L’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp) – Centre de recherche et de formation « Le Chant d’oiseau », sous l’égide de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb) et en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, a organisé son débat trimestriel autour du thème « État de droit et alternance politique en Afrique : un vrai enjeu de stabilité et de développement ». Tenue à Cotonou, la rencontre a réuni des responsables politiques, universitaires, acteurs de la société civile et citoyens venus réfléchir aux conditions d’une démocratie durable sur le continent.
Les échanges ont réuni le député Kamel Bio Sika A. Ouassagari, le député et ancien ministre Lazare Maurice Sèhouéto, ainsi qu’Éric Maouignon, économiste et ancien président de l’Autorité de régulation des marchés publics. Les intervenants ont confronté leurs analyses sur les défis de l’État de droit, de la gouvernance et de l’alternance politique en Afrique.
Les discussions ont mis en lumière les principaux défis liés à l’enracinement de l’État de droit et aux mécanismes d’alternance politique en Afrique. Pour Lazare Maurice Sèhouéto, les réformes institutionnelles ne peuvent produire les résultats attendus si elles ne tiennent pas compte des réalités sociales et des aspirations des populations. Selon lui, la demande sociale doit rester au cœur de toute évolution du cadre juridique et politique.
Pour sa part, Kamel Bio Sika A. Ouassagari a rejeté l’idée selon laquelle l’alternance politique serait une source d’instabilité. En s’appuyant notamment sur les exemples du Cap-Vert et du Sénégal, il a défendu l’idée que la stabilité repose avant tout sur des institutions fortes, crédibles et respectées. Il a également rappelé la responsabilité des parlementaires de veiller à ce que les lois adoptées traduisent fidèlement la volonté des citoyens.
De son côté, Éric Maouignon a mis l’accent sur la qualité de la gouvernance publique. Selon lui, la stabilité politique ne peut être durable sans une administration performante, une gestion transparente des ressources publiques et un respect rigoureux des règles démocratiques. En clôturant les travaux, le directeur de l’Iajp, le père Éric Aguénounou, a livré une réflexion articulée autour de la gratitude, du bien commun et de la responsabilité collective.
Invitant chacun à placer le bien commun au cœur de son engagement, il a estimé que cette recherche impose des limites et favorise l’équilibre dans l’action humaine. Pour le directeur de l’Iajp, vivre en société suppose également de reconnaître la valeur de l’autre. « C’est ensemble que nous sommes vivants. C’est ensemble que nous sommes libres. C’est ensemble que nous sommes responsables », a-t-il affirmé, soulignant qu’aucune œuvre durable ne peut être bâtie dans l’isolement.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



