Dans l’univers politique béninois, le parti d’opposition Les Démocrates essaie tant bien que mal de se faire entendre. Cependant , sans députés, sans tribune à l’hémicycle, le principal parti de l’opposition doit apprendre à faire de la politique autrement. C’est une période difficile, mais c’est aussi une chance de se reconstruire.

Depuis sa création, le parti a connu des hauts et des bas. Des crises internes, des démissions, des désaccords exposés au grand jour. Malgré tout, il a tenu. Il a continué à dénoncer, à proposer, à mobiliser ses militants.

Mais aujourd’hui, sans élus au Parlement, survivre ne suffit plus. Il faut se réinventer.

Comment y parvenir ?

Il y a trois faiblesses à corriger. D’abord, l’organisation. Les problèmes internes finissent trop souvent dehors. Un parti qui veut gouverner demain doit apprendre à régler ses divergences à l’intérieur et à rester uni.

Ensuite, la stratégie. Pendant longtemps, être à l’Assemblée suffisait pour se faire entendre. Maintenant, il faut convaincre autrement. Dire ce qui ne va pas ne suffit plus. Il faut expliquer clairement ce que Les Démocrates feraient de différent pour l’école, l’emploi des jeunes, la santé ou l’agriculture.

Enfin, le lien avec la population. Sans députés, le parti risque de s’éloigner du terrain. Or la politique se joue dans les quartiers, les marchés, les villages, mais aussi sur les réseaux sociaux où se trouve la majorité des jeunes.

Comment renaître ?

La reconstruction passe par trois chantiers simples : proposer un vrai projet. Le parti a besoin d’un programme clair, simple et chiffré. Un projet qui dise aux Béninois : voilà ce que nous allons faire si vous nous faites confiance ; rester uni. Sans postes à distribuer, l’unité devient la seule force. Cela passe par des règles claires pour choisir les candidats, le respect des instances et la promotion des compétences. Retourner sur le terrain. Puisque la porte de l’Assemblée est fermée, il faut ouvrir d’autres portes. Aller à la rencontre des populations, écouter, former les militants et occuper le terrain numérique au quotidien.

Ne plus être au Parlement est une défaite, c’est vrai. Mais c’est aussi un nouveau départ. Loin des institutions, Les Démocrates sont désormais face au peuple. C’est là, sur le terrain, qu’ils devront prouver qu’ils restent une alternative crédible.

Pour résister, il faut désormais se réinventer.

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