L’audience de Steve Wotto devant la Criet, lundi 22 juin 2026, rapportée par Libre Express, a été marquée par deux déclarations qui ont retenu l’attention. D’un côté, le prévenu s’est présenté comme un homme spirituel ayant agi sous l’influence des ancêtres. De l’autre, il a catégoriquement rejeté toute idée de troubles mentaux en lançant devant les juges : « Je ne suis pas fou ».
Reconnaissant être l’auteur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, Steve Wotto a expliqué avoir été animé par la colère et l’amertume au moment de leur réalisation. Il a également maintenu ses critiques à l’égard des autorités béninoises, tout en affirmant que sa démarche s’inscrivait dans une dimension spirituelle, ayant agi «sous l’influence des ancêtres».
C’est précisément cette explication qui soulève des interrogations. Dans les croyances traditionnelles africaines, et particulièrement au Bénin, les mânes des ancêtres sont généralement associés à la transmission de valeurs cardinales telles que le respect, la sagesse, l’honneur et le sens des responsabilités. Ils incarnent une mémoire collective censée guider les vivants vers le maintien de l’équilibre social et moral.
Pour de nombreux observateurs, il est donc difficile d’établir un lien entre cet héritage spirituel et des propos injurieux ou offensants visant des autorités publiques ou leurs proches. Si les ancêtres sont invoqués comme source d’inspiration, leur rôle traditionnel est davantage celui de gardiens des valeurs que d’instigateurs de discours de rupture ou d’invectives. «Je ne suis pas fou»
L’autre moment fort de l’audience est intervenu lorsque l’avocat de Steve Wotto a demandé une expertise psychiatrique, évoquant un éventuel suivi médical antérieur. Une démarche que l’intéressé a immédiatement rejetée. « Je ne suis pas fou », a-t-il rétorqué, refusant que son comportement soit interprété sous l’angle d’une altération de ses facultés mentales. Entre revendication spirituelle et rejet de toute fragilité psychique, Steve Wotto a choisi sa ligne de défense. Reste désormais à la justice d’apprécier la portée de ses déclarations et d’établir les responsabilités dans cette affaire dont l’examen se poursuivra le 20 juillet prochain.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE


