Réunis lors de la deuxième édition du Média Connect les 2 et 3 octobre à Cotonou, les responsables du Port autonome ont présenté la réorientation des flux de transit. Laquelle est marquée par l’essor burkinabè et le recul du Niger.
La ville de Cotonou a accueilli la deuxième édition du Média Connect. Cet événement d’information rassemble les acteurs portuaires et les professionnels des médias. À cette occasion, Kévin Potier, directeur commercial du Port autonome de Cotonou (Pac), a exposé l’évolution récente des échanges commerciaux dans la sous-région. Les données divulguées traduisent une modification structurelle des corridors de transport en Afrique de l’Ouest. En effet, le Burkina Faso s’impose désormais comme l’un des marchés de transit prioritaires pour la plateforme portuaire béninoise. Depuis le début de l’année 2025, près d’un million de tonnes de marchandises à destination ou en provenance du territoire burkinabè ont transité par les installations de Cotonou. Cette augmentation s’explique par la recherche d’itinéraires logistiques fiables pour l’approvisionnement des pays de l’hinterland. Les opérateurs économiques burkinabès orientent une part croissante de leurs cargaisons vers le corridor béninois, tirant parti de la proximité géographique et des aménagements infrastructurels réalisés sur l’axe routier reliant Cotonou à Ouagadougou. En revanche, les volumes en provenance et à destination du Niger enregistrent une baisse nette sur les trajets traditionnels. Historiquement, le Niger représentait le premier client du Port autonome de Cotonou en matière de transit fret. Toutefois, des perturbations administratives, politiques et sécuritaires survenues dans la zone frontalière ont modifié les habitudes d’acheminement. Bien que certains échanges subsistent, le volume global des marchandises nigériennes traitées à Cotonou stagne à un niveau inférieur aux moyennes observées les années précédentes. Face à ces mutations, la direction commerciale du Port autonome de Cotonou ajuste sa stratégie globale. L’établissement met l’accent sur la diversification des liaisons sous-régionales afin de maintenir son niveau global d’activité. Outre le renforcement des services destinés aux usagers burkinabès, des démarches sont entreprises vers d’autres pays enclavés du Sahel, comme le Mali. De plus, la modernisation des équipements portuaires, la digitalisation des procédures douanières et l’extension des zones de stockage visent à réduire les délais de passage des conteneurs. Ces mesures opérationnelles garantissent une gestion fluide des cargaisons, quel que soit l’origine ou le destinataire final des biens. Ainsi, la redistribution des flux marchands au Port de Cotonou illustre la réorganisation des routes commerciales ouest-africaines. Le partenariat renforcé avec le Burkina Faso permet à l’infrastructure béninoise de compenser le ralentissement des activités avec le Niger et de consolider son positionnement stratégique le long du golfe de Guinée.
J.G



