L’ancienne ministre de la Justice et figure de l’opposition béninoise, Reckya Madougou, vient de franchir le cap symbolique des 2000 jours de détention. Ce 26 août 2026, Reckya Madougou boucle 5 ans et demi de détention.
Interpellée le 3 mars 2021, en pleine campagne présidentielle, Reckya Madougou, ancienne Garde des Sceaux, candidate déclarée du parti Les Démocrates, est accusée de « complicité d’actes terroristes »: financement présumé de tentatives d’assassinat de deux personnalités. Elle est condamnée le 11 décembre 2021 par la Criet à 20 ans de réclusion et 50 millions d’amende. Elle ne fait pas appel. Pour ses avocats, « Il n’y a pas de preuve ».
En novembre 2022, le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire rend son avis : la détention de Reckya Madougou est « arbitraire » et « dépourvue de base légale ». Il demande une libération immédiate et des réparations. Pour les défenseurs des droits humains, cet avis change la nature du dossier. Il ne s’agit plus seulement d’une affaire interne. Le Bénin, membre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, est renvoyé à ses engagements.

2000 jours après, l’ancienne ministre Reckya Madougou est toujours en détention. Et ce, malgré les appels et démarches en faveur de sa libération.
Aujourd’hui, à 2000 jours, ses soutiens estiment que sa libération pourrait constituer un signal fort. Au-delà du cas individuel, elle serait perçue comme un soulagement et une preuve concrète de la marche du pays vers une cohésion sociale et une unité nationale retrouvée.
A.B



