La 3ᵉ édition du Festival de la Cohésion Sociale et du Vivre-Ensemble s’est clôturée samedi 16 août à Pobè. Initiée le 12 août par le Réseau des Organisations pour le Développement Durable, RODD, et le Centre d’Action pour la Cohésion et le Développement, CACD-ONG, la manifestation a mobilisé durant cinq jours les cinq communes du département du Plateau autour du thème « Les forêts sacrées au service de la paix, de la solidarité et du climat ».
Améliorer la collaboration régionale et la résilience socio-économique et climatique des communautés frontalières du nord du Bénin qui sont exposées aux conflits et aux risques climatiques. C’est ce que vise Coso Bénin (Projet COSO), un projet du Gouvernement du Bénin avec l’appui de la Banque mondiale. Engagée depuis plusieurs années dans la protection de l’environnement et la cohésion sociale, le projet COSO a choisi le Festival du Plateau pour déployer une partie de sa stratégie d’appui aux communautés locales. La cérémonie d’ouverture, tenue sous les grands arbres de Pobè, a réuni le Maire de la commune Liamidi Odouchinan, la Présidente du RODD Carmen Gaba, le Roi de Pobè, des représentants des Institutions de la République, des dignitaires des cultes endogènes, ainsi que des chefs quartiers, femmes leaders et jeunes venus de Kétou, Sakété, Ifangni et Adja-Ouèrè.
Parmi les Partenaires Techniques et Financiers, COSO a occupé une place centrale. Pour COSO, le choix du thème n’est pas fortuit. Dans le département du Plateau, les forêts sacrées constituent des réservoirs de biodiversité et des espaces de régulation sociale. Elles sont cependant de plus en plus exposées à l’urbanisation, à l’exploitation illégale de bois et aux effets du dérèglement climatique. C’est pourquoi COSO a fait de leur protection une priorité pour les trois prochaines années.
Dans son allocution, la Présidente du RODD, Carmen Gaba, a salué l’engagement de COSO. Le Maire de Pobè, Liamidi Odouchinan, a lui aussi souligné le rôle de COSO dans la mobilisation des ressources et l’animation des débats.
Adamou Mama Sambo, Coordonnateur de COSO, a pris la parole pour présenter la feuille de route de l’organisation : « Protéger les forêts sacrées, c’est protéger la paix et le climat. COSO s’engage à soutenir concrètement les communautés du Plateau. Nous allons appuyer le reboisement communautaire, la cartographie des sites sacrés, la sécurisation juridique de ces espaces et la transmission des savoirs traditionnels aux jeunes générations. COSO veut que chaque village reparte avec un plan d’action. »
Le Roi de Pobè, gardien des us et coutumes, a béni les festivités et exhorté les populations à faire de cette édition un moment de réconciliation. Il a salué la démarche de COSO qui, selon lui, remet les valeurs ancestrales au centre du développement.
Du 12 au 16 août, COSO met en œuvre un programme d’actions concrètes dans les cinq communes
Durant les cinq jours du festival, COSO a co-piloté avec le RODD et le CACD-ONG un programme pensé pour sortir des discours et aller vers des résultats visibles.
Dans les cinq communes, COSO a apporté son expertise technique aux panels sur la gouvernance locale et la préservation des forêts sacrées face aux changements climatiques. Les experts de COSO ont animé des sessions sur les bonnes pratiques de conservation et sur les mécanismes de financement communautaire.
COSO a également soutenu les caravanes de sensibilisation qui ont sillonné les écoles et les marchés. L’objectif était d’informer les élèves, les commerçants et les chefs de quartier sur les menaces qui pèsent sur les forêts sacrées et sur les solutions proposées par COSO.
Une attention particulière a été accordée aux jeunes et aux femmes. Avec l’appui financier de COSO, le CACD-ONG a animé des ateliers de formation sur l’agroécologie, la gestion des déchets et l’entrepreneuriat vert. COSO a prévu d’accompagner les meilleurs projets issus de ces ateliers à travers un petit fonds de démarrage.
Des espaces de dialogue intercommunautaire ont aussi été mis en place avec la facilitation de COSO pour prévenir les conflits fonciers et promouvoir la médiation locale autour des ressources naturelles.
Le volet culturel n’a pas été laissé de côté. COSO a soutenu les expositions d’artisanat, les danses traditionnelles, les concours de contes et de chants, ainsi que les rituels de purification conduits par les dignitaires. Des marchés communautaires et des repas partagés ont permis de recréer du lien entre les participants venus des différents villages du Plateau.
M.M

