Dès que les aiguilles de la montre approchent 16 heures, les travailleurs commencent à quitter leurs lieux de travail, les enfants cherchent de quoi grignoter et les ménages se tournent vers des repas simples et accessibles. Au milieu du bruit, du mouvement et des odeurs de braise, une activité attire les regards : la vente du maïs grillé.

Il est à peine 16 heures au marché Arzèkè de Parakou lorsque les vendeuses de maïs grillé commencent à s’installer. Comme des dizaines d’autres, Boukari Alimatou entame sa soirée avant même l’arrivée de la grande affluence. Ses premiers clients s’arrêtent déjà, attirés par l’odeur du maïs fraîchement grillé.

Vendeuse scolaire et commerçante de maïs grillé depuis dix ans, elle explique les raisons qui l’ont conduite vers cette activité. « Faute d’activité à l’école durant les vacances, j’ai repris la vente de maïs afin de ne pas rester inactive. Cela me permet de gagner de l’argent et d’apporter mon soutien au père de famille », confie-t-elle.

Pourtant, cette activité comporte son lot de difficultés. Boukari Alimatou évoque notamment les pertes liées à la qualité des épis et à la hausse du prix du maïs. « Des fois, on achète les maïs et il n’y a rien comme grain sur les épis. Cela constitue une perte. Et avec la hausse du prix du maïs au marché, si un client veut payer moins cher, on ne cède que s’il en prend beaucoup. Autrement, on tombe en faillite», explique-t-elle. Azizou Kalima, également vendeuse de maïs grillé, ne considère pas son activité comme une simple routine. Pour elle, chaque journée représente un nouveau combat. « Si je commence à 16 heures, c’est parce qu’à partir de cette heure, les gens commencent vraiment à sortir. Plus, je perds du temps à commencer, plus les clients passent. Du coup, je n’ai pas le luxe de perdre du temps », affirme-t-elle.

Dans les rues de Parakou, le maïs grillé n’est donc pas seulement une collation consommée en fin de journée. Derrière chaque épi posé sur la braise se cachent les efforts et les sacrifices de ces femmes qui, dès 16 heures, rallument le feu pour gagner leur vie, soutenir leurs familles et faire face, elles aussi, à la cherté de la vie.

Lys Ledestin KADA (Stg)

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