La prise en charge des urgences vitales reste une réforme majeure du gouvernement béninois. Dans l’optique de s’assurer de l’effectivité de la mise en oeuvre de la mesure, la ministre conseillère à la santé, Rosine Dagniho a entamé depuis le début du mois de septembre 2026, des descentes dans les départements du Mono, Couffo et de l’Alibori.
D’Aplahoué à Malanville, en passant par Klouékanmè, Lokossa, Comè et Kandi, cette tournée s’inscrit dans une démarche de proximité. L’occasion pour la ministre conseillère à la santé de s’imprègner des conditions de mise en œuvre de la mesure, écouter les professionnels de santé et surtout recueillir l’expérience des patients et de leurs familles. Dans le Mono-Couffo, les 3 et 4 septembre, la ministre conseillère à la santé Rosine Dagniho s’est rendue dans plusieurs formations sanitaires. À Aplahoué, 264 cas d’urgences vitales ont été pris en charge. À Klouékanmè, le bilan fait état de 1 424 cas, dont 42 % relevant de la gynécologie-obstétrique. À Lokossa, le Centre hospitalier départemental a enregistré 775 prises en charge, contre 243 à l’hôpital de zone. À Comè, 1 123 cas ont été recensés, dont 234 concernant des enfants. Ces chiffres donnent une première mesure de l’importance du dispositif. Mais, pour la ministre conseillère, l’évaluation ne pouvait se limiter aux statistiques. Dans les différents centres visités, elle est allée au chevet des malades, a échangé avec leurs familles et s’est entretenue avec les équipes soignantes. Les discussions ont notamment porté sur les ressources humaines, les équipements, la capacité d’accueil et les conditions de financement durable de la mesure.
Alibori: Des témoignages et reconnaissance
Dans l’Alibori, Rosine Dagniho a également poursuivi cette démarche d’évaluation à Kandi et Malanville. Le constat mis en avant lors de ces étapes est celui d’une mesure qui permet aux équipes médicales d’engager rapidement les premiers soins, sans attendre que les familles réunissent les moyens financiers nécessaires.
À Malanville, le témoignage d’un proche d’un patient illustre concrètement l’enjeu. Selon lui, son frère a été immédiatement pris en charge à son arrivée, sans qu’une demande de paiement préalable ne retarde les soins. Un témoignage qui met en lumière la dimension humaine du dispositif dans des situations où chaque minute peut être déterminante. À Kandi, la ministre conseillère a également pu constater le fonctionnement du mécanisme et échanger avec les acteurs de la chaîne de soins. Cette présence sur le terrain traduit une volonté de rapprocher l’évaluation des politiques publiques de la réalité vécue dans les formations sanitaires. Au fil de ces déplacements, Rosine Dagniho adopte ainsi une même méthode. Observer, écouter, relever les difficultés et faire remonter les préoccupations. « Je ne suis pas venue en gendarme, mais comme votre porte-parole auprès du Président de la République Romuald Wadagni », a-t-elle expliqué aux acteurs rencontrés dans le Mono-Couffo. Elle a assuré que les doléances recueillies seraient fidèlement transmises afin de contribuer à l’amélioration du dispositif.
Par ailleurs, cette tournée dessine donc le bilan d’une première phase d’observation de terrain. Elle montre surtout que l’enjeu ne réside plus uniquement dans l’adoption de la mesure, mais dans sa capacité à fonctionner durablement, avec suffisamment de personnel, d’équipements et de moyens. Pour Rosine Dagniho, l’objectif demeure de faire en sorte que l’urgence médicale ne soit pas aggravée par l’urgence financière.



