En accordant la grâce présidentielle à Julien Kandé Kansou ce 1er août, le pouvoir pose un acte fort. Plus qu’une mesure d’élargissement, c’est l’aboutissement d’un plaidoyer tenace mené par l’ancien président Boni Yayi.
C’est un soulagement pour ses proches et sûrement une victoire politique pour son mentor. Julien Kandé Kansou, communicant engagé et membre actif du parti Les Démocrates, a recouvré la liberté à la faveur de la grâce présidentielle accordée à l’occasion de la fête nationale du 1er août. Figure clé de l’équipe de communication personnelle de Boni Yayi, le jeune activiste voit enfin son calvaire judiciaire prendre fin. Arrêté dans la foulée des tensions électorales sous des accusations d’atteinte à la sécurité publique et d’incitation à la violence, Julien Kandé Kansou avait été jeté dans les rouages de la justice. Dès cet instant, son incarcération est devenue une blessure personnelle pour l’ancien chef d’État. Pour Boni Yayi, il ne s’agissait pas seulement de défendre un partisan, mais de protéger un membre de sa garde rapprochée, L’ancien président n’a alors ménagé aucun effort pour obtenir sa libération. Loin de délaisser son collaborateur, Boni Yayi en a fait une affaire d’honneur, portant personnellement cette cause au sommet de l’État. Puisque lors de sa dernière rencontre avec le président Patrice Talon au Palais de la Marina, la libération des détenus politiques, et en particulier celle de son jeune communicant, figurait en bonne place parmi ses exigences prioritaires. Face à son successeur, l’ex-chef d’État avait plaidé avec insistance pour ce geste d’apaisement. Il aura fallu de la patience, mais l’attente a fini par payer. À travers l’officialisation du décret de grâce présidentielle pris par Romuald Wadagni, le pouvoir concrétise le voeu cher à Boni Yayi de revoir son protégé libre dès ce 1er août. Un moment de soulagement intense pour l’opposition et pour la famille politique du jeune opposant qui n’a d’ailleurs pas manqué d’aller lui rendre visite. Au-delà du destin individuel de Julien Kandé Kansou, ce geste envoie un signal politique. Dans un paysage béninois autrefois éprouvé par des années de défiance entre le pouvoir et l’opposition, la satisfaction de cette doléance clé agit comme un levier d’apaisement. Même si ce n’est évidemment pas la résolution de tous les désaccords, c’est toutefois un pas de plus, concret et symbolique, vers la décrispation notamment liée à la libération des détenus politiques.
J.G



