À quelques mois de l’élection du prochain Secrétaire général des Nations unies, le débat autour de la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall s’invite au Bénin. Soutenu officiellement par le Sénégal, le nom de l’ancien président de l’Union africaine fait désormais l’objet d’une première prise de parole publique panafricaine.
C’est à l’initiative du Groupe Alternatif pour le Renouveau Africain (GARA), que s’est tenue vendredi 24 juillet 2026 au Sofitel Cotonou Marina une conférence de presse exceptionnelle. Elle était animée par Adrien Poussou, ancien ministre centrafricain de la Communication et spécialiste des questions internationales.
D’emblée, l’orateur a tenu à clarifier sa démarche : « Je ne connais pas le président Macky Sall. Il ne m’a pas mandaté. Les propos tenus ici n’engagent qu’Adrien Poussou et le GARA», a clarifié Adrien Poussou.
Pour lui, le sujet dépasse la personne. « La candidature du président Macky Sall a cessé d’être une ambition individuelle pour devenir l’expression d’une espérance collective, celle de l’Afrique toute entière ».
Adrien Poussou a salué la prestation de Macky Sall lors du débat des six candidats devant les États membres des Nations Unies la veille. Il estime que l’enjeu est désormais continental : « Il existe une différence essentielle entre la compétition politique nationale et la représentation de l’Afrique au sein des grandes institutions. La seconde engage la crédibilité du continent », a-t-il martelé.
Un plaidoyer pour le mérite et la réforme du multilatéralisme
L’ancien ministre a rappelé l’exemple de Boutros Boutros-Ghali et de Kofi Annan : « Personne n’a songé à réduire leur candidature aux controverses politiques de leur pays. Pourquoi irait-il autrement aujourd’hui ? », s’interroge t-il.
Pour Adrien Poussou, les États membres ne cherchent pas « un dirigeant au parcours immaculé ». Ils cherchent « une femme ou un homme capable de faire dialoguer les puissances, de préserver l’autorité du droit et de construire du compromis ».
Il met en avant l’expérience de Macky Sall : chef d’État, président de l’UA en période de crises, porte-voix de l’Afrique sur la gouvernance mondiale, la justice climatique et le financement du développement. « Dans ce monde fragmenté, le multilatéralisme n’est pas une faiblesse, il est une nécessité», a-t-il insisté.
Face aux pronostics défavorables, il appelle à la prudence : « Nous sommes payés pour savoir que les scrutins que l’on disait perdus d’avance ont souvent déjoué les pronostics. En 2012, beaucoup jugeaient impossible que Macky Sall accède à la magistrature suprême », indique t-il.
L’Afrique face à sa cohérence
Au-delà du nom, la conférence a posé une question de fond : l’Afrique est-elle prête à parler d’une seule voix ?
« Depuis des décennies, l’Afrique appelle à une réforme de la gouvernance mondiale. Ces revendications perdraient de leur force si, au moment où un fils de l’Afrique sollicite la confiance de la communauté internationale, notre continent hésitait », a martelé l’analyste.
Le GARA invite donc gouvernements, société civile, intellectuels et leaders d’opinion à examiner cette candidature « à la lumière de l’expérience, de la vision et de ce qu’elle pourrait apporter au continent ». Et au conférencier d’affirmer pour conclure : « L’Afrique ne demande aucun privilège, mais que le mérite de l’un de ses fils soit reconnu. Le continent demande sa part de dignité dans l’affaire du monde». Adrien Poussou a fini en apportant des réponses aux questions des journalistes.
Thomas AZANMASSO



