L’installation de portiques de limitation de hauteur sur l’échangeur de Godomey marque une nouvelle étape dans la protection des infrastructures routières. Si la mesure répond à un impératif de sécurité, elle soulève également des interrogations sur le devenir des véhicules hors gabarit contraints de modifier leur itinéraire.
Depuis le dimanche 19 juillet 2026, les deux accès de l’échangeur de Godomey sont équipés de portiques de gabarit limitant le passage aux véhicules dont la hauteur excède 4,5 mètres. Constitués d’une structure métallique, de lattes suspendues rouges et blanches et de panneaux de signalisation, ces dispositifs visent à empêcher les poids lourds hors normes d’endommager l’ouvrage.
Cette initiative intervient quelques mois après l’accident spectaculaire survenu en avril dernier. Un camion transportant un chargement hors gabarit avait heurté la structure de l’échangeur avant de prendre feu, provoquant d’importants dégâts matériels et perturbant durablement la circulation sur cet axe reliant Cotonou à Abomey-Calavi.
En installant ces portiques, les autorités entendent éviter qu’un tel incident ne se reproduise et préserver un ouvrage stratégique dont la réparation représenterait un coût important pour les finances publiques.
Le défi des itinéraires alternatifs
Si le dispositif constitue une avancée en matière de prévention, il pourrait également entraîner un report des véhicules hors gabarit vers des axes secondaires. Certains de ces itinéraires, parfois étroits ou fortement fréquentés, ne sont pas conçus pour accueillir un trafic important de poids lourds. Les voies réservées aux cyclistes ou certaines routes urbaines pourraient notamment être davantage sollicitées, avec des risques accrus pour les usagers.
Pour que cette mesure produise pleinement les effets attendus, elle devra être accompagnée d’un renforcement des contrôles routiers, d’une signalisation claire des itinéraires autorisés et de sanctions contre les conducteurs qui tenteraient de contourner les restrictions. Car protéger l’échangeur est une nécessité, mais garantir la sécurité sur l’ensemble du réseau routier demeure un enjeu tout aussi important.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



