À Cotonou, Le Monde de Sica s’affirme comme un cadre où l’art se nourrit autant de l’environnement que des rencontres humaines. Porté par Sica Christelle Yaovi, ce lieu mise sur la liberté de création, la convivialité et le brassage culturel. La résidence « Regards Croisés Québec/Bénin 2026 », qui réunit depuis le 22 octobre une dizaine d’artistes des deux pays autour du thème « Traversées, identités et éco-matériaux », illustre cette vocation.
Dans cet environnement marqué par la nature et la tranquillité, les artistes trouvent un cadre favorable à l’exploration et à l’expression de leur créativité. Loin des contraintes habituelles, chacun peut travailler à son rythme, confronter ses idées à celles des autres et s’ouvrir à de nouvelles démarches artistiques.Pour Mekudi Pamela Chablis, artiste peintre et illustratrice, la qualité du cadre tient notamment à cette atmosphère propice aux échanges. Les discussions, les conseils et le partage de techniques enrichissent son travail. Elle reconnaît que les rencontres avec les autres artistes influencent parfois ses réalisations et lui ouvrent de nouvelles perspectives.Nauld Adjahuime, photographe et artiste visuel, apprécie également cette possibilité de traduire dans ses œuvres les inspirations tirées des immersions et des rencontres. Natoutchika Saint-Pierre, connue sous le nom de Na2Toutis, retient pour sa part l’harmonie qui s’est installée entre les artistes béninois et québécois, ainsi que l’esprit de convivialité qui accompagne leur séjour. Du côté des artistes québécois, Jean Martin salue les équipements disponibles, les matériaux mis à disposition et surtout la camaraderie qui favorise le travail collectif. Son expérience au Bénin l’a notamment conduit à réaliser « Le Parlementaire », une sculpture conçue à partir de matériaux récupérés sur le chantier du nouveau siège de l’Assemblée nationale. Maliciouz, muraliste montréalais d’origine haïtienne, apprécie quant à lui les possibilités offertes par le travail en plein air et les découvertes faites au cours des immersions à Ouidah et à Ganvié.
Une vocation artistique qui s’inscrit dans le temps
Pour Sica Christelle Yaovi, promotrice du lieu, Le Monde de Sica se veut une parenthèse, une bulle où les artistes peuvent prendre du recul, sortir de leurs habitudes et expérimenter librement. L’intimité du cadre n’empêche pas son ouverture sur le monde. Au contraire, elle favorise les échanges entre les générations, les cultures et les différentes sensibilités artistiques.Cette vocation ne date pas d’aujourd’hui. Les premières expériences de résidence artistique remontent à 2014. Après une période de pause, le lieu renoue avec l’accueil d’artistes venus d’horizons divers, dans une dynamique qui privilégie la transmission, la solidarité et l’apprentissage mutuel.Les témoignages recueillis auprès des participants confirment cette identité. Ulrich Gbaguidi met en avant la cohésion et l’hospitalité, tandis que Claudine Dan, revenue au Bénin après 38 années passées à l’étranger, évoque une expérience de retrouvailles avec ses racines et d’enrichissement personnel. Sanda Amadou apprécie l’atmosphère agréable de travail. Omar Gammaoui, artiste visuel engagé dans la récupération, souligne le confort du cadre et les possibilités qu’il offre pour développer une démarche artistique responsable.Pour Meschac Gaba, les résidences et les lieux d’exposition jouent un rôle important dans le développement de l’art, au-delà des institutions spécialisées. Gratien Zossou y voit, lui aussi, un espace riche en énergie, en rencontres et en possibilités créatives. À travers la résidence « Regards Croisés Québec/Bénin 2026 », Le Monde de Sica confirme ainsi sa vocation de lieu de brassage et d’expérimentation. Les œuvres issues de cette aventure seront présentées au public lors du vernissage prévu le 4 novembre 2026.
M.M.



