Gestion des carrières, salaires et protection sociale : les communes prennent désormais les commandes des Agents contractuels de droit public de la santé.

La santé béninoise est à l’épreuve de la décentralisation. Le transfert de la gestion des Agents contractuels de droit public de la santé (Acdp-S) aux communes devient effectif. Six mois après le recrutement de la première promotion de ces agents en 2025, une nouvelle étape s’ouvre dans le processus de décentralisation au Bénin. À travers la circulaire N°001/MBFP/DC/SGM/DGFP/DGB/DS/SA du 23 juillet 2026, le ministre délégué chargé du Budget et de la Fonction publique a fixé un cadre harmonisé de gestion de leur carrière et de leur rémunération pour l’ensemble des 77 communes.

Cette réforme ne marque pas la création d’un nouveau corps de métier dans le secteur de la santé, explique Dr Elisée Kinkpé, Médecin de santé publique spécialisé en promotion de la santé. Les agents concernés restent des Agents contractuels de droit public de la santé recrutés par l’État pour renforcer les formations sanitaires publiques, explique-t-il.

Il s’agit notamment des médecins généralistes, médecins spécialistes, sages-femmes, infirmiers et autres personnels de santé recrutés dans le cadre du renforcement de l’offre de soins. Seulement, leur particularité réside dans le mode de recrutement. Ces agents ont été sélectionnés pour des postes précis dans des communes déterminées. Chaque candidat a ainsi composé pour servir dans une collectivité donnée, dans une logique de recrutement de proximité répondant aux besoins locaux.

Une gestion rapprochée du terrain

Avec cette réforme, les communes deviennent les responsables de la gestion administrative et financière de ces personnels. Le transfert concerne notamment le suivi de carrière, le paiement des rémunérations, la protection sociale et les démarches liées à leur affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss).

La circulaire prévoit notamment que les salaires soient payés au plus tard le 20 de chaque mois, au même rythme que ceux des fonctionnaires de l’État. Les mairies sont également chargées de faciliter l’établissement des documents nécessaires à la prise en charge sanitaire des agents et de finaliser leur affiliation à la Cnss.

Un défi pour les collectivités

Au-delà d’une simple réorganisation administrative, cette réforme constitue un véritable test grandeur nature de la décentralisation dans le secteur de la santé. Elle place les communes au cœur de la gestion des ressources humaines d’un service public essentiel.

L’enjeu sera désormais de vérifier la capacité des collectivités à assurer efficacement ces nouvelles responsabilités. La régularité des paiements, le suivi administratif des agents et la coordination avec les services centraux de l’État seront déterminants pour la réussite de cette expérience.

Un grand défi de la décentralisation. Car, si le dispositif produit les résultats attendus, il pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs, notamment l’éducation, dans une dynamique visant à rapprocher davantage l’administration publique des citoyens.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE 

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