Le « hautement social » fait des heureux. Et il y a de quoi se réjouir. Cantines scolaires renforcées, mesures de gratuité, soutien aux personnes vulnérables, dispositifs en faveur des personnes handicapées : le gouvernement multiplie les actions sociales. Mais au milieu de cette réjouissance collective, une question mérite d’être posée : quelle est la part du contribuable dans tout cela ?
Lorsqu’une famille voit certaines de ses charges allégées, lorsqu’un enfant bénéficie d’un repas à l’école, lorsqu’une personne vulnérable bénéficie d’un accompagnement ou lorsqu’une mesure permet à une catégorie de citoyens d’accéder plus facilement à un service essentiel, il n’y a aucune raison de bouder son plaisir. Les mesures sociales sont faites pour améliorer la vie des populations. Et lorsque la population en bénéficie, elle a parfaitement le droit de s’en réjouir.
Mais derrière chaque mesure sociale, il y a une réalité moins visible : son financement. Parce que l’argent public ne tombe pas du ciel.
Le contribuable est quelque part dans l’équation
Il faut le rappeler : une politique sociale peut être gratuite pour son bénéficiaire sans être gratuite pour la collectivité. Lorsque l’État prend en charge une dépense que la famille aurait normalement supportée, cette dépense ne disparaît pas. Elle est simplement transférée vers le budget public. Et le budget public est alimenté par différentes ressources, parmi lesquelles les impôts et les taxes.
Alors, contribuables, jubilons lorsque l’État met davantage de moyens dans l’éducation, la santé ou l’inclusion. Mais, dans cette même jubilation, gardons une petite place pour une question : quelle est notre part dans le financement de ces politiques ? Parce que si nous voulons toujours plus de mesures sociales, il faut aussi que les ressources suivent.
Et si demain les taxes augmentent ?
C’est ici que le débat devient intéressant. Si l’État doit accroître ses recettes pour maintenir ces politiques, développer de nouveaux programmes ou répondre à de nouveaux besoins, il pourrait être amené à renforcer la mobilisation fiscale.
Cela peut passer par un meilleur recouvrement des impôts existants, l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre la fraude, la fiscalisation de certaines activités ou, selon les choix budgétaires, par l’évolution de certaines taxes et contributions. Que fera alors le contribuable qui jubile aujourd’hui ? Faudra-t-il immédiatement se plaindre ?
Il faut aussi accepter une évidence : on ne peut pas vouloir davantage de services publics et davantage de protection sociale tout en considérant que leur financement ne nous concerne pas. Alors, lorsque viendra le moment de contribuer davantage à l’effort collectif, souvenons-nous simplement que derrière chaque politique publique, il y a une facture. Et cette facture, directement ou indirectement, nous devons tous contribuer à la payer.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

