La décision du gouvernement du président Romuald Wadagni de rendre gratuite la scolarité de toutes les filles du secondaire public à partir de la rentrée scolaire 2026-2027 est saluée comme une avancée sociale majeure. Mais au-delà de son impact immédiat sur les ménages et sur l’accès à l’éducation, cette mesure met en lumière une réalité souvent peu soulignée dans le débat public : la continuité de l’action de l’État malgré les changements à la tête du pouvoir.

Dans de nombreuses démocraties, l’alternance politique s’accompagne parfois d’une remise en cause des politiques mises en œuvre par les gouvernements précédents. Au Bénin, la généralisation de la gratuité de la scolarité des filles semble plutôt traduire une logique de consolidation des acquis. En effet, les réformes engagées depuis 2016 sous le président Patrice Talon avaient déjà fait de l’éducation l’un des piliers du développement national. Des investissements importants ont été réalisés dans les infrastructures scolaires, la formation technique et professionnelle, l’amélioration de la gouvernance du système éducatif ainsi que la promotion de la scolarisation des filles dans plusieurs localités du pays.

Avec l’arrivée du président Romuald Wadagni, l’orientation générale ne semble pas avoir changé. Bien au contraire. La nouvelle administration choisit de poursuivre certains chantiers jugés stratégiques et d’en élargir la portée. La gratuité accordée désormais à toutes les filles du secondaire public apparaît ainsi comme une extension d’une politique déjà amorcée plutôt qu’une rupture. Cette continuité est révélatrice d’une vision de l’État où les priorités nationales transcendent les personnalités et les cycles politiques.

Pour les observateurs, cette démarche présente plusieurs avantages. Elle permet d’assurer la stabilité des politiques publiques, de renforcer la confiance des Partenaires techniques et financiers et surtout de garantir que les investissements réalisés produisent leurs effets sur le long terme. Au-delà de son caractère social, la mesure illustre ainsi la capacité de l’État béninois à préserver le cap sur des questions essentielles. Si les gouvernements changent, certaines priorités demeurent. Ce faisant, le Bénin se veut un modèle d’alternance qui doit faire école.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici