La présentation du nouveau gouvernement a engendré un débat sur la tutelle ministérielle des lycées techniques et des centres professionnels. Mais, une telle discussion paraît rétrograde du moment où la question a été déjà tranchée par des lois. En effet, c’est le ministère de l’enseignement secondaire qui doit maintenir ces établissements de formation aux métiers.  

Le changement de dénomination connu par le ministère de l’enseignement secondaire et la création d’un ministère en charge de la formation professionnelle ont malheureusement fait penser à la refonte d’un dispositif. Même des intellectuels les plus critiques ont émis des opinions annonçant un transfert de compétences. Or, l’actuelle appellation du ministère de l’enseignement secondaire n’est susceptible d’aucun impact sur l’architecture du portefeuille du ministre Clément KOUCHADE. Autrement dit, il ne devrait normalement pas avoir de redistribution des cartes. En effet, il est abusif de penser que les lycées techniques et les écoles assimilées pourraient connaître un relogement au sein du ministère en charge de la formation professionnelle. C’est quand même curieux d’assister à une polémique sur les réseaux sociaux numériques où des personnes ressources tentent vainement de démontrer qu’il y a une volonté politique de dissocier l’enseignement classique de la formation pratique. En tout réalisme, il apparaît impossible de placer les lycées techniques dans une autre rubrique de l’exécutif au risque de créer un imbroglio autour des examens de fin de cycle. Les apprenants des lycées ne passent-ils pas un baccalauréat comme leurs pairs des collèges ? Par ailleurs, lorsqu’on explore le cadre juridique et réglementaire du système éducatif béninois, l’on découvre que les lycées techniques constituent des unités de l’enseignement secondaire.  Quels sont les textes qui accréditent cette thèse ? D’abord, selon l’article 14 de la loi N°2003-17 du 11 novembre 2003 portant orientation de l’éducation nationale en République du Bénin, l’enseignement du second degré comprend l’enseignement secondaire général et l’enseignement secondaire technique et professionnel. A partir de cette disposition, il est clair que le concept « enseignement secondaire » tel qu’employé par le décret de composition du gouvernement apparaît comme un terme englobant qui recouvre implicitement les précisions traduites  par les qualificatifs : général, technique, professionnel. Ensuite, la distinction faite par l’article 5 de la loi N°2022-01 du 25 janvier 2022 en indiquant que : « l’enseignement technique et professionnel comprend : – l’enseignement secondaire technique et professionnel et l’enseignement supérieur technique et professionnel », est une explication qui éclaire davantage sur la capacité du ministère à héberger des écoles professionnelles.  Si l’on estime qu’il faut délocaliser les lycées vers le nouveau ministère en charge de la formation professionnelle, va-t-on également croire qu’il en serait de même pour les instituts universitaires d’ingénierie ? Enfin, une lecture approfondie du décret N°2015-592 du 21 novembre 2015 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du second degré amène à conclure à une unicité des ressources humaines en charge des lycées et collèges.

Médice AGBEHOUNKO / Chroniqueur.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici