Manger est un geste quotidien, indispensable à la vie. Pourtant, pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, l’alimentation constitue également une source de maladies graves, voire de décès. Dans de nouvelles estimations publiées le 4 juin 2026, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) révèle l’ampleur alarmante des maladies d’origine alimentaire et appelle les États à renforcer leurs actions pour garantir la sécurité sanitaire des aliments.

Selon l’Oms, 866 millions de personnes tombent chaque année malades après avoir consommé des aliments contaminés. Ces maladies provoquent environ 1,5 million de décès dans le monde. Derrière ces chiffres se cachent des infections causées par des bactéries, des virus, des parasites ou encore des substances chimiques dangereuses présentes dans les aliments.

L’étude met en évidence le poids considérable des risques biologiques, responsables de la grande majorité des cas recensés. En 2021, près de 860 millions de personnes ont été touchées par des maladies liées à des bactéries, des virus ou des parasites transmis par l’alimentation. Toutefois, les risques chimiques sont responsables d’une part disproportionnée des décès. À eux seuls, l’arsenic inorganique et le plomb sont associés à plus d’un million de décès sur une année en raison des maladies cardiovasculaires et des cancers qu’ils favorisent.

Les aliments peuvent être contaminés à différentes étapes de la chaîne de production, de transformation ou de distribution. L’Oms souligne que certains contaminants chimiques issus des activités humaines ou de sources naturelles pénètrent dans la chaîne alimentaire et deviennent particulièrement difficiles à éliminer une fois présents dans les aliments.

L’étude met également en lumière une profonde inégalité entre les régions du monde. L’Afrique et l’Asie du Sud-Est demeurent les zones les plus touchées, concentrant près des trois quarts des maladies d’origine alimentaire et 60 % des décès enregistrés à l’échelle mondiale. Cette situation reflète les défis persistants liés à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement, aux infrastructures de contrôle sanitaire et aux services de santé.

Au-delà du drame humain, les maladies d’origine alimentaire ont un coût économique considérable. En 2021, elles ont entraîné une perte de productivité estimée à 310 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Lorsque ce coût est ajusté aux différences de niveau de vie entre les pays, il atteint environ 647 milliards de dollars.

Dans le cadre de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, célébrée le 7 juin sous le thème « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs », l’Oms appelle les gouvernements à renforcer les contrôles sanitaires, à améliorer les pratiques agricoles, à mieux encadrer les activités industrielles et à investir davantage dans la surveillance des risques alimentaires.

Pour l’Oms, la sécurité sanitaire des aliments est un enjeu majeur de santé publique. Les nouvelles données constituent un avertissement, mais aussi un outil d’aide à la décision pour permettre aux pays de mieux cibler leurs interventions et de réduire le poids des maladies liées à l’alimentation.

Les moins de cinq ans paient le plus lourd tribut.

Les enfants de moins de cinq ans sont les premières victimes des maladies d’origine alimentaire dans le monde. C’est l’un des principaux enseignements des nouvelles estimations publiées par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms). Selon l’Oms, les jeunes enfants présentent un risque près de trois fois plus élevé de tomber malades après avoir consommé des aliments nocifs que les enfants plus âgés et les adultes. Bien qu’ils ne représentent que 9 % de la population mondiale, ils concentrent à eux seuls près d’un tiers de l’ensemble des cas de maladies d’origine alimentaire recensés dans le monde.

Chaque année, des centaines de millions de personnes contractent des maladies après avoir consommé des aliments contaminés. Parmi elles, les enfants figurent parmi les plus vulnérables en raison de la fragilité de leur système immunitaire et des conséquences souvent plus graves que ces maladies peuvent entraîner sur leur santé. Les maladies diarrhéiques liées à la consommation d’aliments contaminés constituent l’une des principales menaces pour cette tranche d’âge. Elles peuvent provoquer des complications sévères et demeurent une cause importante de mortalité infantile dans plusieurs régions du monde.

Pour l’Oms, protéger les enfants contre les aliments contaminés est un impératif de santé publique. L’organisation estime que des actions ciblées et des investissements dans la sécurité sanitaire des aliments permettraient d’éviter de nombreuses maladies et de sauver des vies chaque année.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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