L’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp) a organisé une conférence publique consacrée aux défis de l’État de droit et du développement en Afrique. Animée par le président de la Conférence épiscopale du Bénin, Monseigneur Roger Houngbédji, la rencontre a réuni des cadres, des acteurs de la société civile ainsi que des responsables religieux autour d’une réflexion sur la responsabilité des institutions et des citoyens dans la construction d’une Afrique plus juste.

Dans son exposé, Mgr Roger Houngbédji a rappelé que la doctrine sociale de l’Église vise à éclairer l’organisation de la société à la lumière de l’Évangile, afin de promouvoir la dignité humaine et le bien commun. Pour lui, les difficultés institutionnelles observées dans de nombreux pays africains ne sont pas de simples dysfonctionnements passagers, mais le reflet de problèmes plus profonds.

L’archevêque a insisté sur le fait qu’aucune réforme juridique, politique ou économique ne peut produire un développement durable sans une véritable conversion des mentalités. Selon lui, le progrès passe nécessairement par la réconciliation, le sens de la responsabilité et la recherche constante du bien commun. Il a également mis en garde contre un modèle de développement qui profiterait uniquement à une minorité.

Une telle situation, a-t-il estimé, nourrit les frustrations, favorise la corruption et alimente l’insécurité. Pour inverser cette tendance, il a appelé les différentes forces morales de la nation, notamment la famille, l’école, les universités, les chefferies traditionnelles et les communautés religieuses, à jouer pleinement leur rôle dans la formation des citoyens et l’éducation à l’amour de la patrie.

Au cours des échanges, l’ancien député Lazare Sèhouéto a relayé les attentes de certains fidèles qui souhaiteraient voir la Conférence épiscopale adopter des prises de position plus fermes face aux défis sociopolitiques. En réponse, Mgr Roger Houngbédji a précisé que l’Église ne saurait se substituer aux institutions de l’État ni mener le combat politique. Sa mission, a-t-il expliqué, consiste avant tout à éduquer les consciences, sensibiliser, exhorter à la paix et promouvoir les valeurs susceptibles de consolider la cohésion sociale.

La rencontre a également servi d’occasion au Père Éric Aguénoumon, directeur de l’Iajp de rendre un hommage à Monseigneur Roger Houngbédji, à l’approche de la célébration de ses dix années de ministère à la tête de l’archidiocèse de Cotonou.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE 

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