Selon une note de la Banque mondiale, le taux de pauvreté modérée au Bénin devrait baisser d’ici 2028. Cette projection repose sur une croissance économique soutenue et des réformes structurelles.

Dans un rapport publié en octobre 2026, la Banque mondiale livre ses perspectives économiques pour le Bénin. L’institution anticipe une amélioration progressive des conditions de vie des populations, mesurée à travers un recul du taux de pauvreté modérée, évalué au seuil international de 4,20 dollars par jour. En effet, cet indicateur passerait de 41,1 % en 2024 à 39,4 % en 2025, pour ensuite descendre à 34,5 % d’ici 2028, après une étape intermédiaire estimée à 36,8 % en 2027. Pour bien saisir la portée de ces chiffres, il convient de rappeler que cette mesure diffère du taux de pauvreté national officiel, établi à 36,2 % entre 2021 et 2022 par l’Instad. Par ailleurs, des enquêtes d’opinion menées en 2025 soulignent que de nombreux ménages font encore face au quotidien à des difficultés financières. Par conséquent, les défis sociaux restent importants pour une grande partie des citoyens. Toutefois, cette tendance à la baisse s’inscrit dans un contexte macroéconomique favorable. En effet, les autorités béninoises ont renforcé la gestion des finances publiques. Elles sont ainsi parvenues à respecter, dès 2025, la norme de déficit budgétaire fixée à 3 % du PIB par l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA). De surcroît, la modernisation de l’administration fiscale et la digitalisation des services publics facilitent les démarches administratives et renforcent l’efficacité de l’État. Sur le terrain, cette dynamique repose également sur le dynamisme de plusieurs secteurs clés. L’agriculture, la construction, l’industrie et les services soutiennent une économie robuste. D’une part, la forte progression de l’activité, attendue autour de 7,8 % en 2026 puis de 7,6 % en moyenne pour les années 2027 et 2028, stimule l’emploi. D’autre part, l’extension de la zone industrielle de Glo-Djigbé joue un rôle moteur en créant de nouveaux emplois pour les travailleurs, offrant ainsi des perspectives d’insertion professionnelle accrues aux jeunes générations. Cependant, la Banque mondiale invite à la prudence et rappelle que plusieurs risques externes pourraient fragiliser cette trajectoire positive. En outre, la dépendance persistante face aux fluctuations des cours mondiaux des matières premières demeure un enjeu central pour l’économie locale. Pour garantir un impact durable sur le quotidien des familles, l’institution recommande de diversifier les chaînes de valeur agricoles. En somme, si les indicateurs économiques ouvrent des perspectives encourageantes pour l’avenir des foyers béninois, la consolidation des acquis sociaux dépendra de la résilience du secteur productif et de la poursuite des efforts de diversification.

J.G

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