L’Association Nationale des Communes du Bénin (Ancb) a tenu son 5ᵉ congrès ordinaire le 18 août 2026 à Cotonou. Luc Gnacadja, maire de Cotonou, a été à l’issue des travaux élu président de l’association pour la mandature 2026-2033, succédant à Luc Atrokpo.
Les délégués des 77 communes du Bénin se sont réunis dans le cadre du 5ᵉ congrès ordinaire de l’Ancb. Ce rassemblement statutaire, survenu après les élections couplées législatives et communales de janvier 2026, vise à procéder à la révision des textes de l’organisation et au renouvellement de ses instances dirigeantes. En ouverture des travaux, le maire de la commune d’accueil, Luc Gnacadja, a situé la rencontre dans le cadre des orientations nationales relatives à l’aménagement du territoire. « Le projet de société du président a mis l’accent sur la régionalisation. Cette régionalisation appelle certainement que nous écrivions une nouvelle saison de la décentralisation », a déclaré le maire de Cotonou, qualifiant cette étape de « décentralisation 3.0 ». Le président du comité d’organisation, Gabriel Ganhoutodé, a explicité les contraintes calendaires ayant imposé la tenue de ces assises en août, alors que les congrès de l’association se déroulent habituellement en fin d’année. Il a rappelé que la fin anticipée des mandats communaux et l’élection de plusieurs cadres sortants de l’Ancb au Parlement ont conduit à l’avancement du calendrier statutaire. Prenant la parole au nom des partenaires techniques et financiers, Joy Zeugin, représentante de la Coopération suisse, a abordé les mécanismes de gestion budgétaire des collectivités locales. Elle a souligné la persistance de lourdeurs administratives dans la mise en œuvre des ressources destinées aux investissements territoriaux. « Les procédures de passation de marchés publics sont souvent complexes, limitant la capacité d’exécution dans les délais. Ces situations se traduisent par des reports significatifs estimés à 66 % des ressources disponibles du Fonds d’Investissement Communal », a-t-elle indiqué, évoquant la possibilité de tester un dispositif temporaire d’urgence pour la passation des marchés publics communaux. Le bilan de la mandature sortante a été présenté par le premier vice-président de l’Ancb, représentant le président sortant Luc Atrokpo. L’exposé a retracé les interventions menées depuis 2020 face aux crises sanitaires et climatiques, notamment l’assistance apportée aux communes touchées par les inondations de 2022. « L’heure est venue de transmettre le témoin. Ce bilan est celui d’une équipe, d’un bureau national engagé et d’un conseil national responsable », a affirmé le premier vice-président. Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéhou, a procédé au lancement officiel des travaux en rappelant les obligations de conformité légale imposées aux associations et en fixant les exigences de gestion applicables aux collectivités. « La performance d’une commune ne se mesure pas uniquement à la quantité de projets réalisés ou aux ressources mobilisées. Elle se mesure aussi à la qualité des services rendus aux citoyens », a soutenu le ministre devant les congressistes. À l’issue des allocutions d’ouverture, les délégués ont examiné et amendé les textes fondamentaux de l’association avant de procéder aux opérations électorales.
Le scrutin a consacré l’élection de Luc Gnacadja, maire de Cotonou, au poste de président de l’Ancb pour un mandat de sept ans couvrant la période 2026-2033. Il succède à Luc Atrokpo à la tête de la faîtière des communes béninoises.
J.G




