L’élaboration d’un Cadre d’orientation curriculaire national marque une étape majeure dans la réforme du système éducatif béninois. Derrière cet exercice technique se cache pourtant une question fondamentale : quel profil de citoyen le Bénin souhaite-t-il former pour relever les défis du XXIe siècle ?
Depuis plusieurs années, les autorités béninoises ont entrepris de revoir les programmes d’enseignement à différents niveaux. Mais la révision des contenus, aussi importante soit-elle, ne suffit pas à elle seule à transformer l’école. L’enjeu est désormais de définir une vision commune capable de guider l’ensemble du parcours éducatif, du préscolaire à l’enseignement supérieur.
C’est précisément l’ambition du futur Cadre d’orientation curriculaire. En établissant des principes directeurs communs, il devra répondre à des interrogations essentielles : quelles compétences développer chez les apprenants ? Quelle place accorder au numérique, à l’innovation, à l’entrepreneuriat ou encore à la citoyenneté ? Comment préparer les jeunes à un marché du travail en constante mutation ?
De la maternelle à l’université : le pari de la cohérence éducative
À travers cette démarche, le gouvernement cherche à corriger l’un des principaux défis du système éducatif : le manque d’articulation entre les différents ordres d’enseignement. Pendant longtemps, les réformes ont été conduites de façon relativement autonome selon les niveaux d’études. Le nouveau cadre ambitionne de créer une continuité pédagogique et de garantir une meilleure cohérence des apprentissages.
Cette réforme intervient également dans un contexte où les systèmes éducatifs africains sont de plus en plus appelés à former non seulement des diplômés, mais aussi des citoyens capables de s’adapter, d’innover et de contribuer au développement économique et social de leurs pays.
Ainsi, l’atelier de Cotonou dépasse largement la simple élaboration d’un document administratif. Il constitue une réflexion stratégique sur l’avenir de l’école béninoise et sur le type de société que le pays entend bâtir à travers son système éducatif.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



