La cité historique d’Abomey a vibré au rythme d’une triple célébration mémorable. Entre allégeance royale, structuration institutionnelle et clarifications doctrinales, la Tradition a réaffirmé sa suprématie. Porté par la figure tutélaire de Dah Aké Oundjèglo Kpliguidi, Roi des Jumeaux, l’événement a culminé avec l’installation officielle du bureau départemental du Zou du Haut Conseil de Vodun Hoxo-Sika, assortie d’un réquisitoire historique contre les pourfendeurs du patrimoine endogène.

Une triple dynamique placée sous le sceau de la légitimité

C’est un tournant décisif pour la valorisation du culte des jumeaux (Hoxo-Sika) et de la prospérité. Le processus d’enracinement du Haut Conseil a franchi un palier stratégique à Abomey à travers une activité à trois volets, pensée et orchestrée avec une rigueur géopolitique et spirituelle.

Avant toute velléité d’action, le respect des préséances et des hiérarchies ancestrales s’imposait. C’est ainsi que la délégation, conduite par le vénérable Dah Aké Oundjèglo Kpliguidi, a d’abord fait allégeance à la Reine Hangbé. Cet acte de haute portée symbolique, ancré dans l’histoire glorieuse du Danxomè, a libéré les énergies nécessaires pour donner le coup d’envoi officiel du déploiement de l’institution dans la région.

Le Zou en ordre de marche : Un directoire de 19 dignitaires

Le clou technique de cette journée historique réside dans l’installation officielle du bureau départemental du Zou du Haut Conseil de Vodun Hoxo-Sika. Fort de 19 membres investis de la mission sacrée de sauvegarder et de faire  rayonner, ce bureau sera l’organe moteur de la Tradition dans le département.

Le triumvirat de tête se compose de personnalités reconnues pour leur dévouement et leur rigueur :

Président : Wilfried Gohoungo

Secrétaire : Général Dah Hangbéssi

Trésorier Général : Prosper Houéssou

Désormais installés, ces hauts dignitaires ont la lourde charge de structurer, d’unifier et de défendre les intérêts des adeptes et des gardiens du temple.

Intégrité et bravoure : La profession de foi du Président Wilfried Gohoungo

Fraîchement porté à la tête de cette nouvelle équipe départementale, le président Wilfried Gohoungo n’a pas caché sa profonde satisfaction. Conscient de l’immensité de la tâche qui l’attend dans cette région hautement stratégique, ses premières impressions s’inscrivent sous le signe de la responsabilité et du sacerdoce.

Il a solennellement pris l’engagement de travailler avec intégrité, humilité et conscience, des valeurs cardinales pour redorer le blason du culte des Jumeaux dans le département du Zou. Plus qu’un simple mandat, c’est un pacte de dévouement qu’il tisse avec sa communauté. Le nouveau président promet de servir le Haut Conseil ainsi que la nation béninoise tout entière avec un engagement sans faille, une détermination absolue et une bravoure à toute épreuve, insufflant ainsi une nouvelle dynamique de rigueur et de fierté au sein du directoire du Zou.

Le réveil de l’Ère du Verseau : Le verdict sans concession de Dah Aké Oundjèglo

Si l’organisation administrative a impressionné, c’est la parole politique et spirituelle de Dah Aké Oundjèglo Kpliguidi qui aura marqué les esprits par sa virulence légitime et sa lucidité historique. S’adressant directement aux prêtres catholiques et aux pourfendeurs de la Tradition, le Roi des Jumeaux a livré un message d’une puissance mémorable, sonnant l’heure de la décolonisation spirituelle :

«Nous sommes à l’ère du Verseau, l’ère de la vérité. Les mensonges servis à nos ancêtres pour les embobiner, leur apprendre à prier les yeux fermés pour les tromper, les voler, les spolier et les gruger, sont révolus. La vérité éclate aujourd’hui au grand jour. C’est précisément de cela qu’ils ont peur et c’est pourquoi ils sont aux abois. Mais que force reste à la vérité : nous allons reprendre tout ce qui nous appartient», a-t-il martelé

Par ce réquisitoire, le Dignitaire ne se contente pas de défendre le Vodun ; il proclame un retournement de l’histoire. Finie l’époque de la culpabilisation et de l’aliénation : la Tradition n’est plus dans la posture de l’accusée, mais dans celle du juge et de l’héritière légitime, prête à reconquérir l’espace mémoriel et culturel qui lui a été arraché.

À Abomey, le Haut Conseil de Vodun Hoxo-Sika n’a pas seulement installé un bureau. Il a tracé une ligne rouge et acté le grand retour de la fierté endogène.

Patrick H.Y.(Coll.)

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