Après la rentrée parlementaire, mercredi 21 octobre 2021, hier, mercredi 28 octobre 2026, s’est ouverte au Dôme du Sofitel hôtel la rentrée du Sénat, la Chambre haute du Parlement, comme le stipule la loi. A cette occasion, Patrice Talon, le président du Sénat, a prononcé un discours. Il est revenu sur les quatre missions principales de la nouvelle institution.  A ses dires, « Chez nous, au Bénin, le Sénat est une institution d’apaisement de la scène politique. Rien de plus ». Cette phrase peut faire penser que le rôle du Sénat ne va pas au-delà, comme le craignent les populations à travers les dispositions de la loi l’instituant et le Règlement Intérieur de l’Institution. Mais les phrases qui vont suivre ramènent les Béninois à la réalité et ne laissent aucune équivoque sur l’impact du Sénat dans la règlementation de la vie politique nationale. Dans la suite de son discours, Patrice Talon précisera que les lois modificatives de la Constitution, les lois à caractère politique, les lois organisant la vie des partis politiques et les lois électorales votées par l’Assemblée nationale sont obligatoirement soumises à l’avis de non-objection du Sénat avant leur promulgation. Autrement dit, le Sénat a le dernier mot sur toutes les lois qui organisent la vie politique. Si l’Assemblée nationale vote la loi, la Cour constitutionnelle juge de sa conformité, et ce n’est qu’après ça que le Chef de l’Etat promulgue ladite loi. Désormais, l’avis de conformité de la Cour n’enclenche plus d’office sa promulgation. Il faut que le Sénat donne un avis de non-objection avant toute promulgation. Avant donc que toute loi, qui reste dans le champ de la règlementation de la vie politique au Bénin, n’entre en vigueur, le dernier mot revient au Sénat. N’est-on pas tenté de dire que le Sénat est au-dessus de l’Assemblée nationale qui a voté la loi ? D’ailleurs n’appelle-t-on pas le Sénat la Chambre haute du Parlement ? Et puisque que le chef de l’Etat ne peut pas promulguer la loi, sans l’avis de non-objection du Sénat, qui est au-dessus de qui, dans le cas d’espèce ?

M.M

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