L’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp), centre de recherche et de formation de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb), a organisé jeudi 18 juin 2026 au Centre de recherche et de formation Le Chant d’oiseau une nouvelle session de ses cercles de réflexion. Organisée avec l’appui de la Fondation Konrad Adenauer, la rencontre a réuni universitaires, acteurs institutionnels, responsables politico-administratifs et citoyens autour du thème : « Les institutions juridiques en Afrique : entre contre-pouvoir et continuité du pouvoir exécutif ».
Pour nourrir les débats, les participants ont été répartis en trois groupes de travail présidés respectivement par le professeur Maxime da Cruz, professeur titulaire de linguistique, la professeure Monique Ouassa Kouaro, professeure titulaire de sociologie-anthropologie, et le professeur agrégé en sciences de gestion Maxime Hounyovi. Les échanges ont été enrichis par les contributions de plusieurs universitaires, chercheurs et acteurs de la vie publique.
Au cours des discussions, les participants se sont penchés sur les défis auxquels sont confrontées les institutions juridiques africaines dans l’exercice de leur mission de régulation et de contrôle des pouvoirs publics. Les débats ont notamment mis en lumière les contraintes budgétaires et matérielles qui peuvent affecter l’indépendance du pouvoir judiciaire, ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes constitutionnels garantissant l’autonomie des juridictions.
Les réflexions ont également porté sur la capacité des institutions juridiques à jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir tout en contribuant à la stabilité des États. Plusieurs interventions ont souligné l’importance d’institutions fortes et crédibles pour préserver la paix sociale et consolider la démocratie.
Prenant la parole à la clôture des travaux, le père directeur de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix a insisté sur la nécessité d’approfondir continuellement les réflexions collectives et de maintenir une veille permanente sur les grandes questions de société. Comparant cette mission à un lampadaire destiné à éclairer la cité, il a rappelé que la réflexion demeure un outil essentiel d’orientation et d’anticipation pour les décideurs comme pour les citoyens.
Dans cette dynamique, il a annoncé l’organisation prochaine d’une conférence majeure animée par l’archevêque de Cotonou et président de la Conférence épiscopale du Bénin, Monseigneur Roger Houngbédji. Cette rencontre sera consacrée aux questions de l’alternance politique et de l’état de droit en Afrique, présentées comme des conditions indispensables à la stabilité des États et au progrès du continent.
Réaffirmant la vocation de l’Iajp à accompagner le Bénin et l’Afrique à travers des espaces de dialogue et d’analyse, il a souligné que la réflexion constructive ne devrait jamais susciter la crainte. « Ce qu’il faut redouter, ce n’est pas la parole réfléchie, mais plutôt le silence d’une population », a-t-il laissé entendre, plaidant pour une participation citoyenne toujours plus active au débat public.
Cette initiative s’inscrit dans la mission de l’Iajp de promouvoir des espaces de dialogue et de réflexion sur les grands enjeux de gouvernance, de démocratie et de paix. Elle a offert aux participants l’occasion d’échanger librement sur le rôle des institutions juridiques dans la consolidation de l’État de droit en Afrique.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



