Faire de la marionnette une école de citoyenneté, le pari d’Abdel Fadel Satingo Amah
Longtemps considérée comme un simple divertissement pour enfants, la marionnette revendique aujourd’hui une place stratégique dans l’éducation et la transformation sociale. Derrière les fils, les bâtons de commandement et les personnages animés se jouera quelque chose de bien plus grand qu’un festival. À quelques mois de l’édition 2026 du Festival International du Théâtre Éducatif par les Marionnettes (FITEM), son Délégué Général, Abdel Fadel Satingo Amah, marionnettiste, comédien et spécialiste du théâtre jeunes public dévoile une ambition claire : faire du festival une référence africaine où l’art devient un outil de formation, de dialogue et de construction citoyenne.
Dans les coulisses d’un festival en pleine ambition
La sixième édition est prévue du 04 au 08 novembre, à mesure que l’échéance approche, la machine FITEM est déjà en mouvement. Programmation artistique, mobilisation des partenaires, logistique, communication : tous les chantiers sont ouverts nous confie le Délégué Général du FITEM. Il poursuit « plusieurs compagnies étrangères ont déjà manifesté leur intérêt pour rejoindre l’aventure ». Mais derrière l’organisation de ce rendez-vous incontournable de l’art de la marionnette au Bénin, se cache une vision beaucoup plus large. Pour lui, le FITEM ne se limite pas à présenter des spectacles. Il s’agit avant tout d’utiliser la marionnette comme un levier d’éducation, de sensibilisation et d’ouverture au monde.
Quand la marionnette devient un outil de transformation sociale
L’édition 2026 placera la citoyenneté au cœur de sa programmation. Spectacles-débats, ateliers d’initiation, rencontres professionnelles, interventions en milieu scolaire : le festival entend multiplier les espaces d’échange entre artistes, éducateurs et jeunes publics. Dans une société confrontée à de nombreux défis sociaux et éducatifs, le choix n’est pas anodin. Il traduit la volonté de faire de l’art un acteur du changement plutôt qu’un simple observateur. « Au FITEM 2026 la marionnette va éduquer, rassembler et former les citoyens de demain », résume son promoteur.
Si le festival s’ouvre à l’international, il reste profondément attaché à la création béninoise. « Les compagnies nationales y occupent une place de choix, bénéficiant d’une visibilité accrue et d’opportunités de rencontres avec des professionnels venus d’autres horizons », précise Abdel Fadel Satingo Amah. Cette démarche participe, clarifie-t-il « à la structuration progressive d’un secteur encore jeune mais en pleine évolution ». Si l’intérêt pour les arts de la marionnette grandit au Bénin, les besoins en formation, en diffusion et en accompagnement demeurent importants. À travers ses ateliers, ses masterclass et ses espaces de réseautage, le FITEM tente justement de combler ce déficit en offrant aux artistes des outils concrets pour professionnaliser leur pratique.
Le défi permanent des ressources
Comme de nombreux événements culturels africains, le FITEM compose avec une réalité bien connue : celle du financement. Mobiliser les ressources nécessaires, accueillir les artistes internationaux et garantir l’accessibilité du festival au plus grand nombre constituent autant de défis quotidiens pour Abdel Fadel Satingo Amah et son équipe. Pourtant, malgré les obstacles, l’équipe poursuit son travail avec conviction. Selon Abdel Fadel Satingo Amah, « soutenir le FITEM revient à investir dans l’éducation des jeunes, la citoyenneté et le développement des industries culturelles et créatives ».
La marionnette, un art plus actuel que jamais
À l’heure où les sociétés cherchent de nouveaux moyens de dialogue et de transmission, la marionnette conserve une force singulière au Bénin. Elle permet d’aborder, selon Abdel Fadel Satingo Amah « des sujets complexes avec poésie, sensibilité et humanité. Elle parle autant aux enfants qu’aux adultes et crée des passerelles entre les générations ». C’est sans doute là que réside toute sa modernité. Le Festival International du Théâtre Éducatif par les Marionnettes (FITEM), porté par Abdel Fadel Satingo Amah et une équipe dynamique, défende un pari audacieux, dont l’Afrique culturelle a plus que jamais besoin, « l’art peut encore éduquer, éveiller les consciences et contribuer à bâtir une société meilleure ».
Fayçal DRAMANE



