisée peut entrainer le candidat dans le décor. « Je leur enseigne qu’il faut de la conscience, de la concentration face à une épreuve, de la présence d’esprit, quelle que soit l’épreuve, même si c’est la mathématique. Le candidat peut beau maîtriser ses formules et autres, mais une tournure de phrase, simplement, peut l’amener à passer à côté » a expliqué l’instituteur Brice Amour Dèdèwanou. Parmi ses stratégies, l’enseignant affirme qu’il leur rappelle sans cesse les aptitudes comme la présence d’esprit, la concentration, une bonne lecture, vivre l’épreuve. Ce qui, à ses dires, permet aux candidats de comprendre les tournures de phrases qui pourraient les entraîner peut-être à l’hors sujet.

    Des enfants se prononcent

    Gnanmesso Marie-Grâce, Epp Sèdégbé

    « Le maître Il nous a appris des choses sur le tableau de proportionnalité. Ce que j’ai appris ici va m’aider à réussir l’examen ».

    Nurath Salako, Epp Christ le Rédempteur

    « L’étude qu’on fait ici me sert à bien réfléchir. La fois dernière, en examen blanc, j’ai vu une épreuve qu’on avait déjà traitée ici. Donc, ça m’a beaucoup aidée. Je promets à L’Espace Culturel Le Centre de réussir »

    Bertrand HOUANHO

  • Tourisme au Bénin: L’AFD finance la renaissance du musée des rois et des Amazones à Abomey

    Tourisme au Bénin: L’AFD finance la renaissance du musée des rois et des Amazones à Abomey

    ‎Le site des palais royaux d’Abomey entre dans une nouvelle phase de valorisation avec un appui financier de 35 millions d’euros de l’Agence française de développement (AFD). Ce projet doit renforcer l’attractivité touristique du Bénin et faire du patrimoine historique un moteur de croissance.

    Le chantier vise d’abord à protéger un héritage exceptionnel. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985, le site d’Abomey couvre 47 hectares et demeure l’un des symboles majeurs du royaume du Danxomè. Grâce au projet « Musée d’Abomey : promouvoir le patrimoine historique et culturel au Bénin » (MuARD), les palais royaux seront réhabilités, tandis qu’un nouveau musée accueillera les 26 trésors royaux du Bénin restitués par la France en 2021.

    ‎‎Mis en œuvre par l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (ANPT), avec l’appui d’Expertise France, le programme entend aussi former des artisans capables d’entretenir l’architecture traditionnelle en terre. Il prévoit également le renforcement des capacités des acteurs du patrimoine, afin de mieux conserver, documenter et valoriser les collections. Les retombées attendues concernent aussi les familles et les jeunes de la région.

    ‎‎Pour l’AFD, l’enjeu dépasse la seule restauration des bâtiments. L’institution accompagne déjà plusieurs projets phares dans le secteur touristique béninois, notamment la remise en valeur des palais royaux d’Abomey, la création du MuARD et la structuration d’un écosystème capable de dynamiser l’artisanat, l’emploi et les retombées économiques locales. Cette stratégie s’inscrit dans la vision du Bénin de faire du tourisme un révélateur de son identité sur la scène mondiale.

    ‎‎Au-delà des pierres, c’est donc une mémoire nationale qui se reconstruit, avec l’ambition de transformer Abomey en vitrine durable du Bénin.

    Ezéchiel Dagbégnon PADONOU

  • Concours National   »Dis Moi Dix Mots »: L’épilogue soldé par la remise de prix

    Concours National   »Dis Moi Dix Mots »: L’épilogue soldé par la remise de prix

    Il s’est déroulé dans la matinée de ce vendredi 22 mai 2026 au CEG Sainte Rita de Cotonou, la cérémonie officielle de remise de prix aux lauréats du concours national «Dis-moi dix mots». Sous la direction de Roger Koudoadinou, Président de l’APFB et de Soria Dworjack, Attachée de coopération pour le français à l’Ambassade de France près le Bénin et en présence du censeur du CEG Sainte Rita, représentant la Directrice empêchée, des membres du jury, des conseillers pédagogiques Julien Ahossi et Noël Chadaré, de plusieurs présidents de sections de l’APFB, des lauréats et de leurs encadreurs et de quelques parents d’élèves.

    Le concours «Dis-moi dix mots d’un monde à venir» est une compétition qui permet de révéler dans les établissements scolaires du Bénin les talents littéraires et artistiques des talents. Pour cette édition 2026, c’est le potentiel créatif en bande dessinée des apprenants qui a été visé. De février à mai 2026, une centaine d’élèves ont eu, à travers leurs créations, l’opportunité d’exprimer leur talent de dessinateur autour de dix mots soigneusement sélectionnés, en imaginant le monde de demain à travers la richesse de la langue française.

    Le Président de l’APFB, Docteur Roger Koudoadinou, après avoir remercié les partenaires, notamment l’Institution français du Bénin et la Commission nationale permanente de la francophonie, a rappelé le thème de cette édition du concours, la qualité et la profondeur des œuvres proposées par les lauréats en ces mots captivants : «Mesdames et messieurs “Un monde à venir”, tel était le thème audacieux proposé à nos jeunes cette année. Un thème qui invite au rêve, à l’imagination, à de l’anticipation. Un thème qui nous projette vers demain tout en nous encrant dans les réalités d’aujourd’hui. Et quelle réponse magnifique que nos apprenants nous ont donnée ! A travers leur planche de bande dessinée, ils ont fait preuve d’une créativité remarquable, d’une maîtrise impressionnante de la langue française et d’une conscience aiguë des enjeux de notre temps».

    Soria Dworjack, Attachée de coopération pour le français quant à elle, dans son adresse, est revenue sur le sens et la pertinence de cette compétition littéraire et artistique scolaire. «Ce concours, ce n’est pas seulement une compétition autour de la langue française, c’est avant tout une invitation à créer, à imaginer, à jouer avec les mots et à leur donner vie. L’Association des Professeurs de Français du Bénin (APFB) s’en est emparé. Et pour cause, chaque année, un défi littéraire ambitieux en lien avec l’actualité littéraire et artistique du Bénin, cette année, une bande dessinée. Comme toujours, les participants ont fait preuve d’une remarquable créativité, d’une grande sensibilité et d’un véritable amour de la langue», a-t-elle déclaré.

    Ils sont 10, venus de plusieurs départements du Bénin, dont le talent et le mérite ont été reconnus et primés pour cette édition du concours «Dis-moi dix mots». Voici leurs noms par ordre de mérite et leurs établissements de provenance.

    1- Cakpo Bessan (CC St Pierre Claver – Lokossa/Mono), 2- Fassinou Amour (CEG 1 Adjohoun – Ouémé), 3- Atinmagbo Béni (Parakou/Borgou Sud), 4- Edah Carlos (CPEG Julien Quenum/Lokossa/Mono), 5- Kedowidé Jude (ESMA – Sos Calavi/Atlantique Sud), 6- Adimi Obafemi (CEG Kandi/Alibori), 7- Fassinou Serge (CEG Sehouè/Atlantique Nord), 8- Bassah Gracias (CEG 1 Pobè/Plateau), 9- Kassim Yédida (CP St Augustin de Natitingou/Atacora), 10- Tossou Blessing (CEG 1 Pobè/Plateau)

    Ganiou A. (Coll.)

  • Jeunesse et mode: Faut-il beaucoup dépenser pour bien s’habiller ?

    Jeunesse et mode: Faut-il beaucoup dépenser pour bien s’habiller ?

    Une course effrénée aux tendances se tient au sein de la couche juvénile béninoise. Si pour certains la mode n’a pas de signification particulière, d’autres sont prêts à sacrifier leurs économies pour se conformer aux tendances du moment. Une situation qui mérite d’être examinée de plus près.

    Qu’il s’agisse de vêtements, de coiffure, de manucure ou d’accessoires, chacun veut s’affirmer et être à la pointe de la mode. L’émergence des réseaux sociaux et l’influence des célébrités donnent parfois l’impression qu’il faut constamment renouveler sa garde robe pour vivre avec son temps. Dès lors, on commence à dépenser sans compter, on ne surveille plus ses achats. Il suffit d’un tour dans un magasin pour se laisser tenter par les blue-jeans impeccables et les baskets aux couleurs attrayantes.

     L’habillement, un langage corporel

    Une telle flexibilité est majoritairement due à l’importance qu’accordent les jeunes à la mode. Celle-ci représente le reflet de la personnalité de l’individu. Elle est un langage social et permet de capter l’attention sur soi. Pour Harmony Bio-Etienne, étudiante en première année de journalisme, : << la mode c’est une façon ou un moyen d’exprimer sa personnalité et ses humeurs. C’est comme une première impression visuelle >>. Charline Nguerefara, étudiante en économie, la définit comme << l’identité, la personnalité et le caractère >>. Il semble donc évident que la mode implique de lourds sacrifices. Cependant, autour de la question de savoir s’il faut dépenser beaucoup d’argent pour s’habiller, les avis divergent. Pour Harmony Bio-Etienne, être à la mode ne rime pas forcément avec dépenses exorbitantes. << On peut bien s’habiller sans forcément beaucoup dépenser >>, affirme-t-elle. Elle fustige ainsi l’idée selon laquelle la mode est l’apanage des plus nantis. D’autres, par contre, pensent que le style mérite des investissements de taille. C’est le cas de Jovite Francegbe, jeune créateur de contenus qui accorde une part de choix à son apparence. Il avoue dépenser environ trente mille mensuellement, chaussures et accessoires inclus. Il rejoint ainsi Charline Nguerefara qui affirme : << Si je veux m’habiller ou devrais-je dire être à la mode pour sortir et surtout dans notre milieu actuel, je dirais vingt-cinq mille ou trente mille >> .

    La mode, un sous-secteur budgétivore

    Toutefois, la recherche de soi a souvent des répercussions sur l’économie de l’acheteur. << C’est vrai que ça affecte parce que l’argent peut faire quelque chose de sérieux mais on se dit qu’il faut bien s’habiller pour faire croire qu’on est bien, qu’on a de l’argent >>, reconnaît Jovite Francegbe. Si s’offrir ce dont on a envie est insignifiant pour les plus huppés, il s’agit d’une véritable contrainte pour ceux qui vivent avec de modestes moyens. Plusieurs étudiants se sont retrouvés sans le sou à la fin du mois pour avoir eu les yeux plus gros que le ventre. Effectuer chaque mois des dépenses exorbitantes empêche d’investir et de réaliser de grands projets.

    Faire la politique de ses moyens

    Afin d’éviter la ruine, l’idéal serait de surveiller ses achats. Il faut effectuer ses dépenses en fonction de ce que l’on gagne. On peut se tourner vers des articles de seconde main, des vêtements et accessoires durables… Il revient à chacun de s’organiser selon son budget : << j’évite d’acheter pour une seule soirée. Je mise sur des vêtements que je peux réutiliser >>, explique Harmony Bio-Etienne. Si notre capacité financière nous le permet, on peut s’offrir des tenues de luxe. Dans le cas contraire, se contenter de ses ressources demeure la meilleure option car à en croire le philosophe Alexander Pope, << L’homme sage ne porte pas sa dépense au-delà de son revenu >> (Maximes et réflexions morales, 1739)

     La perception de la mode est une notion purement subjective. Les dépenses à effectuer dans le « vêtir » varient en fonction du pouvoir financier et des priorités de chaque jeune. Une utilisation judicieuse de son argent s’impose en vue d’une économie stable.

    Immaculée ASSOGBA  (Stag)

  • Chronique connexions numéro 002: « La culture béninoise confinée entre Cotonou, Ouidah, Porto-Novo et Abomey : l’urgence d’une diversification territoriale »

    Chronique connexions numéro 002: « La culture béninoise confinée entre Cotonou, Ouidah, Porto-Novo et Abomey : l’urgence d’une diversification territoriale »

    Sous la gouvernance du Président Patrice TALON, le Bénin connaît une effervescence culturelle et touristique. Monuments, musées, festivals, expositions, arènes etc. Les initiatives se multiplient et affichent la volonté politique d’un pays qui investit massivement dans la valorisation de son patrimoine culturel. Mais un constat s’impose : ces initiatives se mettent en œuvre presque exclusivement sur une bande côtière qui englobe Cotonou, Ouidah, Porto-Novo et, dans une moindre mesure, Abomey.

    Il est vrai que la zone côtière bénéficie d’une meilleure accessibilité, notamment pour les visiteurs étrangers. Mais le développement culturel, pour être durable et véritablement représentatif, ne peut se limiter aux grandes villes, il doit puiser sa force dans la diversité territoriale et communautaire car ces villes ont englouti déjà le dispositif administratif et institutionnel. Cette centralisation des investissements ne permet pas une valorisation équitable du patrimoine culturel national. Les villes ne peuvent, à elles seules, incarner l’identité culturelle béninoise dans toute sa richesse. En délaissant les régions de l’intérieur, le Bénin prend le risque de construire un modèle culturel, artistique et touristique déséquilibré, détaché des réalités communautaires qui forgent pourtant son identité. Les grandes villes offrent certes une mosaïque culturelle où toutes les ethnies du pays semblent être représentées. Mais ce n’est pas là que réside l’âme profonde du Bénin car au fil des années, l’urbanisation a effacé bon nombre de repères patrimoniaux. À l’inverse, les zones rurales conservent encore aujourd’hui des traditions vivantes, des récits de résistance et un patrimoine immatériel précieux. Elles doivent être placées au cœur des politiques culturelles.

    D’autant plus que le gouvernement a fait du tourisme mémoriel l’un des piliers de sa stratégie culturelle. Une orientation qui appelle logiquement à un essaimage du territoire national. Des cités comme Savalou, Djougou, Dassa-Zoumè, Tchaourou, Savè, Kétou ou encore Djakotomey portent encore les stigmates de la traite transatlantique et les traces des résistances historiques. Pourtant, elles restent absentes des grands projets culturels actuels. Si le Bénin veut véritablement bâtir une politique culturelle inclusive, fidèle à son glorieux passé historique, il faut un élargissement de la carte culturelle au-delà des capitales institutionnelles. Car c’est dans la valorisation des territoires que le pays trouvera les clés d’un véritable rayonnement culturel. Chaque mot est un fil conducteur. Restons connectés.

    Dr TCHAOU Djidéwou Paterne

  • Vernissage à l’Espace Culturel Le Centre: Midegbeyan Ojisua et Leonel Zadji dans « Murmures des traditions »

    Vernissage à l’Espace Culturel Le Centre: Midegbeyan Ojisua et Leonel Zadji dans « Murmures des traditions »

    « Whispers of traditions » ou « Murmures des traditions », c’est le titre de l’exposition collective des artistes Midegbeyan Ojisua du Nigéria et Leonel Zadji du Bénin à l’Espace Culturel Le Centre. Le vernissage a eu lieu, vendredi 15 mai 2026, en présence d’autorités, amoureux de l’art et usagers de l’Espace Culturel Le Centre.

    Après 6 semaines de résidence de créations à l’Espace Culturel Le Centre, les artistes nigérian Midegbeyan Ojisua et béninois Leonel Zadji exposent leurs œuvres au public. « Whispers of traditions » ou « Murmures des traditions » est le titre de cette exposition collective à visiter à l’Espace Culturel Le Centre jusqu’au 30 août 2026.

    Artiste peintre nigérian, Midegbeyan Ojisua fait une peinture figurative avec des regards frontaux ou silencieux en filigrane. Ses portraits interrogent le corps, archive vivante porteur d’histoires et d’émotions. Dans « Whispers of traditions », Midegbeyan Ojisua aborde, les aspects négligés de la culture, entre autres, les scarifications et les rites. Il a exposé cinq œuvres, compte tenu du délai court, par rapport à son rythme de création. « Mes pièces parlent beaucoup plus de l’impact émotionnel que la négligence de certains aspects de la culture a sur nous en tant qu’Africains, l’impact émotionnel de voir une partie de notre culture disparaître. Et à travers ces pièces, je voudrais que toutes les personnes qui viennent visiter puissent se rendre compte de cette disparition-là et essayer de réintégrer cette partie-là de la culture dans leur quotidien » a laissé entendre Midegbeyan Ojisua. A ses dires, tout aujourd’hui est plus tourné vers le tourisme, alors que la culture doit être plus que ça.

    Son binôme, le béninois Leonel Zadji fait de la peinture sous-verre, mêlant symboles, chiffres et fragments recyclés pour explorer les scarifications comme langage artistique, marqueur identitaire et spirituel, menacées de disparition. Pour cette exposition, Leonel Zadji a à son actif une dizaine d’œuvres, toutes portées sur la scarification. « Par une technique miroir, c’est-à-dire je fais de la peinture sur verre, mettre la peinture sur le verre, tourner et avoir le résultat, j’ai essayé d’explorer les différentes scarifications qu’on peut retrouver dans la sous-région. J’ai essayé de voir ce que je vois au quotidien. Les scarifiés, comment ils se comprennent. Combien de scarifiés on voit encore dans la ville de Cotonou… » a laissé entendre Leonel Zadji.

    Directeur de l’Espace Culturel Le Centre, Berthold Hinkati voit en cette collaboration entre un artiste nigérian et un béninois la magie de l’art. « Avec l’art, on arrive à faire de la magie. Nous avons pu combiner deux artistes qui viennent d’horizons divers. Un Nigérian qui n’arrive pas à parler français. Un Béninois qui ne s’exprime pas du tout en anglais. C’est pour montrer que l’art peut gommer les barrières linguistiques. On n’a pas besoin de comprendre une langue pour créer dans un pays donné » a-t-il expliqué.

    Deux techniques innovantes…

    Pour Yassine Agnikè Lassissi, Directrice des Arts Visuels à l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC), la problématique de la scarification est fortement partagée par le Nigéria et le Bénin. « Ce sont deux pays, deux cultures, et c’est heureux de montrer à quel point à travers l’art on peut aborder notre culture, notre patrimoine, notre art, la valoriser, la faire voir au monde, et faire voir surtout un pan de notre culture au monde ». Au sujet des artistes, Yassine Agnikè Lassissi trouve la technique de Leonel Zadji innovante. « Ce que nous conseillons aux artistes émergents, c’est de trouver leur voie, c’est d’aborder une singularité dans leur travail, que ce ne soit pas la copie des aînés. Il faut qu’ils puissent nous proposer une vision nouvelle, un regard nouveau sur la création artistique contemporaine, et c’est ce que nous propose Leonel Zadji » a-t-elle laissé entendre. Pour le nigérian Midegbeyan Ojisua, Yassine Agnikè Lassissi trouve sa peinture sur toile avec une approche assez singulière. A ses dires, bien que les deux artistes abordent une thématique commune, qui est la scarification, ils ont chacun une approche particulière pour l’aborder.

    Bertrand HOUANHO