L’atelier officiel de lancement de la mission de relecture de conformité et d’actualisation des Plans Communaux de Développement Agricole (PCDA) s’est tenu ce jeudi 27 août 2026 au siège de l’Agence territoriale de développement agricole (ATDA) 4, à Parakou. Réunissant des acteurs venus de plusieurs communes du Septentrion, la rencontre vise à harmoniser la démarche et à engager la mise à jour des 27 PCDA du Nord Bénin. Et ceci afin de mieux les adapter aux nouvelles orientations agricoles nationales.
Cette mission entend aller au-delà d’une simple révision documentaire. Elle doit permettre d’actualiser les diagnostics territoriaux, de hiérarchiser les chaînes de valeur agricoles prioritaires et de mettre les PCDA en conformité avec le guide méthodologique national. Tout en les alignant sur les orientations du Plan Stratégique de Développement du Secteur Agricole (PSDSA), du Plan National d’Investissements Agricoles et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN) et de Bénin Vert. Elle prévoit également l’élaboration d’un plan d’appui destiné à faciliter la mise en œuvre effective des plans au niveau communal.
Pour atteindre ces objectifs, le dispositif repose sur une approche en cinq phases, allant du cadrage méthodologique et de la mobilisation des acteurs à la validation technique et institutionnelle. L’exercice, prévu sur dix semaines, associera autorités communales, organisations de producteurs, ATDA, DDAEP, préfectures, intercommunalités, secteur privé et autres parties prenantes. La territorialisation différenciée constitue également un enjeu majeur, chaque commune devant voir ses spécificités agro-économiques prises en compte.

Le Directeur Exécutif de l’Association pour le Développement des Communes du Borgou (ADECOB), Bio Mamadou Yarou Saka, a insisté sur l’importance de ces documents pour la planification locale. Selon lui, les PCDA élaborés avec l’appui de la Coopération Suisse ont déjà servi à orienter les plans annuels et la budgétisation des communes. Leur actualisation intervient toutefois dans un contexte marqué par les défis du changement climatique, de la sécurité alimentaire et de la sécurité, mais aussi par la nécessité d’accroître la valeur ajoutée des productions agricoles.
Le représentant du Ministère de l’Agriculture de l’Élevage et de la Pêche (MAEP), Innocent Togla, pour sa part, appelé à adapter les plans aux nouvelles ambitions de transformation de l’agriculture béninoise portées par Bénin Vert. Il a notamment évoqué l’organisation des filières, l’accès à l’eau, la fertilité des sols, la production fourragère et l’amélioration des revenus des producteurs. L’objectif, a-t-il expliqué, est de faire de l’agriculture une activité permettant au producteur de mieux satisfaire ses besoins et de contribuer pleinement au développement économique local.
Pour le directeur général de Reid Consulting Suarl, Dr Aurélien Atidegla, l’atelier permet surtout de créer une compréhension commune des enjeux, de l’approche et du calendrier. Il souligne la mobilisation des différentes parties prenantes, qu’il considère comme une première condition à l’appropriation du processus. La mission devra notamment « requestionner les diagnostics qui avaient été faits durant la première phase », afin de les actualiser et de dégager les priorités agricoles propres à chaque commune.
De son côté, le chef de mission du cabinet GIIGA-Afrique, Eskil Dossounon, a rappelé que la démarche s’inscrit également dans la recherche d’une meilleure coordination des programmes nationaux de développement des filières. Et également d’une diversification des sources de financement. Un diagnostic approfondi doit ainsi permettre d’identifier les principaux goulots d’étranglement et de renforcer l’opérationnalisation des différents programmes.
Au terme des dix semaines prévues, la mission devra ainsi déboucher sur 27 PCDA relus, actualisés et validés. Mais aussi sur des diagnostics territoriaux actualisés, une hiérarchisation des chaînes de valeur prioritaires et un plan d’appui à leur mise en œuvre. L’enjeu est donc de faire de la planification agricole un véritable outil de décision, de mobilisation des financements et de transformation des économies locales. L’initiative entend donc donner aux territoires du Nord Bénin des plans agricoles plus cohérents, plus opérationnels et capables de produire des résultats mesurables au bénéfice des producteurs et des populations. Tout en rapprochant surtout les orientations nationales des réalités de chaque commune.
Albérique Martial HOUNDJO



