C’est selon les usagers, l’un des péages les plus chers du Bénin et le plus contourné. Sur la Route Nationale Inter-État 1, à Houègbo, dans la commune de Toffo, le passage est devenu un casse-tête pour les usagers.
Avec l’automatisation et la nouvelle grille tarifaire mise en place par la SIRAT, le coût du ticket fait grincer des dents. Pour une voiture personnelle, il faut débourser 1000 FCFA à l’aller et 1000 FCFA au retour. Pour les poids lourds et les bus, la facture grimpe vite entre 2000 et 5000 FCFA et plus, selon la catégorie. Un aller-retour Cotonou-Bohicon peut coûter à lui seul 4000 à 10 000 FCFA de péage pour un transporteur.
Sur les réseaux sociaux, les publications se multiplient : captures de tickets, comparaisons avec les autres péages du pays, dénonciations d’un tarif jugé « d’exception ». Beaucoup d’automobilistes estiment que Houègbo est le péage le plus cher pour une distance aussi courte, sur un axe vital qui relie le sud au centre du pays.
Conséquence directe : le contournement massif. Pour éviter la barrière, voitures, motos, camions et bus empruntent désormais les voies de déviation. Des pistes rurales passant par Toffo centre, des sentiers à travers les champs, des traversées de villages sont devenues de véritables autoroutes de fortune. Des conducteurs témoignent avoir recours à des guides locaux pour s’y retrouver.
Un phénomène qui crée trois problèmes majeurs.
D’abord, la perte de recettes pour l’État. Chaque véhicule qui contourne, c’est de l’argent en moins pour l’entretien routier.
Ensuite, la dégradation accélérée des voies communales. Ces pistes villageoises non conçues pour un trafic lourd sont détruites en quelques mois par le passage des camions.
Enfin, l’insécurité. Ces déviations non éclairées, non balisées, sont accidentogènes et propices aux braquages, surtout la nuit.
À Houègbo, la question se pose : un péage doit-il être dissuasif ? La SIRAT justifie le coût par la qualité de la route et la nécessité de financer son entretien. Mais pour l’usager, le calcul est simple : si contourner coûte moins cher en carburant et en temps, il contournera.
Entre nécessité de financer les infrastructures et pouvoir d’achat des Béninois, le péage de Houègbo est devenu le symbole d’une équation difficile à résoudre.
M.M.



