Le Bénin vit depuis, une trêve politique assumée entre la mouvance et les forces vives. Et pourtant, dans ce calme apparent, la formation politique Les Démocrates (LD) s’agite, s’exprime, se déchire et s’efforce d’exister. Mais qu’en est-il des autres partis politiques de l’opposition ? Pourquoi ce silence assourdissant qui laisse croire que tout est parfait ? 

Sans groupe parlementaire, sans tribune à l’hémicycle, on aurait pu croire LD condamné au silence. C’est l’inverse qui se produit. Le parti multiplie les déclarations, tient son deuxième congrès ordinaire, accueille des délégations étrangères et tente de garder le lien avec sa base. Même affaibli par la vague de démissions  il reste la seule formation à faire entendre une voix discordante.

Cette résilience, même symbolique, a une valeur politique. Elle entretient un semblant de pluralisme. Dans un contexte où l’UP le Renouveau et le Bloc Républicain occupent l’essentiel de l’espace institutionnel et où le Sénat vient à peine d’être installé, le fait qu’un parti continue de jouer son rôle d’opposition, d’organiser un congrès, de critiquer et de proposer, permet au pouvoir de revendiquer une démocratie qui fonctionne. Et permet aux observateurs de dire que le débat contradictoire n’a pas totalement disparu.

Le pouvoir l’a compris. La trêve actuelle n’est pas une interdiction de l’opposition, c’est une neutralisation douce.

Et les autres ? Le vide

Si LD joue encore son rôle malgré tout, la question la plus cruciale concerne les autres partis qui se réclament de l’opposition. Où sont ils ?

La FCBE, ancienne force au pouvoir, n’est plus que l’ombre d’elle-même, minée par les querelles de leadership et l’absence de projet. Les petites formations nées après la réforme du système partisan se sont murés dans le silence.

Le vrai enjeu de la trêve

La trêve politique actuelle arrange tout le monde. Elle arrange la mouvance qui peut dérouler son projet de loi de finances 2027 sans obstruction majeure. Elle arrange les partenaires internationaux qui voient un Bénin stable. Mais elle met à nu la fragilité de l’opposition béninoise.

LD reste la seule force d’opposition organisée, non pas parce qu’elle est forte, mais parce que les autres sont absents. Son existence même, même sans députés, même en pleine crise interne, est ce qui permet encore de dire qu’il y a un semblant de démocratie.

Le défi pour l’opposition béninoise n’est plus seulement de reconquérir des sièges. Il est d’abord de se réinventer hors du parlement, de proposer une alternative programmatique crédible sur le social, l’emploi et la cherté de la vie, et de convaincre que la politique ne se résume pas à un seul parti. Faute de quoi, la trêve pourrait devenir un long sommeil démocratique.

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