(Le défi de l’honnêteté civique)

L’instauration de la prise en charge systématique et immédiate des urgences vitales marque un progrès social sans précédent dans le secteur de la santé au Bénin. Destinée à éliminer toute barrière financière au moment critique où une vie vacille, cette mesure gouvernementale est adoubée. Cependant, la durabilité de cette politique de salut public ne dépend pas uniquement des caisses de l’État, elle exige une adhésion morale stricte et la bonne foi absolue des bénéficiaires.

La prise en charge immédiate au niveau des urgences adultes, pédiatriques ou de la maternité répond exclusivement à un impératif de survie. Elle implique que le corps médical intervienne instantanément sans exiger le moindre paiement préalable ni la preuve d’une solvabilité immédiate. Néanmoins, cette gratuité d’accès au moment critique ne constitue pas une dispense définitive de paiement pour les usagers qui disposent des moyens financiers requis.

Le gouvernement, au travers du ministre de la Santé, Pr Benjamin Hounkpatin et du ministre Porte-Parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji au cours de leur dernière sortie médiatique, souligne que le civisme est la clé de voûte de cette réforme. Les citoyens solvables, après avoir été pris en charge et sauvés par le dévouement des agents de santé, ont le devoir citoyen de régulariser spontanément leurs frais de séjour et de soins. Rompre ce contrat social par opportunisme ou par fuite mettrait en péril le système de solidarité.

Les autorités avertissent qu’agir de la sorte équivaudrait à tuer «la poule aux œufs d’or», privant ainsi l’ensemble de la collectivité d’une protection vitale à long terme. Si les bénéficiaires en capacité de payer font preuve de mauvaise foi, les ressources s’épuiseront, menaçant la continuité de cette initiative. L’objectif ultime demeure la responsabilisation collective : chaque franc remboursé par un citoyen solvable contribue à reconstituer les stocks de médicaments d’urgence pour le patient suivant. C’est à travers cette réciprocité entre l’effort budgétaire de l’État et l’honnêteté civique de la population que la gratuité des urgences vitales pourra s’inscrire durablement dans le paysage sanitaire national.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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