Dix ans après son lancement en 2016, le Salon International de l’Immobilier et des Matériaux Modernes, S2IM, s’est ouvert ce lundi 5 octobre 2026 à Cotonou pour sa 10e édition. Deux jours de Sommet des experts les 5 et 6 octobre, puis une grande exposition du 9 au 16 octobre sur la Place de l’Amazone. Au cœur des débats : « La résilience des bâtisses face aux aléas climatiques ». Une édition anniversaire qui veut passer de la réflexion à l’action.

Ils étaient là, autorités, diplomates, industriels et bâtisseurs. Ambassadeur du Royaume du Maroc, représentant de la Turquie, conseillers du Ministère du Cadre de Vie, et tous les acteurs qui font le BTP béninois. Tous pour célébrer une idée qui a tenu dix ans.

Cette idée, c’est celle de  Kèyindé Amadou, promoteur du S2IM et patron d’AMK Engineering. À la tribune pour ouvrir cette 10e édition, il a rappelé l’origine modeste : « En 2016, nous lancions une petite idée : créer au Bénin une plateforme où tous les acteurs de la construction et de l’habitat se rencontrent, échangent et construisent ensemble l’avenir. Cette idée s’appelle S2IM. », a-t-il déclaré.

Dix ans plus tard, le bilan a de quoi rendre fier. Plus de 500 entreprises et marques exposées, venues du Bénin et de l’extérieur, plus de 50 000 visiteurs professionnels et grand public. Des partenariats scellés, des panels, des ateliers, des concours. « Le S2IM a contribué à professionnaliser le secteur, à valoriser le Made in Bénin et à faire de Cotonou une référence en termes de construction et de l’Habitat en Afrique de l’Ouest », a-t-il affirmé.

Pour marquer cette décennie, le promoteur a voulu une édition différente, en deux phases. « C’est la première phase de cette 10e édition. Une phase de réflexion, d’échanges sur des solutions durables et le renforcement de partenariats stratégiques », a-t-il expliqué. Les temps forts : Sommet des experts du cadre bâti, S2IM Tech & Innovations BTP, Concours de prestige de la meilleure maquette architecturale et S2IM Challenge : 21 jours pour bâtir.

Un challenge qui a déjà un visage : le CEG1 d’Abomey-Calavi, désigné après appel à candidatures pour recevoir un hangar réfectoire offert par le salon. Un don solidaire qui sera aussi une vitrine technologique, avec un Mur des Bâtisseurs où figureront les partenaires donateurs. L’administration du collège a déjà remercié l’initiative, soulignant qu’elle répond à un « défi sanitaire et pédagogique majeur ».

Autour de cette vision, les sponsors diamant de cette édition anniversaire ont répondu présent : El-Medhi Hammoucha, Directeur Général GKS du Groupe Sonimex qui célèbre ses 25 ans, FabriMetal Bénin représentée par sa Directrice Marketing Carine Ekperigin, et le Groupe AML BCG représentée par sa Directrice Commerciale Lamatou Amadou. Trois industriels qui, chacun à leur manière, ont rappelé que la résilience commence par des matériaux certifiés, locaux et traçables.

« Nous ne pouvons plus construire selon les seules exigences du passé »

C’est le message fort du Ministère. Représentant le Ministre du Cadre de Vie et des Transports, chargé du Développement Durable, son conseiller technique Victor Ananou a donné le ton dès l’ouverture du Sommet. « Le logement est un droit, un facteur de dignité, de sécurité, de santé et d’épanouissement humain », a-t-il d’abord souligné. Mais ce droit est aujourd’hui percuté par « une réalité nouvelle : le changement climatique ».

Inondations, fortes précipitations, élévation des températures, vents violents, érosion et dégradation accélérée des matériaux. Le Bénin est en première ligne. « Nous ne pouvons plus concevoir nos bâtiments selon les seules exigences du passé », a martelé Victor Ananou.

Construire résilient, explique-t-il, c’est anticiper les risques sur toute la durée de vie d’un bâtiment. Cela impose une nouvelle manière de faire : repenser l’urbanisme, l’architecture, la conception technique, le choix des matériaux, les normes, l’entretien et la gestion du patrimoine bâti. « Le bâtiment de demain devra être plus sûr, plus sobre, plus accessible, plus durable et mieux adapté à son environnement. Il ne s’agit pas simplement de construire plus. Il nous faut construire mieux », a-t-il insisté, saluant la « complémentarité intéressante entre la réflexion, l’expertise et l’action » qu’offre le format en deux temps de cette 10e édition.

De la réflexion du 5 octobre à l’exposition du 9 au 16 octobre Place de l’Amazone, le S2IM veut inscrire sa 10e édition dans une conviction : l’avenir du cadre bâti béninois se jouera sur sa capacité à résister au climat qui change.

Th. A. 

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