Souvent perçues comme des lignes qui divisent les peuples, les frontières pourraient devenir les plus puissants leviers de paix, de sécurité et de développement du continent africain. À l’occasion de la Journée africaine des frontières célébrée ce 7 Juin, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, a lancé un vibrant appel à la coopération entre les États et à une implication accrue des populations frontalières dans la construction d’une Afrique plus résiliente.

Un message fort dans un contexte où les défis sécuritaires demeurent au cœur des préoccupations dans plusieurs régions du continent.

À l’instar des autres pays africains, le Bénin a célébré ce dimanche 7 Juin, la 16ᵉ édition de la Journée africaine des frontières (JAF). Placée sous le thème « Populations frontalières et sécurité nationale : construire ensemble des territoires résilients », cette commémoration vise à rappeler le rôle stratégique des espaces frontaliers dans la stabilité, l’intégration et le développement des États africains.

Dans son adresse à la Nation, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, a insisté sur la nécessité de changer le regard porté sur les frontières. Pour lui, celles-ci ne doivent plus être considérées comme de simples lignes de démarcation héritées de l’histoire, mais comme des espaces de rencontre, d’échanges et de coopération entre les peuples. « Les frontières doivent servir de passerelles et d’interconnexion entre les communautés », a-t-il affirmé, soulignant que la consolidation de la sécurité dans les zones frontalières constitue une condition indispensable à un développement harmonieux et durable.

Cette édition de la Journée africaine des frontières coïncide avec le 13ᵉ anniversaire de la Semaine des Frontières Béninoises (SFB), célébrée dans un contexte marqué par le renforcement de la vigilance sécuritaire dans la partie septentrionale du pays. Face aux défis sécuritaires auxquels le Bénin est confronté, le gouvernement mise sur une approche intégrée combinant actions de sécurité, développement local et résilience communautaire.

Pour marquer l’événement, plusieurs activités ont été programmées dans différentes communes frontalières du pays. Des ateliers de sensibilisation sur le rôle de l’Agence béninoise de Gestion intégrée des Espaces Frontaliers (ABeGIEF) sont prévus à Kérou, Tchaourou, Dogbo, Savalou et Savè. Des consultations médicales foraines seront également organisées à Tchaourou, tandis que des actions de sensibilisation cibleront le monde universitaire sur les facteurs de vulnérabilité et les mécanismes de résilience communautaire.

Au-delà de ces activités, le ministre a lancé un appel aux États africains afin qu’ils renforcent davantage leurs mécanismes de coopération et de concertation. Selon lui, la stabilité des frontières passe nécessairement par une collaboration étroite entre les pays voisins et une implication active des populations vivant dans ces espaces souvent exposés aux risques sécuritaires.

Djibril Mama Cissé a également rappelé que le thème retenu cette année vise à attirer l’attention des décideurs, des chercheurs, des partenaires au développement et de l’opinion publique sur l’importance d’une gouvernance efficace des frontières. Une gouvernance qui, selon lui, constitue un rempart contre les conflits et un facteur essentiel de cohésion sociale.

Le ministre a par ailleurs mis en lumière les efforts entrepris par le gouvernement béninois à travers le Programme de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (PGIEF). Ce programme entend réduire les vulnérabilités des populations vivant dans les zones frontalières et renforcer leur sentiment d’appartenance à la Nation à travers divers projets économiques, sociaux et culturels.

Fayçal DRAMANE

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