Le marché Arzèkè est l’un des grands marchés de la ville de Parakou. Il s’anime quotidiennement, chacun vaquant à son commerce. On y trouve des revendeurs de produits cosmétiques, de divers, de légumes et bien d’autres produits utiles au quotidien. Dans ce contexte, conserver un cadre de vente sain profite grandement à la santé du commerçant comme à celle de ses clients.

Cependant, le constat fait chez certains entrepreneurs, notamment les meuniers, est que leurs locaux de travail végètent dans l’insalubrité. Et ce, dans presque tous les recoins où cette activité s’exerce. Dans ces espaces du marché Arzèkè, c’est en effet, toute une saleté ambiante qui s’est installée. Plus précisément, les meuniers que l’on retrouve dans ce marché sont ceux qui écrasent les légumes et autres condiments. Or, force est de constater que leurs locaux sont très mal entretenus, surtout en cette période où les pluies mettent la ville à rudes épreuves.

Chez ces meuniers, l’on peut observer de petites flaques d’eau stagnante, des pelures d’oignons, des piments et bien d’autres résidus alimentaires, sans oublier les sachets plastiques éparpillés çà et là qui composent tout le décor de l’endroit. Les bols contenant les condiments à écraser sont posés à même le sol, dans la saleté. De l’eau souillée, recueillie après le rinçage des moulins, remplit des bassines entières. Face à cette insalubrité qui règne dans ces locaux, l’on est en droit de se demander si ces derniers se soucient réellement de la santé de leurs clients. En effet, il ne suffit pas d’avoir une clientèle nombreuse ; encore faut-il exercer son activité dans de meilleures conditions d’hygiène.

Pourtant, et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ces meuniers continuent de faire des affaires. Malgré la saleté ambiante, des files d’attente se dressent encore. Interrogées sur les lieux, certaines femmes ont indiqué que c’était contre leur volonté. La pression du temps, la nécessité d’écraser rapidement les condiments et les diverses charges du quotidien ne leur permettent pas de le faire sur une meule traditionnelle. Par ailleurs, les femmes qui vendent à l’intérieur même du marché ont souligné qu’il leur est plus commode d’écraser sur place, d’autant que cela s’avère moins coûteux qu’à l’extérieur.

Ces endroits jonchés d’eaux stagnantes peuvent favoriser la prolifération des moustiques, vecteurs de maladies telles que le paludisme. De même, le mélange des eaux usées et des résidus de condiments constitue un terrain propice au développement d’infections et d’autres pathologies.

À terme, si rien n’est fait pour assainir ces espaces, c’est la santé des consommateurs et celle des meuniers eux-mêmes qui en paiera le prix. Une visite des autorités sanitaires compétentes s’impose, avant que l’insalubrité du marché Arzèkè ne devienne un véritable problème de santé publique.

Kouassi Oswald SIDOL (Stg)

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