Entre octobre et décembre 2026, l’épisode climatique El Niño exposera 347 millions d’enfants à des sécheresses et des inondations dans près de cent pays. Afin de limiter la malnutrition et les ruptures scolaires, l’Unicef demande une hausse des investissements préventifs.

 

Le phénomène météo-océanique El Niño fait son retour avec des anomalies pluviométriques majeures prévues pour le dernier trimestre de l’année 2026. Selon les données publiées par l’Unicef à partir de prévisions météorologiques et d’analyses démographiques, plus de 347 millions d’enfants vivront dans des territoires soumis à un déficit ou un excès de précipitations dans près de cent pays. Sur le plan géographique, la région Asie et Pacifique concentre la majorité des populations exposées avec 190 millions d’enfants touchés. De leur côté, l’Afrique de l’Est et australe ainsi que l’Amérique latine comptabilisent chacune 41 millions d’enfants concernés. L’Europe, l’Asie centrale, le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest regroupent le reste des effectifs ciblés par ces perturbations. Concrètement, ces dérèglements pluviométriques modifient le quotidien des familles de deux manières distinctes. D’une part, dans des États comme la Colombie, les Fidji, la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou les Philippines, un temps anormalement sec provoque des sécheresses agricoles. Ces conditions entraînent une baisse des réserves d’eau potable, une hausse de la malnutrition aiguë et des déplacements de populations. D’autre part, dans la Corne de l’Afrique, particulièrement en Somalie, des pluies abondantes causent des crues fluviales et des inondations éclair. Ces crues favorisent la propagation de maladies d’origine hydrique et bloquent l’accès aux établissements scolaires. En outre, ces perturbations environnementales accentuent la vulnérabilité sociale des mineurs. Dans les pays connaissant déjà des conflits internes, tels que l’Afghanistan ou le Tchad, les manques de nourriture aggravent l’insécurité sanitaire. Dans d’autres contextes, la perte des récoltes et des revenus contraint les ménages à des choix extrêmes. Ainsi, durant la sécheresse de 2022 en Éthiopie, le nombre de mariages d’enfants a augmenté en moyenne de 119 % dans les zones frappées par le manque d’eau. Par ailleurs, cet épisode s’ajoute à des fragilités environnementales déjà mesurées. À l’échelle globale, 1,1 milliard d’enfants font face à au moins trois aléas climatiques combinés. Entre 2016 et 2023, les catastrophes météorologiques ont engendré le déplacement quotidien de plus de 20 000 enfants. De même, en 2025, la scolarité de 171 millions d’élèves a été interrompue par des intempéries. Enfin, l’organisation onusienne met en avant un déséquilibre budgétaire. Chaque dollar américain investi dans la prévention des risques permet d’économiser jusqu’à 15 dollars en coûts de reconstruction ultérieurs. Pourtant, la prévention reçoit actuellement moins de 1 % des fonds humanitaires mondiaux. L’Unicef appelle donc à débloquer des financements immédiats pour protéger les services essentiels avant la survenue des chocs climatiques.

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