Plus de cinq mois après les élections communales du 11 janvier 2026, la désignation des nouveaux chefs de village et de quartier reste bloquée. Ce retard de plus qui contrevient aux délais stricts fixés par le code électoral et qui interpelle.
Au Bénin, le processus de renouvellement des chefs de village et de quartiers de ville (Cq) stagne. Inchangés dans leurs fonctions depuis l’année 2015, cette situation qui s’assimile à un statu quo persiste en dépit de la tenue de plusieurs élections. Autrefois désignés au suffrage universel direct par les citoyens, ces chefs de village et de quartier sont dorénavant nommés par les formations politiques. À cet effet, l’article 201-2 du code électoral révisé en mars 2024 encadre rigoureusement ce mécanisme. Le texte stipule que la procédure de désignation doit impérativement intervenir dans un délai de trente jours à compter de l’installation officielle des conseils communaux. Seulement, les données chronologiques de l’année 2026 mettent en évidence un décalage par rapport aux prescriptions de la loi. La Commission électorale nationale autonome (Cena) a proclamé les résultats définitifs du scrutin communal le 27 janvier 2026. À sa suite, les nouveaux conseillers communaux ont officiellement pris leurs fonctions les 14, 15 et 16 février 2026 à travers les 77 communes du territoire national. En application de l’article 201-2, la transmission des listes de nominations par les partis politiques aux autorités préfectorales devait s’accomplir avant la mi-mars 2026. Le calendrier légal prévoyait ensuite 8 jours pour la notification préfectorale aux maires, suivis de 15 pour l’installation effective. La répartition proportionnelle des 5 290 sièges de villages et de quartiers est pourtant techniquement établie sur la base des équilibres issus des urnes. De ce fait, les trois formations politiques éligibles sont l’Union Progressiste le Renouveau Up-R), majoritaire avec ses 2 517 conseillers, le Bloc Républicain (Br) disposant de 852 élus, et la Force Cauris pour un Bénin Émergent (Fcbe) avec 715 sièges. Si certaines de ces formations, à l’instar de la Fcbe, ont formalisé leurs listes de candidats internes, le processus global n’a pas franchi les étapes préfectorales et municipales requises. Dans cet imbroglio, il n’est pas illusoire d’affirmer que le maintien en poste des équipes installées en 2015, après le dépassement des échéances de 2020 et maintenant de 2026, crée une distorsion dans le principe de la représentativité territoriale. Autrement, cette absence de transition à la base affecte la structure de la décentralisation et remet en cause la démocratie et l’alternance à la base. Puisque pour les administrés et les observateurs, le respect des délais légaux constitue une illustration de la gouvernance à la base. Ceci, suspendant ainsi le renouvellement démocratique au niveau le plus direct de l’appareil d’État.
J.G

