La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a tenu dans les locaux de ladite cour, le lundi 12 octobre 2025, l’audience solennelle de sa rentrée judiciaire 2026-2027. Sous la conduite du premier président de la Cour, Édouard Cyriaque Dossa, en présence de la vice-présidente de la République, SEM Mariam Chabi Talata épouse Zimé Yérima et le secrétaire général du Ministère de la Justice et de la Législation du Bénin, Monsieur Séïdou Boni Kpégounou, la cérémonie a réuni des autorités politico-administratives et de nombreux acteurs du monde judiciaire.
Placée sous le thème « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive », cette rentrée a été l’occasion pour les acteurs du monde judiciaire de réfléchir à une justice à la fois rigoureuse et efficace dans la répression des infractions, sans occulter les droits fondamentaux et la dignité des justiciables. L’équilibrisme entre la répression et la protection des droits fondamentaux, c’est la réflexion menée par le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, Me Zakari BABA BODY. En effet, Me Zakari BABA BODY souligne que la recherche d’équilibre entre ces deux fonctions n’est ni compromis de circonstances ni une concession réciproque, mais une exigence de l’État de droit. « La justice pénale ne saurait être véritablement humaine si elle renonce à protéger la société contre les infractions, si elle renonce à reconnaître les droits des victimes, mais elle ne saurait davantage être pleinement efficace si elle cesse d’être humaine. » a-t-il relevé.
L’audience solennelle de sa rentrée judiciaire n’est point un simple moment cérémoniel a rappelé le Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, Elon’m Mario Metonou. « Cette audience solennelle de rentrée n’est ni une parade de robes noires, ni un froid calendrier institutionnel que l’on effeuille avec indifférence. Elle est le grand rendez-vous de la Justice avec elle-même. C’est l’instant sacré où l’institution s’arrête, contemple le fracas du monde, et s’interroge sur la trace qu’elle laissera dans l’Histoire de notre Nation. » a-t-il souligné. Elon’m Mario Metonou articule son réquisitoire autour de deux axes: la CRIET comme foudre de la loi face aux marchands d’ombre et la CRIET comme gardienne absolue des droits de l’Homme. Pour le Procureur spécial de la CRIET, le défi de l’année judiciaire 2026-2027 ne devrait pas être de choisir entre le laxisme et la terreur mais d’opter pour la proportionnalité. Il a par ailleurs donné le ton. « Nous serons intraitables, inflexibles, féroces s’il le faut, contre ceux qui pillent la fortune publique ou pactisent avec la terreur. Nous ne ferons aucune concession aux prédateurs sexuels qui s’attaquent à l’innocence de nos enfants. Mais nous serons en même temps les premières sentinelles à nous dresser contre l’arbitraire de la procédure. Nous ferons résonner la force de la loi, mais nous veillerons à ce qu’elle soit prononcée avec le respect absolu dû à la condition humaine. » Le premier président de la CRIET, Édouard Cyriaque Dossa abonde dans le même sens et réitère que : » la justice pénale dite à la travers la CRIET a été depuis 2018, est et sera toujours humaine en dépit de tout ce qui peut plomber son existence ».
Perçue comme une machine excessivement répressive, presque inflexible voire injuste, la CRIET ne cesse de recevoir les sollicitations des citoyens a rappelé le Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, Elon’m Mario Metonou. « Les chiffres ne mentent pas : le flux des affaires y est en constante expansion. Chaque année, le nombre de plaintes portées directement devant la CRIET par les victimes augmente de manière exponentielle. Si au cours de l’année judicaire 2024-2025 nous avons enregistré un total de 3067 plaintes et procès-verbaux, ce chiffre est passé à 3849 au cours de l’année qui vient de s’achever soit une augmentation de 25,50%. » a mentionné Elon’m Mario Metonou, Procureur spécial de la CRIET.
Pour sa part, le secrétaire général du Ministère de la Justice et de la Législation du Bénin, Monsieur Séïdou Boni Kpégounou, représentant le ministre, a assuré avoir pris bonne note des préoccupations exprimées par l’Ordre national des avocats du Bénin et la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme.



