Audit des ressources humaines, anticipation des besoins et introduction raisonnée de l’intelligence artificielle : le président de l’Assemblée nationale ouvre un chantier de modernisation qui touche aux fondements mêmes de l’administration parlementaire.
De quelles compétences l’Assemblée nationale aura-t-elle besoin dans cinq ans ? Comment adapter son administration à la transformation des métiers et aux nouvelles technologies ? Quelle place réserver à l’intelligence artificielle dans la préparation et le suivi du travail législatif ?
Ces interrogations occupent une place importante dans le deuxième rapport d’activités de Joseph Fifamin Djogbénou présenté de lundi 26 octobre.
Le président de l’Assemblée nationale y révèle la réalisation d’un audit destiné à évaluer la pertinence des emplois ainsi que l’organisation administrative et structurelle de l’institution.
À la suite de cet exercice, une réflexion est engagée pour doter le Parlement d’une stratégie prospective et pluriannuelle de gestion des ressources humaines.
L’objectif annoncé est d’anticiper, à cinq ans, les besoins en effectifs, en emplois et en compétences, en tenant compte de l’évolution des missions parlementaires.
La démarche marque une orientation importante : ne plus considérer la gestion des ressources humaines uniquement sous l’angle des besoins immédiats, mais comme un levier de transformation institutionnelle.
Cette perspective s’accompagne d’une ambition technologique. Djogbénou entend poursuivre la dématérialisation des procédures administratives et législatives et favoriser une introduction raisonnée de l’intelligence artificielle.
Le terme mérite attention. Dans une institution où les exigences de sécurité juridique, de confidentialité et de responsabilité sont fondamentales, l’innovation technologique ne peut se concevoir sans discernement.
L’intelligence artificielle peut contribuer à l’amélioration du traitement de l’information, de la recherche documentaire et de certaines tâches administratives. Elle ne saurait cependant se substituer à la responsabilité humaine dans la décision parlementaire.
La modernisation envisagée ne porte donc pas uniquement sur les équipements. Elle engage simultanément les compétences, les méthodes et l’organisation du travail.
À travers cette orientation, Djogbénou inscrit l’administration parlementaire dans une logique d’anticipation : préparer les capacités de demain plutôt que subir les transformations à venir.



