À l’orée de la rentrée scolaire 2026-2027, les voix s’élèvent dans le monde enseignant. Face aux revendications portant sur le reversement des Ame, l’analyse des orientations officielles et légitimes pourraient plutôt amener Romuald Wadagni à  privilégier l’amélioration continue des conditions de vie, la couverture sanitaire et la stabilisation des revenus annuels.

À l’approche de chaque rentrée scolaire, les débats au sein du système éducatif s’articulent autour du statut des Aspirants au Métier d’Enseignant (Ame). Alors que les appels au reversement systématique dans la fonction publique émergent à nouveau, les déclarations officielles orientent plutôt la priorité vers la transformation concrète du quotidien des agents. Les orientations portées par Romuald Wadagni lors de la campagne électorale dans le cadre de la présidentielle derrière l’attestent. Ceci, mettant en avant une approche centrée sur l’accès aux services de base et la sécurité financière des ménages. « Ce que nous sommes en train de faire, c’est que tous nos enfants aient un enseignant dans les classes. Ce que nous sommes en train de faire, c’est pour que chaque enseignant, quel que soit son statut, Ame ou pas, ait un niveau de vie décent, puisse se soigner, puisse prendre soin de ses familles », avait souligné le candidat Romuald Wadagni. Cette position s’appuie sur une évaluation comparative des conditions de travail observées au cours des années précédentes. Historiquement, le corps enseignant comptait une proportion élevée de vacataires payés à l’heure, sans garantie de continuité de revenu ni protection en matière de santé. Des situations dramatiques touchant des enseignantes sans droit aux congés de maternité ont conduit l’exécutif à intervenir par des mesures d’urgence. L’instauration d’une assurance maladie obligatoire et l’extension du paiement des rémunérations sur douze mois constituent les premiers piliers de cette restructuration sous Patrice Talon, prédécesseur de Romuald Wadagni. L’objectif explicite a été donc de rompre avec un modèle de précarité extrême qui compromettait la dignité de la fonction enseignante. Face alors aux sollicitations axées sur une mutation statutaire immédiate, le discours gouvernemental remet en question la portée réelle de la notion de reversement si celle-ci ne s’accompagne pas d’un impact direct sur le niveau de vie. « Posez les bonnes questions. Ne vous laissez pas instrumentaliser. Ça veut dire quoi, un reversement ? Ça ne veut rien dire, un reversement. Demandez, on veut être à l’aise. On veut avoir un niveau de vie correct. On veut pouvoir prendre soin de nos enfants », affirmait Romuald Wadagni sur ke terrain de la conquête électorale, pour inciter à centrer les revendications sur des éléments matériels plus concrets. Selon lui, l’intégration ultime des agents dans la fonction publique, dont la différence majeure réside dans la constitution des droits à la retraite. Romuald Wadagni rappelle à ce propos que le développement est un processus long. « On vous demande un peu de patience. Il y a deux ans, vous étiez payé à neuf mois. Vous êtes payé maintenant à douze mois. Le but, c’est de faire rentrer encore beaucoup d’autres personnes qui pourront chaque mois avoir un salaire. Et ensuite, vous tous, vous allez rentrer dans la fonction publique parce que la seule différence, c’est votre retraite », arguait l’actuel Président de la République. En clair, ces prises de position indique que la feuille de route gouvernementale place la dignité sociale et la stabilité économique de l’enseignant au-dessus des considérations purement administratives. En insistant sur la couverture médicale, le paiement continu des salaires et la perspective d’une retraite sécurisée, l’orientation choisie vise à consolider le rôle de l’enseignant au sein de la cité avant d’opérer les orientations statutaires définitives. Reste à savoir si les enseignants épousent cette idée.

J.G

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