La paix s’est invitée dans les rues. En juin 2026, les communes de Gogounou et de Pèrèrè ont vibré au rythme des « Caravanes de la Paix ». Objectif : clôturer la mise en place des pools de messagers de la paix et porter un message fort contre les discours de haine et l’extrémisme violent.
Inscrite dans le cadre d’un projet de prévention de l’extrémisme violent, l’initiative a mobilisé autorités locales, jeunes, femmes et leaders communautaires.
Des banderoles et des mots pour déconstruire la haine
Concrètement, comment ça marche ? Le projet a d’abord conçu une série de messages clés visant à déconstruire les discours de division parfois diffusés dans les communautés.
Ces messages ont été imprimés sur de grandes banderoles, bien visibles, et portés tout au long du parcours. Pour toucher tout le monde, des arrêts ont été marqués à plusieurs endroits afin de traduire les slogans en langues locales.
Parmi les messages phares :
« Respectons la religion et la culture des autres ! »
« Tout le monde a droit à la terre. Une bonne cohabitation facilite le vivre ensemble ! »
« Oublions nos différends du passé et construisons ensemble le présent et le futur!»
« Privilégions le dialogue pour éviter les conflits ! »
« Travaillons ensemble pour construire des sociétés où l’extrémisme violent n’a pas sa place ! »
Dans une grande ferveur populaire, ces caravanes ont sillonné les deux villes de Gogounou et de Pèrèrè. L’occasion aussi pour les autorités communales de prendre la parole et d’inviter directement les populations à préserver la paix et la cohésion sociale.
« La cohésion sociale est le socle de tout développement»
Pour la Coordonnatrice des Projets Prévention Extrémisme Violent au Pnud, Dr Sakinatou Bello, cette marche n’est pas anodine. Selon ses propos: « La paix, c’est quelque chose de fondamentale et la cohésion sociale est vraiment le socle de tout développement. Si on ne travaille pas la main dans la main, si on ne cultive pas la tolérance on ne peut pas se développer ». Elle a insisté sur la nécessité de régler les problèmes « de façon pacifique » car « là où il y a plusieurs personnes il y aura toujours des problèmes ». Il a fini en adressant des remerciements aux participants.
Du côté des autorités locales, l’engagement est pris. Le Chef d’Arrondissement de Gofounou, Lafia Bio Séro, a promis de faire redescendre le message : «Nous avons pu parcourir la ville de Gogounou pour pouvoir quand même montrer à toute l’opinion publique comment désormais se comporter entre nous, comment est-ce que nous allons promouvoir le vivre ensemble au sein de nos communautés. Nous promettons une fois arrivés dans nos villages sensibiliser nos familles, nos femmes, nos frères pour que la paix puisse régner dans la commune de Gogounou», a-t-il promis.
Après la caravane, le travail des messagers continue
Avec la clôture de ces caravanes, le projet entre dans une nouvelle phase. Les pools de messagers de la paix formés dans les deux communes ont désormais pour mission de poursuivre la sensibilisation dans les quartiers et villages.
Entre discours de haine sur les réseaux sociaux et tensions communautaires liées à la terre, l’enjeu reste de taille. Pour les organisateurs, ces caravanes sont un premier pas : faire de la paix et du dialogue le réflexe de tous.
Thomas AZANMASSO

