A travers une réforme à visage humain notamment la prise en charge des urgences vitales, fortement saluée dans l’opinion, le gouvernement béninois s’est inscrit dans une dynamique de sauver des vies. Seulement, depuis quelques jours, une nouvelle inquiétude prend place: le défaut de places pour les patients dans certains hôpitaux de référence. 

À Cotonou, le décès d’une mère de famille, le 25 août 2026, met cette problématique en lumière. Selon la famille, alors qu’elle se trouvait dans un état critique, elle a été conduite vers deux établissements hospitaliers, parmi les plus ou moins proches. À l’entrée, rapportent-elle, le manque de place aurait été invoqué pour expliquer l’impossibilité de la prendre en charge. Aucun premier soin n’aurait été administré avant son orientation vers une autre structure.

La patiente a finalement été conduite au Centre national hospitalier universitaire (Cnhu) Hubert K. Maga. La même réponse fut servie, selon des proches qui indiquent que quelques minutes après, il leur a été déclaré qu’il était trop tard. Elle avait rendu l’âme. Elle a été inhumée samedi 12 septembre 2026, dans sa 39 ème année. Selon un autre témoignage recueilli, un scénario similaire s’est produit à l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi. Alors que le patient ressentait des douleurs atroces dans le ventre, il leur a été notifié un défaut de places pour sa prise en charge.

Des cas qui soulèvent une interrogation qui dépasse le seul drame familial : comment garantir la prise en charge d’une urgence vitale lorsque les capacités d’accueil des établissements sont saturées ou que les hôpitaux sont débordés ? La mesure gouvernementale peut-elle être pleinement efficace si, au-delà de la question financière, l’accès immédiat aux soins se heurte au manque de lits ou de places ? Le sujet pose également la question du protocole appliqué lorsqu’un hôpital ne peut accueillir un patient en urgence : premiers soins, orientation médicalisée vers une autre structure, coordination entre établissements.

L’enjeu est désormais de savoir comment éviter qu’un patient en situation critique ne se retrouve à chercher une place d’un établissement à l’autre, au risque de perdre un temps qui peut s’avérer déterminant. Au-delà de la prise en charge financière annoncée par le gouvernement pour les urgences vitales, quelles solutions existent lorsqu’un hôpital dit être saturé ?

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE 

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